
Le 6 octobre, l’ancien Secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo, a rencontré Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, à Auvers sur Oise en France. Il est ensuite intervenu devant une assemblé de membres et sympathisants du CNRI pour évoquer le soulèvement du peuple iranien pour la liberté et la démocratie et a rappelé la politique avisée que devraient suivre les États-Unis pour relever les défis posés par la dictature des mollahs.
Dans son intervention, le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré :
C’est un privilège d’être ici. Ce n’était pas facile d’arriver ici. Il faut savoir que ni le gouvernement français ni le Département d’État américain ne souhaitaient ma présence ici, ce qui me rend encore plus fier.
Je ne voulais pas manquer cela car, comme vous, lorsque j’entends parler la présidente Radjavi, je suis inspiré et réconforté. Vous êtes si aimable et si forte dans votre détermination. Je suis convaincu que, comme vous l’avez dit, un jour l’Iran sera cet endroit libre et démocratique que tout le monde dans cette salle souhaite.
Nous devons reconnaître le but de ces soulèvements. Ils visent une république d’Iran démocratique et libre, dépourvue de toute forme de dictature. C’est notre objectif. Tout le monde ici partage cet objectif.
Lors de notre rencontre, l’ex Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a souligné que le régime en #Iran est condamné à la défaite. Le changement en Iran ne se fera que par ceux qui y ont œuvré pendant des décennies, en ont payé le prix et sont organisés pour cet objectif… pic.twitter.com/CLhSqSMJFZ
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 7 octobre 2023
Je tiens à clarifier trois points avant de vous quitter aujourd’hui :
Premièrement, quoi que fasse le régime, il est voué à l’échec.
Deuxièmement, et c’est tout aussi important, le changement en Iran ne peut être réalisé que par ceux qui y travaillent depuis des décennies, ceux qui en ont payé le prix et qui possèdent la structure organisationnelle nécessaire pour atteindre cet objectif. Ces choses ne se produisent pas d’elles-mêmes.
Enfin, à l’avenir, la politique américaine envers l’Iran doit être centrée sur le soutien à cette opposition organisée et sur une pression croissante sur le régime jusqu’à sa chute.
Écoutez, beaucoup d’entre vous ont sans aucun doute vu les récentes remarques du président Raïssi à l’Assemblée générale des Nations Unies. J’étais à New York ce jour-là. Il a fait des déclarations absurdes, insistant par exemple sur le fait que le régime favorisait la paix en Ukraine en vendant des drones qui assassinent des civils ukrainiens innocents et en soutenant Vladimir Poutine.
Mais vous savez, même lui ne pouvait pas nier l’effet que la résistance organisée en Iran a eu sur la capacité du régime à poursuivre sa dictature brutale. En effet, vous tous, la résistance organisée dirigée par l’OMPI, augmentez chaque jour cette capacité de résistance. Il s’agit d’un effort des plus importants. Votre travail a rendu bien plus difficile pour le CGRI d’infliger sa terreur brutale et son chaos au peuple iranien. Leur nombre ne cesse de croître. Et malgré les arrestations massives, le régime iranien sait qu’il est en retrait.
Vous tous, l’OMPI et vos partisans, avez également organisé des rassemblements à l’étranger. Un de ces rassemblements, qui se compte par milliers de participants, a eu lieu le 19 septembre. Elle a eu lieu juste en face des Nations Unies, pour protester contre la visite de Raïssi et pour soutenir la présidente Radjavi et son plan en dix points pour l’avenir de l’Iran. C’était magnifique de voir la circulation s’arrêter à New York.
La politique de complaisance a été et reste le plus grand obstacle extérieur à la fin du terrorisme parrainé par l’État iranien, de son comportement régional irrégulier et du soutien aux aspirations du peuple iranien pour un changement en Iran. La complaisance ne fonctionnera pas.
