
Lors d’une conférence en ligne organisée par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) le 15 mars 2026, Linda Chavez, ancienne directrice du Bureau de liaison avec le public de la Maison Blanche, a déclaré que les frappes militaires à elles seules ne peuvent instaurer un changement démocratique en Iran et a exhorté les gouvernements occidentaux à s’engager auprès de la Résistance iranienne en tant que partenaire crédible pour la transition politique.
Mme Chavez a affirmé que la guerre avait porté des coups durs à l’appareil militaire de Téhéran, mais n’avait pas résolu la question politique centrale de la succession au pouvoir. « Les guerres, aussi victorieuses soient-elles, ne peuvent induire un changement de régime », a-t-elle déclaré.
Mme Chavez a affirmé que l’avenir de l’Iran ne devait pas être confié à un autre dirigeant héréditaire, qu’il soit issu de l’actuel pouvoir clérical ou de l’ancienne monarchie. « Il s’agit de donner au peuple iranien le droit de choisir son propre dirigeant », a-t-elle déclaré.
Évoquant la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, Mme Chavez a déclaré que le Plan en dix points de l’opposition pourrait servir de « modèle pour un nouvel Iran » et a décrit Mme Radjavi comme « un rempart pour la protection des femmes et la défense de leurs droits, ainsi que de ceux de tous les Iraniens ».
Elle a également averti que l’Iran restait une menace car l’uranium enrichi n’avait pas été totalement éliminé et a déclaré qu’une situation stable nécessiterait un changement politique à l’intérieur du pays. « La seule autre façon d’y parvenir sera un changement de régime », a-t-elle affirmé.
Mme Chavez a appelé les gouvernements démocratiques à « ouvrir un dialogue » avec ceux qu’elle a décrits comme les « véritables dirigeants iraniens tournés vers l’avenir ».
Voici le texte du discours de Linda Chavez :
Il y a à peine deux semaines et demie, j’étais avec Madame Radjavi à Paris, lors d’une conférence pour la journée internationale des femmes qui abordait nombre de ces questions. Et je pense que peu d’entre nous s’attendaient à ce que, quelques jours seulement après cette conférence, la guerre commence avec les bombardements en Iran par les États-Unis et Israël.
Quel que soit votre avis sur cette guerre, une chose est claire : elle est très efficace pour anéantir l’armée de l’air, la marine, et pour attaquer et décapiter le régime. Malheureusement, les guerres, aussi efficaces soient-elles sur le plan aérien, ne peuvent pas entraîner un changement de régime. Et je sais que ceux d’entre nous qui militent depuis de nombreuses années au sein du Conseil national de la résistance iranienne savent que notre objectif n’a jamais été de renverser les mollahs et de les remplacer par un autre régime autocratique.
"Former White House official Linda Chavez explains how Mrs. @Maryam_Rajavi inspires people both inside and outside #Iran to pursue their dreams of a free and democratic Iran."#FreeIran2024 pic.twitter.com/IqoO6QP6zI
— NCRI-FAC (@iran_policy) 9 juin 2024
Notre objectif a toujours été de donner au peuple iranien la possibilité de choisir ses dirigeants. Et aucun groupe en Iran n’a été plus touché par ce régime de terreur qui sévit depuis 1979 que les femmes. Et nous, qui avons travaillé avec Madame Radjavi pendant des années, savons qu’elle a été un rempart pour la protection des femmes et la défense de leurs droits, ainsi que de ceux de tous les Iraniens. Elle a d’ailleurs élaboré un plan en dix points qui pourrait servir de modèle pour un nouvel Iran.
Malheureusement, cela ne pourra se réaliser tant que des personnes liées aux mollahs resteront au pouvoir et contrôleront le pays. Or, malgré les échecs militaires de ce régime, nous constatons qu’il parvient encore à former un gouvernement. Ils peuvent encore nommer un successeur à l’ayatollah Khamenei, en ne remplaçant que son prénom puisqu’il s’agit du fils de l’ayatollah en place.
Par ailleurs, nous savons, du moins en tant qu’Américains, que la menace iranienne, non seulement pour la région mais aussi pour le monde entier, est exacerbée par la présence d’uranium enrichi dans le pays. Cet uranium, malgré l’espoir qu’il ait été détruit en juin lors de la première attaque conjointe des forces américaines et israéliennes contre l’Iran, n’a manifestement pas été détruit. Pire encore, et c’est plus inquiétant, ce matériau a été déplacé à travers le pays. Pour éliminer cette menace, il faudrait soit déployer massivement des troupes au sol, ce qui, je peux vous l’assurer en tant qu’Américain, serait extrêmement impopulaire auprès de la population américaine, soit opérer un changement de régime.
Nous savons que certains prétendent avoir le droit de devenir le dirigeant de l’Iran, se fondant principalement sur leur naissance, étant soit le fils de l’ayatollah, soit celui du défunt Shah. Mais ce n’est pas là le régime que nous souhaitons.
Le changement dont nous parlons, c’est de donner au peuple iranien le droit de choisir son propre dirigeant. Le Conseil national de la Résistance existe depuis des décennies, a développé un leadership et s’est fait le porte-parole de toutes les libertés que nous souhaitons voir jouir du peuple iranien.
J’appelle mon gouvernement et les gouvernements de toutes les nations du monde libre à ouvrir un dialogue. Ce n’est qu’en ouvrant un dialogue, en nous asseyant avec les véritables dirigeants iraniens visionnaires et en discutant de la transition entre la défaite du pays et l’instauration d’un gouvernement démocratiquement élu, que nous pourrons espérer un changement de régime que nous pourrons soutenir.
Merci, Madame Radjavi, pour votre engagement indéfectible. Merci à tous ceux qui participent à cet appel pour leur soutien à ce mouvement. Puissions-nous un jour nous rencontrer, non pas par Zoom, non pas à Paris ou dans d’autres capitales étrangères, mais à Téhéran.

