Analyse par Struan Stevenson, eurodéputé
The Herald, 12 juin – La récente décision de la Cour d'appel du Royaume-Uni de Londres sur la proscription de l’organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) est une grande victoire du bon sens. La Cour d'appel a rejeté le recours du gouvernement britannique et exigé la radiation de l’OMPI de la liste des organisations terroristes du Royaume-Uni. Toute autre démarche pour un recours devant la Chambre des Lords a été rejetée.
Il y a quatre ans, Paulo Casaca, un eurodéputé socialiste portugais, et moi-même, avons créé l’inter-groupe des Amis d'un Iran Libre au Parlement européen. Parmi ses objectifs, figurait le soutien à la restauration de la démocratie, l’état de droit, les droits de l'homme, les droits des femmes, et l'abolition de la peine de mort et des armes nucléaires en Iran. Nous avons découvert que l’organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) soutenait exactement ces objectifs, et nous avons mené une campagne internationale visant à retirer l’OMPI des listes du terrorisme occidentales.
Nous avons rencontré beaucoup d’obstacles. Nos nombreuses invitations de Mme Radjavi, la Présidente-élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), à venir au Parlement européen ont rencontré l'opposition au plus haut niveau. Mais nous avons insisté sur le fait que, en tant que politiciens démocratiques librement élus, il nous revenait, et non aux mollahs de Téhéran, de décider qui nous devions rencontrer. La rencontre avec Mme Radjavi a été un succès. Nous avons également dû faire face à des campagnes de dénigrement des services de renseignements iraniens. Des articles de presse fallacieux nous ont accusés avec d'autres partisans de l’OMPI, d'être des «amis de terroristes». Reconnaissant l’OMPI comme la principale menace à leur odieuse mainmise sur l'Iran, les mollahs en sont terrifiés.
Alors que l'Europe a poursuivi sa politique de complaisance avec les mollahs, le président Ahmadinejad a continué sa stratégie brutale de terreur et d'oppression. L’OMPI et ses courageux partisans en Iran ont été les premiers à révéler le programme nucléaire des mollahs, au péril de leur vie. Parmi leurs révélations les plus récentes se trouvaient le centre nucléaire de contrôle et de commandement secret de Lavizan qui travaille sur un générateur nucléaire et des détonateurs pour une bombe atomique, et le site de Khojir, au sud-est de Téhéran, où des ogives nucléaires sont en cours de production. Les noms des scientifiques, la technologie exacte et l'emplacement des sites ont également été révélés. Après avoir pris connaissance de ces informations, tout ce que nous faisons c’est de recourir à des mises en garde pathétiques et à des sanctions.
J'ai récemment reçu des informations détaillées de l'Institut transatlantique prouvant que de grandes entreprises européennes travaillent avec le corps des gardiens de la révolution (CGR) en Iran. J'ai ensuite demandé à l’OMPI de vérifier ces informations auprès de ses sources en Iran.
La semaine dernière, elle m’a donné sa réponse : Une grande société italienne fournit des équipements à double usage et une société allemande de premier plan fournit une masse de machines sophistiquées pour creuser des tunnels. Les photos que l’on m’a données montrent clairement au-dessus des tunnels l'emblème du CGR, qui se trouve sur la liste américaine de la prolifération nucléaire.
Ces deux sociétés travaillent avec le complexe du génie militaire Khatam du CGR, qui se trouve sur la liste des sanctions de l'ONU. Un rapport récent a même nommé un homme d'affaires britannique fournissant des systèmes de guidage de missiles au régime iranien.
En plus de cela, presque tous les actes terroristes majeurs de la dernière décennie portent les empreintes digitales des mollahs. Ahmadinejad a demandé à plusieurs reprises qu'Israël soit rayé de la carte. Alors, pourquoi continuons-nous se satisfaire le premier Etat parrain du terrorisme ? La réponse est simple : à cause de l'argent.
Trop d'intérêts en Europe remplissent des poches avec des contrats lucratifs avec l'Iran et ils souhaitent que cela continue même au point de fournir de la technologie nucléaire. Les seuls étant prêts à se lever pour dénoncer ce scandale, sont les Moudjahidine du peuple. Mais, à la demande directe des mollahs nous avons placé l’OMPI sur nos listes du terrorisme, ce qui a pour effet de leur barrer la route des couloirs du pouvoir, où ils pourraient mener une opposition efficace contre régime de Téhéran.
Il s'agit d'un régime au bord de l’extinction, mais qui a besoin d’être poussé pour tomber, ce qui ne peut venir que du principal parti d'opposition sous la direction inspirée de Mme Maryam Radjavi. Lorsque la France prendra la présidence tournante de l'Europe le 1er juillet, j'espère que le Président Sarkozy maintiendra sa ligne de fermeté contre le programme nucléaire en Iran. Mais il ne sert à rien de parler de fermeté sans l’accompagner d’action. Et la façon d'envoyer aux mollahs le signal le plus profond de notre sérieux en Europe, c’est de radier l’OMPI de la liste du terrorisme de l'UE et de se mettre à la soutenir comme la seule organisation capable de rétablir la démocratie dans ce pays enchaîné.
Struan Stevenson est vice-président du groupe majoritaire PPE-DE au Parlement européen. Il est co-président de l’Intergroupe des Amis d'un Iran Libre.

