Par la Baronne, Muriel TURNER
Membre éminent du Comité parlementaire britannique pour la liberté de l’Iran, elle écrit sur la façon de traiter les problèmes avec le régime iranien.
independent.co.uk, 29 octobre -Deux titres de l’actualité ont attiré l’attention des observateurs iraniens la semaine dernière. L’un, un voyage prévu par une délégation du Parlement Européen à Téhéran pour «jeter des ponts».
L’autre, l’adoption par l’Union européenne d’une flopée de nouvelles sanctions contre l’Iran visant plusieurs secteurs de l’économie du pays. Vous pourriez décrire la différence comme un exemple de la politique occidentale de « la carotte et du bâton » vis à vis l’Iran – mais une autre façon de le voir c’est l’indécision.
Une chose dont il faut être certain, c’est que le nœud coulant se resserre autour du cou des dirigeants iraniens: la monnaie a subi une chute libre; il y a eu des protestations contre la hausse des prix (en particulier dans le bazar, traditionnellement l’épine dorsale des mollahs au pouvoir): et la principale opposition au régime clérical a été retirée de la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, le mois dernier, après quinze ans d’une longue bataille juridique et politique.
Le régime iranien s’est engagé dans une bataille contre son propre peuple et contre le monde libre depuis trois décennies. Plus récemment, l’Iran a mené cette bataille sur les ondes et dans le cyberespace. Il a brouillé les signaux satellites pour empêcher la population d’accéder à des informations libres et impartiales et il a été impliqué dans des cyber-attaques contre les États arabes du Golfe.
Par ailleurs, le régime iranien continue à fournir au dictateur syrien Bachar El-Assad des armes, de l’argent et des gardiens de la révolution pour réprimer son peuple. Le niveau de soutien apporté à Assad explique les craintes qu’ont les dirigeants iraniens d’assister à la chute de son régime, son principal bénéficiaire et partisan dans la région.
Que devrait faire l’Occident ?
Que faire avec l’Iran et comment répondre au défi de l’Iran qui se trouve au premier rang des discussions dans les capitales occidentales depuis de nombreuses années ? Il occupe le devant de la scène de la campagne présidentielle américaine chaque fois que la politique étrangère est abordée.
Cette discussion, cependant, tourne autour d’un choix entre deux options : une poursuite des négociations ou une action militaire. La poursuite des négociations a été le chemin préconisé par beaucoup de pays occidentaux et pratiqué pendant de nombreuses années. Ce qu’ils ont gagné en retour a été la poursuite sans relâche de la politique d’armement nucléaire de l’Iran.
En plus de cela, la répression en Iran contre la population a continué et a même empiré dans certains cas, puisque ces négociations tiennent non seulement à l’écart la question des droits de l’homme, mais légitiment de façon implicite la sévère répression contre les dissidents. L’action militaire, telle que préconisée par beaucoup comme un moyen de ralentir ou d’arrêter la quête nucléaire de l’Iran, est un remède, au mieux, à court terme, mais pas une solution.
L’histoire a montré que les régimes voyous ne changent jamais leur comportement et la seule manière de débarrasser le monde de leur menace est de simplement mettre un terme à leur existence. Ce même principe s’applique à l’Iran. Les trois dernières décennies ont montré que le régime iranien est resté fidèle aux idéaux de son fondateur Ruhollah Khomeiny dans son oppression des libertés publiques, dans des mesures de répression sévère sur des voix dissidentes, dans l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme, et dans son ingérence dans les affaires des autres pays afin d’exercer sa propre hégémonie.
Le changement de régime
Des négociations interminables et des menaces constantes ne changeront pas le comportement de l’Iran. Donc, la solution est tout simplement un changement fondamental du gouvernement ou un changement de régime. Cependant, cela ne peut pas être fait par des puissances étrangères. Cela ne peut être réalisé que par le peuple iranien lui-même – qui a montré à plusieurs reprises au cours des cent dernières années qu’il est prêt et capable de prendre les choses en mains.
Il a cependant besoin d’encouragement et de soutien moral.
Et il doit vraiment avoir conscience que le reste du monde est avec lui dans sa lutte contre la tyrannie. La radiation du principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI ) par les États-Unis a finalement ouvert la voie à ce groupe pour concentrer son attention sur les changements fondamentaux à apporter en Iran. Ainsi, au lieu de s’engager dans des négociations sans fin, ou de recourir à des menaces constantes, l’Union Européenne, les États-Unis, et d’autres devraient se joindre à l’opposition iranienne dirigée par Mme Maryam Radjavi et la soutenir dans son objectif déclaré d’apporter un changement fondamental.
Certes, il y aura une opposition tenace des lobbyistes du régime iranien et de ses défendeurs ainsi que ceux qui continuent à envisager une solution négociée avec l’Iran. Mais l’erreur de ce qu’ils préconisent est évidente en soi.
Donc, pour revenir à la Une récentes des journaux, développer les sanctions est une bonne étape pour augmenter la pression sur le régime iranien – mais l’envoi d’une délégation à Téhéran est un mauvais signal. Le monde doit parler d’une seule voix quand il s’agit de l’Iran s’il veut attirer l’attention des mollahs. Et il faut lier la « solution iranienne » au « problème iranien » en engageant et en soutenant l’opposition démocratique au régime. Il faut le dire haut et fort.

