Par Struan Stevenson
UPI, 12 juillet – Combien l’Occident s’autorise à être facilement dupé de manière répétée par les dirigeants fascistes religieux de l’Iran ! Experts dans l’art de la tromperie, ils ont défié l’opinion mondiale durant la dernière décennie dans leur course aux armes nucléaires, mais après huit années sinueuses de confrontation avec l’instable Mahmoud Ahmadinejad aux commandes, le guide suprême Ali Khamenei a finalement réalisé que le seul moyen de gagner davantage de temps était de convaincre l’Occident qu’un modéré est apparu comme nouveau président de l’Iran.
L’émergence du religieux Hassan Rohani avec la récente élection présidentielle en Iran, a apparemment coché toutes les cases. Les médias occidentaux ont fanfaronné que ce nouveau président « modéré » serait ouvert à un dialogue sur l’arrêt du programme nucléaire et serait un signe avant-coureur du changement positif pour les masses opprimées en Iran, améliorant les droits humains fondamentaux, la liberté d’expression, libérant tous les prisonniers politiques et mettant un terme aux exécutions publiques.
Malheureusement, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Les exécutions publiques, qui avaient été temporairement arrêtées durant les élections présidentielles, ont repris avec une ardeur redoublée. Plus de 75 prisonniers, dont six femmes, ont été pendus, beaucoup en public, ces deux dernières semaines. Dans un horrible spectacle, 21 prisonniers ont été pendus collectivement.
Il s’agit là de barbarie à grande échelle et cela se passe sous la présidence « modérée » de Hassan Rohani ! S’il est un modéré, Dieu merci que l’Iran n’a pas élu un conservateur !
Le régime clérical a recours à une vague d’exécutions et de mesures répressives pour renforcer le climat de peur et de répression afin de contenir l’opposition et d’empêcher les protestations, en particulier dans la jeunesse iranienne qui aspire à la liberté et à la démocratie ainsi qu’à la fin de cette théocratie sauvage. Les étudiants en colère et frustrés ainsi qu’une vague croissante de jeunes au chômage savent qu’ils ne doivent pas regarder du côté du président Rohani pour de la modération.
Ils saisissent que le rôle du président en Iran est purement cérémoniel. Le pouvoir total en vertu de la constitution iranienne est attaché au « guide suprême » non élu l’ayatollah Ali Khamenei, qui a succédé à l’ayatollah défunt Rouhollah Khomeiny, fondateur de la république islamique. Le guide suprême prétend être le représentant de Dieu et en tant que tel, il peut rejeter les lois du parlement et même choisir quels candidats peuvent se présenter aux élections.
En vertu de l’article 110 de la constitution iranienne, le guide suprême peut destituer le président et nommer ou révoquer les chefs des gardiens de la révolution et de l’armée, le chef de la justice, le président de la radiotélévision et d’autres encore. Il a également le pouvoir de délivrer un « décret d’État » qui outrepasse toutes les décisions prises par toute personne ou institution dans le pays.
Il a le plein contrôle et le dernier mot sur les questions cruciales comme le programme nucléaire et le soutien à Bachar el-Assad en Syrie.
C’est un secret de polichinelle que l’élection présidentielle iranienne sont un remuement aléatoire du cercle dirigeant et même là les femmes sont exclues, privant la moitié de la population de son droit à une représentation féminine.
La réelle opposition en Iran a été systématiquement traquée, arrêtée, torturée et exécutée. Dans une orgie de massacre, plus de 120 000 membres et sympathisants des Moudjahidine du peuple d’Iran ont été exécutés dans les années 1980 seulement, pour s’être opposés aux mollahs ; les survivants se sont enfuis à l’étranger et 3200 d’entre eux sont actuellement incarcérés dans des conditions effarantes dans une ancienne base militaire américaine près de l’aéroport de Bagdad, connu de manière ironique sous le nom de camp Liberty.
En tant que ligne de front de l’opposition contre les mollahs à Téhéran, ils sont constamment sous les attaques, bien qu’ils soient classés comme réfugiés par les Nations Unies.
De connivence avec leur régime fantoche en Irak, les mollahs iraniens ont lancé trois attaques à la roquette contre le camp Liberty, tuant 10 des résidents sans armes et en blessant des centaines, pendant que les Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis n’ont rien fait, louant l’arrivée d’un soi-disant « modéré » à la présidence.
Hassan Rohani est sorti d’une liste de huit candidats triés sur le volet, qui étaient soit des conseillers, des assistants ou des représentants de Khamenei.
Rohani fait partie de l’institution depuis trois décennies. Il a occupé la position de secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale pendant 16 ans et a été nommé par Khamenei comme membre du puissant Conseil de discernement.
Il était, jusqu’au mois dernier, le représentant de Khamenei dans le Conseil Suprême de la Sécurité Nationale. Il a également été le négociateur nucléaire en chef avec la Troïka européenne, où il s’est par la suite vanté d’avoir gagné du temps avec succès pour faire progresser le programme nucléaire de l’Iran, pendant qu’il maintenait les dirigeants européens occupés dans les négociations.
L’approbation de Rohani par le Conseil des Gardiens était un signe certain de sa totale loyauté envers le guide suprême.
Désormais, le rôle de Rohani est principalement de gagner du temps pour les objectifs nucléaires des mollahs, ce qu’il a fait avec succès par le passé.
Les experts internationaux pensent que dans un an seulement à partir de maintenant, les mollahs pourraient avoir assez d’uranium militaire pour un missile nucléaire. L’OMPI vient tout juste de révéler l’existence d’un nouveau site nucléaire clandestin dans le nord de l’Iran, dans lequel il est dit que Rohani a joué un rôle clef.
Mais Rohani fait désormais face à deux problèmes majeurs qui compromettront sérieusement ses tentatives de courtiser l’Occident. Le premier est la guerre en Syrie et le second est l’étendue des sanctions sur l’économie dévastée de l’Iran.
Le régime vacille sur le bord. Mais à l’instar de tous les régimes fascistes, sa survie, fondée sur la notion du pouvoir absolu du guide suprême, exige le maintien d’une atmosphère de peur et de terreur.
L’idée illusoire que nous pouvons désormais traiter avec une présidence iranienne « modérée » jouera simplement en faveur des mollahs et prolongera l’agonie du peuple iranien.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’hésiter pendant que l’Iran fabrique un arsenal d’armes nucléaires. Seul le départ des mollahs garantira la paix, la démocratie et la liberté.
(Struan Stevenson est un eurodéputé conservateur écossais. Il est le président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak.)

