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Le régime iranien admet craindre les unités de résistance de l’OMPI

Le régime iranien admet craindre les unités de résistance de l'OMPI
Des unités de résistance de l’OMPI à Saqqez, dans l’ouest de l’Iran, tiennent des photos de la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, en juillet 2024

Le 2 juillet 2025, le ministère iranien du Renseignement, par l’intermédiaire de son agence de presse affiliée Mehr, a fait un aveu révélateur. Il s’est plaint publiquement que l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) avait confié à ses « unités de résistance » internes une nouvelle mission : l’achat de petits haut-parleurs pour diffuser des slogans de protestation tels que « à bas le dictateur » et « à bas Khamenei ». L’objectif, selon le média du ministère du Renseignement, était d’utiliser ces protestations pour « étouffer la voix de la grande unité nationale ».

Cette reconnaissance publique met en évidence la profonde insécurité du régime clérical. La réponse du régime ne s’est pas limitée aux plaintes des médias. Elle s’est manifestée par une mobilisation sécuritaire massive à l’échelle nationale, révélant un leadership de plus en plus craintif envers son propre peuple et l’opposition organisée qui amplifie sa voix.

Une réaction excessive et paniquée : transformer les quartiers en garnisons
La réaction excessive du régime à ces actes de défiance s’est matérialisée par un nouveau projet sécuritaire d’envergure. Le 3 juin 2025, les médias d’État ont annoncé une « réunion pour revoir le modèle de gestion par quartier », soi-disant à des fins sociales, comme la « réduction des inégalités ». Cependant, les participants à la réunion ont révélé sa véritable nature sécuritaire. Étaient présents le président Massoud Pezeshkian, le commandant du CGRI, le ministre de l’Intérieur et les commandants du Bassidj. Les ministres de l’Économie et des Affaires sociales, pourtant essentiels à toute véritable initiative de service public, brillaient par leur absence.

Le plan vise explicitement à consolider le contrôle « autour du Bassidj », le commandant du CGRI ayant engagé les 64 000 bases de la force à cet effet. Cette initiative vise clairement à transformer les villes et villages iraniens en zones de contrôle « cellulaires » sous l’autorité absolue des forces de sécurité du régime. Comme l’indiquent les rapports sur le plan, son objectif principal est de faire face à la génération rebelle incarnée par les unités de résistance de l’OMPI.

Aveux officiels d’une menace existentielle
Des hauts responsables ont laissé peu de doute sur le fait que ces mesures de sécurité constituent une réaction directe à la résistance organisée. À Bojnurd, le chef de la prière du vendredi de la ville a exprimé sa panique face aux activités de l’opposition. Il a exigé que la justice « traite les hypocrites (terme péjoratif désignant l’OMPI) avec la plus grande fermeté possible » et a insisté sur le fait que « tous doivent être arrêtés ». Cet appel public aux arrestations massives souligne la vision du régime selon laquelle la résistance constitue une menace existentielle à éradiquer.

Cette crainte se reflète dans les messages contradictoires des hauts responsables. Le 28 juin, le procureur général Mohammad Movahedi a publié une déclaration affirmant que « le système islamique se dresse plus puissant que jamais contre ses ennemis », tout en avertissant que « les ennemis d’aujourd’hui… cherchent à détruire ce système ». Ces déclarations contradictoires révèlent un leadership qui tente de se montrer fort tout en étant aux prises avec une paranoïa profondément ancrée quant à sa propre survie.

Un appel à la reddition qui révèle une faiblesse profonde
Le désespoir du régime a culminé non pas dans une démonstration de force, mais dans un étrange appel à la reddition. Dans sa déclaration du 28 juin, le procureur général a appelé ceux qui sont « tombés dans le piège des Moudjahidine » à « se rendre volontairement pour bénéficier de la clémence de la justice ».

Ce n’est pas le langage d’un gouvernement stable et confiant aux commandes de son pays. C’est le cri d’une clique terrifiée qui reconnaît perdre le contrôle du discours et de la rue. Le fait que de petits haut-parleurs diffusant des chants de défiance puissent déclencher une refonte sécuritaire nationale et des appels publics à la reddition témoigne de la fragilité de la dictature. Cette nouvelle vague de répression est le pari ultime et raté d’un régime au bord du gouffre, hanté par les sons mêmes de la liberté qu’il tente depuis longtemps de réduire au silence.