
Lors du Sommet mondial « Iran libre 2026 » qui s’est tenu à Paris le 21 juin 2026, l’ancien directeur du FBI, Louis Freeh, a prononcé un discours percutant soulignant la nécessité urgente d’une « responsabilité individuelle » face aux antécédents du régime iranien en matière de terrorisme d’État et de violations des droits humains.
Louis Freeh, former director of the FBI:
Maryam Rajavi’s 10-Point plan stands for justice, human rights, and accountability for those executed by this regime. #ParisFreeIranRally#100kFreeIranRally pic.twitter.com/DrXVO9gcRW
— OIAC: Organization of Iranian American Communities (@OrgIAC) June 21, 2026
S’appuyant sur sa vaste expérience d’ancien procureur et de directeur du FBI, M. Freeh a souligné que les membres de la Résistance iranienne présents au sommet ne sont pas de simples participants, mais des « témoins clés » dont les témoignages constituent des preuves essentielles de crimes de guerre. Il a appelé la communauté internationale à dépasser les platitudes diplomatiques pour privilégier la responsabilité juridique. Rappelant son propre parcours professionnel, il a souligné que la désignation infondée de l’OMPI (MEK) comme organisation terroriste avait fini par être annulée faute de preuves, et a cité ses travaux antérieurs visant à inculper les auteurs de l’attentat des tours de Khobar comme modèle pour la conduite des futures poursuites judiciaires.
M. Freeh a soutenu le plan en dix points de Mme Radjavi, en particulier son engagement à obtenir justice pour les prisonniers politiques massacrés. Il a conclu en affirmant que tenir les responsables du régime personnellement comptables de leurs crimes devait rester un pilier central du discours international.
Voici le texte du discours du directeur Louis Freeh :
Madame Radjavi, c’est toujours un honneur et un privilège de vous voir.
Il est très troublant de voir une telle vidéo, pour quelqu’un qui a passé de très nombreuses années au sein des forces de l’ordre. Mais dans nos systèmes de justice pénale, y compris le nôtre, il existe ce que l’on appelle la responsabilité individuelle ; cela signifie que les plaintes, les éléments de preuve et les allégations visant les forces de l’ordre et les représentants de l’État sont, à un moment donné, pris très au sérieux.
C’est de cela que je souhaite parler aujourd’hui — et je suis ravi de voir ici nos amis et collègues d’Achraf… Laissez-moi vous dire pourquoi je suis particulièrement heureux de vous voir.
En tant qu’ancien procureur, je considère que vous êtes les témoins clés et les éléments de preuve qui permettront de tenir personnellement responsables les dirigeants iraniens à la tête de ce régime terroriste.
C’est précisément ce dont je veux parler brièvement. Nous n’avons pas encore abordé ce point lors de cette session : la responsabilité individuelle.
Le protocole d’accord en 14 points et la déclaration du G7 — vous en avez peut-être entendu parler à propos d’Évian — évoquent la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, mais ils ne parlent pas de la liberté du peuple iranien.
C’est ironique, d’une certaine manière, car en 1938, à Évian même, les Alliés s’étaient réunis — avant la Seconde Guerre mondiale — à la demande du président américain Roosevelt.
La question était alors de savoir qui protégerait les réfugiés juifs tentant de fuir l’Allemagne nazie.
Ils ont tenu une réunion de deux ou trois jours. De grands discours ont été prononcés ; chacun avait quelque chose à dire.
À l’issue de la conférence, pas un seul pays, à l’exception de la République dominicaine, n’a accepté d’accueillir des réfugiés juifs.
Non seulement cette décision a eu des conséquences fatales pour des milliers de personnes et de familles, mais elle a envoyé au régime nazi le message que les Alliés se désintéressaient de la situation, ou du moins qu’ils ne se préoccupaient pas de la question de la responsabilité individuelle et de la protection des victimes.
Le plan en 14 points, quelle que soit sa valeur, ne mentionne pas — ni même n’évoque — les exécutions politiques et publiques. Il ne traite pas de la sécurité ni de la protection du peuple iranien.
Si l’on promet à quelqu’un qu’une aide est en route, il faut démontrer — ne serait-ce que dans un protocole d’accord — que l’on reconnaît la nécessité d’une aide et d’une protection. À l’inverse, Madame Radjavi, dans votre plan en dix points — plus précisément au troisième point —, vous réaffirmez d’abord votre attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme, puis vous déclarez que « réclamer justice pour les prisonniers politiques massacrés » constitue l’un des piliers fondamentaux de votre programme.
Il ne s’agit pas de vengeance, mais bien de réclamer justice et d’amener les individus à répondre personnellement de leurs actes concernant les crimes de guerre, les assassinats et le terrorisme d’État.
Pour la petite histoire, j’ai entendu parler du MEK et je m’y suis intéressé pour la première fois alors que j’occupais un poste au sein de l’administration ; nous avions appris, un jour, que la Maison Blanche avait classé cette organisation parmi les groupes terroristes.
Nous avions trouvé cela très intrigant, car personne n’avait sollicité l’avis ou l’expertise du FBI — qui est pourtant le principal organisme de lutte antiterroriste sur le territoire national — au sujet de cette organisation.
La raison en était qu’il n’existait absolument aucun fondement factuel justifiant une telle désignation, comme cela a été mis en évidence lorsque l’affaire était finalement portée devant les tribunaux et e secrétaire d’État, le conseiller juridique de la Maison Blanche et le procureur général ont été obligé de retirer l’organisation de la liste — non par générosité, mais faute de preuves.
Pour l’avenir, au-delà du plan en 14 points et de tous les espoirs et attentes, nous devons nous tourner vers demain et commencer à nous organiser afin de pouvoir tenir les criminels de guerre personnellement responsables de leurs crimes.
Nous devons davantage en parler. Ce point doit figurer dans nos arguments et nos messages clés.
Vous savez, lors de l’attentat des tours Khobar — perpétré, bien entendu, par le CGRI en collaboration avec le Hezbollah saoudien —, nous avons conclu cette phase en inculpant 14 individus responsables du meurtre de 17 Américains et de centaines d’autres personnes, dont de nombreux Saoudiens.
Cet acte d’accusation figure toujours au rôle du tribunal fédéral du district est de Virginie. Un jour, quelque part, ces 14 personnes — pour autant qu’elles soient encore en vie — devront répondre personnellement de ces meurtres et de ces actes de terrorisme.
Mais, Mesdames et Messieurs, cette affaire n’est rien en comparaison de ce que nous entendons et voyons aujourd’hui.
Nous avons vu cette vidéo cet après-midi, une vidéo incroyablement émouvante et percutante montrant ces victimes qui sont, par ailleurs, des témoins. Il s’agit d’éléments de preuve testimoniale pouvant être utilisés devant un tribunal, dans le strict respect des procédures légales.
Des millions de crimes — des crimes brutaux et graves — ont été commis par des membres actifs du régime actuel de Téhéran.
Et je pense, comme vous l’avez énoncé dans votre plan en dix points, Madame Radjavi, que nos gouvernements — et plus encore le peuple iranien libre, ce qui finira par se concrétiser — doivent exiger que des comptes soient rendus et tenir les individus personnellement responsables de ces crimes.
Cela doit constituer l’un de nos principaux arguments. C’est un point que nous ne devons pas oublier.
Merci beaucoup.

