
Les Iraniens, sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), tiendront une conférence en ligne le 20 juin, marquant 39 ans de lutte pour un Iran libre. Cette évènement réunira des milliers d’Iraniens de différentes parties du monde, ainsi que des personnalités politiques renommées du monde entier. Le 20 juin est la «Journée des martyrs et des prisonniers politiques» de la Résistance iranienne.
Cette conférence, qui sera diffusée par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) sur Twitter, entend faire écho à la voix de la société iranienne qui aspire à un changement de régime. Un régime qui n’a fait que mettre la population iranienne dans la misère en gaspillant ses ressources nationales dans le terrorisme et le programme nucléaire, en les opprimant la population et en provoquant des catastrophes naturelles via ses mauvaises politiques, comme sa mauvaise gestion de l’épidémie de COVID-19.
Contexte
La Révolution de 1979 est un moment fondateur de l’histoire contemporaine de l’Iran. Unique dans son genre, elle a marqué une rupture profonde avec l’ordre monarchique millénaire, captivant l’attention du monde tant par son ampleur que par le courage de ses revendications. Promettant l’entrée de ce grand pays dans l’ère démocratique, elle donnait l’espoir d’un Iran apaisé, répondant enfin aux aspirations d’un peuple cultivé et moderne. L’euphorie céda cependant vite la place à la déception. Le projet de société démocratique et solidaire voulu par la Révolution de février a été dévoyé.
La dictature du chah a été remplacée par une autre pire sous le couvert de la religion. La monopolisation du pouvoir par le clergé, le renoncement au jeu démocratique, la négation des droits fondamentaux et de la souveraineté populaire… telle était désormais la ligne de conduite des islamistes qui prenaient le pouvoir pour la première fois dans le monde musulman.
Les démocrates iraniens ont d’abord usé de moyens pacifiques pour freiner le fléau intégriste. Pour eux, l’étape de la construction de la nouvelle société des droits devait pouvoir se réaliser dans la consultation et la confrontation des idées.
Et les urnes comme ultime arbitre pour assurer la paix sociale et la contribution de chacun aux développement du pays.
Les forces démocrates et libérales s’unirent alors pour proposer une alternative différente de celle des intégristes. Cette initiative gagna rapidement en popularité au point de menacer l’emprise des intégristes. Animée par l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), cette alliance plaçait le respect des valeurs de la révolution antimonarchique au centre de ses revendications: respect des libertés démocratiques et pluralisme politique.
Forte de sa popularité grandissante, l’OMPI décidait alors de participer aux différents scrutins successifs: élection de l’Assemblée des Experts (qui pour Khomeiny se substituait à l’Assemblée Constituante) en 1979, élection présidentielle en 1980 ; et enfin premières élections législatives en 1981. L’OMPI avait su ainsi tirer profit de la courte période de liberté qui s’était fait jour après la chute du chah. Elle se développait rapidement et devenait le principal mouvement d’opposition à la dictature naissante. Son quotidien « Modjahed » tirait alors à 500.000 exemplaires et ses meetings attiraient à Téhéran comme en province des centaines de milliers de personnes.
Les islamistes refusèrent dès le début de se soumettre à l’épreuve du suffrage universel libre. Malgré les voix remportées et le soutien d’une partie très importante de la population, aucun candidat de l’opposition ne put entrer au parlement, alors que le régime se livrait à une fraude systématique. Lors de la première élection présidentielle, le candidat de l’OMPI, Massoud Radjavi, était soutenu par tous les groupes de l’opposition, les minorités ethniques et religieuses, et une grande majorité de femmes et de jeunes. Toutefois, au grand dam des Iraniens, Khomeiny l’élimina de la course électorale par une fatwa (autrement dit un décret pris en sa qualité d’autorité religieuse).
La répression alla grandissant. Elle atteignit son apogée quand, à l’appel de l’OMPI, une manifestation pacifique d’un demi-million de personnes à Téhéran le 20 juin 1981 fut noyée dans le sang sur ordre de Khomeiny qui avait ainsi décidé de fermer définitivement la voie à toute expression de l’opposition politique. C’est dans la soirée de ce jour funeste que commencèrent les exécutions massives qui vont faire disparaître des dizaines de milliers de sympathisants de l’OMPI. Le pic des mises à mort sera atteint durant l’été 1988 à la fin de la guerre avec l’Irak. En quelques mois, 30.000 prisonniers politiques seront massacrés dans les prisons en exécution d’une nouvelle fatwa de Khomeiny.

