CNRI – “Durant mes 16 années passées à la Chambre des Communes, je n’ai pas connu d’autre sujet qui ait fait une telle unanimité au sein des deux Chambres du Parlement et de tout l’éventail politique, [la levée et la fin de l’interdiction imposée à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran]."
Voici un extrait du discours d’Andrew Mackinlay, membre conservateur du parlement britannique, à l’occasion le 23 juin d’un débat parlementaire aboutissant au retrait de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) de la liste des organisations terroriste du gouvernement britannique :
Je suis fier d’être l’une des 35 personnalités auxquelles il est fait référence dans l’affaire portée par « Lord Alton et autres». Ces autres personnalités sont justement là ce soir, présentes à la Chambre des Communes. Et je dis en toute conscience que je suis fier d’avoir fait partie de ce groupe de personnalités hors-pair. En effet, il s’agissait bien d’un groupe exceptionnel formé par des membres éminents comme mon honorable ami député du Stroud (M. Drew) qui partage ma satisfaction d’avoir pris part à la campagne destinée à réparer cette grave injustice ; Lord Waddington, ancien ministre de l’Intérieur, membre du parti conservateur ; Lord Russell-Johnston, du parti libéral ; un ancien membre national du parti travailliste, qui est maintenant à la Chambre des Lords ; Lord Archer, garde des sceaux sous le gouvernement Callaghan, un ancien avocat général d’Ecosse et Lord conservateur ; et l’ancien chef de file des travaillistes, Lord Corbett. Ces personnalités réunies avaient toutes le sentiment qu’elles devaient convaincre le gouvernement de lever l’interdiction de leur propre initiative et que si le gouvernement ne suivait pas, alors elles allaient en référer à la Justice.
Je regrette que des ministres successifs n’aient pu être convaincus de traiter cette affaire avec impartialité – j’utilise délibérément ce terme, car le gouvernement a bêtement et imprudemment éprouvé le désir d’apaiser l’inapaisable, nommément le régime de Téhéran. Le gouvernement ne s’est pas conformé à ses obligations légales, celles dictées par la justice, qui exige d’avoir des preuves à l’appui lorsqu’il décide de maintenir l’interdiction de l’OMPI.
Cette interdiction a été maintenue à la requête du régime de Téhéran, sans qu’aucune preuve ne soit fournie. Il ne s’agit pas là de mon propre avis, mais de celui de la POAC [Cour spécialisée], de la Haute Cour et de la Cour d’Appel. Après tout, le jugement de la POAC mentionne que « la seule certitude qu’un décisionnaire raisonnable aurait pu honnêtement envisager, à partir de septembre 2006, c’est que l’OMPI ne remplit plus aucun des critères nécessaires à son maintien sur la liste du terrorisme.»
Telle est notre position. J’ai d’ores et déjà attiré l’attention de la Chambre sur le fait que durant le procès de la POAC et de celui de la Cour d’Appel, il y a eu des journées de d’audience confidentielles pendant lesquelles des avocats spéciaux ont été nommés afin d’examiner les preuves secrètes avancées par le gouvernement britannique. Le Lord Chief Justice a consacré ce temps pour examiner les documents et écouter les points de vue des avocats spéciaux du gouvernement britannique et il en a conclu que cela lui a permis de renforcer son opinion comme quoi le ministre des Affaires étrangères avait agit de manière « perverse ». J’ai alors demandé à un des avocats de m’en expliquer la signification. Et il m’a répondu « dire de quelqu’un qu’il est « pervers », c’est ce que le Lord Chief Justice a trouvé de mieux pour ne pas avoir à être grossier. » Il s’agit donc là d’un cas vraiment unique.
Je vais signaler à Téhéran ce soir que la Chambre des Communes britannique a voté à l’unanimité un décret de loi levant l’interdiction de l’OMPI. Et il n’y aura aucune division ; ce sera ce soir un vote à l’unanimité à la Chambre des Communes. Je m’en félicite, mais il faut que cet acte soit répété. L’ambassade du Royaume-Uni à Téhéran doit également prendre note que ce soir cette position sera la nôtre après avoir conclu.
L’honorable député du Bury St. Edmunds a aussi rappelé que, conformément aux lois de l’Union européenne, le fait que le Royaume-Uni ait proscrit l’organisation signifiait ipso facto que l’UE toute entière en avait fait de même. La conséquence ce soir de ce vote à l’unanimité sera donc sûrement que le gouvernement britannique communiquera à l’UE le fait que les deux Chambres de son Parlement ont décidé à l’unanimité de lever l’interdiction. Il invitera ainsi l’UE à reconsidérer sa position. Ce serait le résultat juste et censé de ce débat.
En conclusion, il est primordial de réitérer que les habitants d’Ashraf ne sont pas armés. Ils sont victimes des attaques répétées du régime iranien et sont en grave danger. Soyons simples, les résidents d’Achraf accusent courageusement le coup. Mais leur réponse à l’agresseur est sans violence. On sait tous que la source de ces agressions est l’Iran. Beaucoup de nos députés sont restés interloqués lorsque le ministre de la Défense a indiqué, avec beaucoup de franchise, que certains des ordres donnés contre des forces britanniques et de la coalition ont leur origine en Iran ; avec implicitement la connaissance pleine et entière ainsi que le consentement du régime iranien.
Les résidents de la Cité d’Achraf ont le statut de personnes protégées conformément à la IVe Convention de Genève, et il s’agit là d’une information avérée. J’ai donc la conviction que les forces de la coalition, dont nous faisons partis, ont l’obligation morale d’assurer la protection de ces résidents.
Durant mes 16 années passées à la Chambre des Communes, je n’ai connu aucun autre sujet qui ait fait une telle unanimité au sein des deux Chambres du Parlement et de tout l’éventail politique. Nous avons su voir l’absurdité que représente l’action du gouvernement britannique, et qui n’est d’ailleurs pas dans les meilleurs intérêts à long terme du Royaume-Uni. C’était injuste et pervers. J’espère que ce soir, nous auront offert au gouvernement l’opportunité de prendre du recul et de remédier au mal qu’il a commis à l’égard de ces personnes. Je suis fier d’avoir participé à cette campagne ayant abouti à ce décret qui sera voté à l’unanimité par la Chambre des Communes.

