
Intervenant le 21 juin lors de la deuxième journée du sommet mondial « Iran libre 2026 » à Paris, Linda Chavez, ancienne directrice des relations publiques de la Maison Blanche, a prononcé un discours passionné appelant à donner au peuple iranien les moyens d’agir dans sa quête de liberté. Dans son allocution, Mme Chavez a reconnu être arrivée au sommet avec un profond pessimisme et un sentiment de « honte », suscités par les récents développements de la politique internationale à l’égard du régime clérical iranien et par les restrictions imposées aux manifestations prévues en France.
Toutefois, Mme Chavez a souligné que les discours des dirigeants internationaux — citant notamment la résilience du peuple ukrainien et les précédents historiques de révolutions démocratiques — avaient ravivé sa détermination. Évoquant le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, elle a établi des parallèles entre la Révolution américaine et la lutte actuelle pour la libération de l’Iran.
Mme Chavez a mis l’accent sur un principe fondamental du mouvement du CNRI : la démocratie ne peut être imposée avec succès de l’extérieur par une simple intervention militaire. Elle a fait écho aux propos de Mme Maryam Radjavi, affirmant que la voie à suivre réside dans la restitution de la souveraineté directement au peuple iranien, plutôt que dans le simple remplacement d’un gouvernement par un autre. Mme Chavez a conclu en réaffirmant son engagement ferme envers la cause, promettant de continuer à soutenir la résistance iranienne dans sa quête d’un Iran libre et démocratique.
Voici des extraits du discours de Linda Chavez :
Merci aux personnes qui nous rejoignent depuis Ashraf [3]. Ce fut un immense plaisir pour moi de me trouver parmi vous à deux reprises ; je vous souhaite donc la bienvenue ici.
Merci, Madame Radjavi. Vous nous donnez du courage et de l’inspiration. Je dois vous dire que lorsque j’ai pris l’avion jeudi soir pour venir ici, à Dulles, j’avais le cœur lourd. J’étais envahie par le pessimisme.
Chaque année, lors de nos venues ici — et tout particulièrement au cours de l’année écoulée —, nous avons vu la victoire se profiler à l’horizon. Nous croyions qu’un changement de régime allait avoir lieu et qu’il surviendrait cette année.
J’étais très, très inquiète à l’idée de venir ici, de m’adresser à vous et de vous faire face.
Mais une fois arrivée, j’ai appris des nouvelles encore plus sombres. Mon arrivée ne fut pas joyeuse. J’ai appris que la France — l’un des bastions de la démocratie et des droits de l’homme — avait décidé d’interdire le rassemblement où les gens devaient exprimer leur soutien au peuple iranien.
Hier, je suis entrée dans la salle et j’ai écouté les intervenants. J’ai d’abord écouté l’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, M. Kuleba. Le peuple ukrainien m’inspire toujours.
Il a évoqué la façon dont, lorsque l’Ukraine a été envahie par la Russie, tout le monde pensait que c’était joué d’avance. On prédisait que tout serait fini en quelques semaines.
Les troupes russes allaient marcher sur Kiev, renverser le gouvernement, et le peuple ukrainien serait à nouveau absorbé par ce qui fut l’Union soviétique — une entité à laquelle aspirent encore, au fond d’eux-mêmes, des hommes comme l’ancien agent du KGB Vladimir Poutine.
Mais cela ne s’est pas produit. Le peuple ukrainien s’est battu pour sa liberté. Ce sont eux qui se sont soulevés et qui se sont défendus.
J’ai écouté l’ancien Premier ministre roumain, M. Roman, et je me suis souvenue qu’il avait parlé de la mort de Ceaușescu et du soulèvement populaire.
J’ai pensé aux États-Unis d’Amérique. Nous célébrons le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance. Mes ancêtres ont d’ailleurs combattu durant cette guerre. Je suis l’arrière-arrière-arrière-arrière-petite-fille d’Israel Keith, devenu adjudant-général pendant la Révolution américaine.
Ils ont affronté la plus grande puissance mondiale de l’époque : le Royaume-Uni, qui est aujourd’hui notre allié. Nous nous sommes séparés d’eux parce que nous voulions notre liberté. Et nous y sommes parvenus grâce aux agriculteurs, aux travailleurs, aux intellectuels ; tout un peuple s’est uni pour défendre notre liberté.
J’ai entendu Mme Rajavi évoquer ce qui nous attend. Elle n’était pas pessimiste. Elle n’était ni abattue ni déprimée.
Elle nous donne de l’espoir, car elle affirme à juste titre que l’on ne peut pas imposer la liberté en larguant des bombes. Ces actions ont été utiles. Nous avons effectivement détruit — ou du moins neutralisé — les matières nucléaires. Nous avons détruit l’armée de l’air. Nous avons coulé la marine. Mais cela ne suffit pas, et la liberté ne peut être imposée de l’extérieur.
Ce qu’il faut, c’est que le peuple iranien se mobilise et lutte. Et je sais que les personnes présentes dans cette salle, celles d’Achraf [3] ainsi que la diaspora à travers le monde, sont prêtes à le faire.
C’est pour cela que nous sommes là, c’est pour cela que nous continuerons à nous battre, et je serai à vos côtés jusqu’au bout. Merci beaucoup.

