Agence France Presse, 2 octobre – L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a demandé aux autorités irakiennes de "libérer immédiatement et sans condition" 36 opposants au régime iranien arrêtés le 28 juillet dernier dans le camp d'Ashraf, près de Bagdad, selon un courrier transmis vendredi à l'AFP.
"L'OMCT est des plus inquiète pour ces détenus qui sont en mauvaise santé et observent une grève de la faim depuis maintenant 66 jours", écrit le secrétaire général de l'organisation Eric Sottas dans un courrier adressé jeudi au Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, au président de la Cour suprême Medhat Al Mahmoud et au ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari.
M. Sottas souligne que quatre ordres judiciaires de libération sont restés lettre morte, y compris le dernier en date émanant mercredi du Procureur général Ghadanfar Mahmoud.
"Les forces de police ont ensuite transféré (les 36 détenus) dans un lieu inconnu en dépit de leurs très mauvaises conditions de santé", dénonce M. Sottas.
Selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont les Moudjahidine du peuple sont la principale composante, les détenus ont été "torturés et frappés pendant plus de deux heures avant d'être embarqués dans des minibus" jeudi.
Les prisonniers ont été "roués de coups de poing et de pieds à la tête, au visage, dans le ventre et à la poitrine" et l'un d'eux a eu le bras fracturé, selon un communiqué remis vendredi à l'AFP par le CNRI.
Le camp d'Ashraf, qui abrite plus de 3.000 opposants au régime iranien, a été le théâtre d'affrontrements entre les habitants du camp et la police irakienne qui ont fait 11 morts et 500 blessés. 36 résidents avaient été arrêtés et sont depuis considérés comme des "otages" par le CNRI.
L'Irak gère directement le camp depuis l'expiration, en janvier, d'un mandat de l'ONU qui attribuait la responsabilité du camp à l'armée américaine.