Il est consternant que le Bureau de l’Envoyé spécial pour l’Iran au Département d’État américain, en plein soulèvement iranien, ait choisi de concentrer ses attaques sur l’OMPI au lieu de soutenir les manifestants. Il cherchait à plaire à l’Ayatollah en utilisant les mêmes mots qui utilisés par le régime. Laissez-moi être clair : Les attaques contre ceux qui recherchent la liberté et la démocratie en Iran sont absolument déplorables, qu’elles viennent de mon gouvernement ou d’ailleurs.
Et en parlant d’absurdité : il y a les six milliards de dollars donnés au régime dans la suite de la politique de complaisance. C’est la récente décision de l’administration Biden de payer pour ramener les Américains chez eux. Ce pour quoi j’ai travaillé dur. Nous avons ramené 58 Américains chez eux pendant mon mandat dans l’administration Trump.
Discours à la conference « #Iran – Soulèvement et résistance contre le régime des exécutions » en présence de Mike Pompeo, ancien secrétaire d’Etat américain.#IranRevolution pic.twitter.com/SAhhwXgFIz
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 7 octobre 2023
Soyons clairs, il n’y a aucune chance que cet argent profite au peuple iranien. Le régime vient de recevoir six milliards de dollars pour semer la terreur en Amérique, en Israël et pour détruire ses ennemis partout dans le monde. Et ils utiliseront cet argent pour s’en prendre aux dissidents iraniens, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Six milliards de dollars pour financer l’oppression brutale de la résistance organisée en Iran.
Maintenant, ce n’est pas surprenant puisque des visages familiers de l’équipe Obama sont revenus dans l’administration Biden. L’un d’eux, fort heureusement, est désormais en congé sans solde. Madame Radjavi en a parlé. Nous savons maintenant qu’au sein du gouvernement américain se trouvaient des personnes travaillant apparemment pour le compte des États-Unis, mais qui suivaient les conseils du ministre des Affaires étrangères Zarif et de ses acolytes en Iran. Vous savez, je me souviens que lorsque je suis devenu secrétaire d’État, nous avons coupé le financement de l’UNRRA justement à cause de ce risque. Nous savions où irait cet argent. Nous savions que l’administration précédente avait écouté les dirigeants iraniens. Nous ne savions pas qu’ils étaient si profondément infiltrés au sein de notre gouvernement.
Vous savez, nous avons pu sanctionner le régime en Iran, exercer une réelle pression sur lui, et nous avons quand même ramené deux otages. Ils sont rentrés chez eux auprès de leurs familles sans donner un seul centime à ce régime terroriste.
Cette politique à laquelle nous sommes revenus, non seulement à l’égard de l’Amérique, mais aussi auprès des grandes puissances européennes, est totalement contre-productive. La nouvelle richesse de l’Iran, nous la verrons dans les mois et les années à venir, elle financera la terreur à l’étranger et opprimera la population intérieure. Alors réveillons-nous, faisons les choses correctement.
Écoutez la voix du peuple iranien. Dans plus de 280 villes réparties dans les 31 provinces iraniennes, ils ont rejeté la théocratie au pouvoir et ont clairement indiqué que les mollahs ne constituaient pas un élément permanent de cette nation. Des chants, des slogans pour dénoncer l’oppresseur, que ce soit le Shah ou l’Ayatollah, nous n’avons pas besoin de dictateurs !
Mais malheureusement, si nous continuons la politique de complaisance à l’égard de l’Iran, il continuera à exploiter cette faiblesse à son propre profit, comme il l’a fait dans le passé. Et cela ne restera pas en Iran. En effet, cela se produit déjà et vous le savez tous.
J’étais avec vous pour la dernière fois à Achraf 3 en Albanie. Regardez les attaques contre les membres de l’OMPI là-bas. La sécurité élémentaire et les droits les plus fondamentaux des résidents d’Achraf 3 devraient être extrêmement importants pour chaque nation et pour tous les peuples. Tous ceux d’entre nous qui valorisent la liberté devraient comprendre qu’ils devraient aussi avoir leurs droits.
Il y a environ un an, j’ai eu le privilège d’y venir. J’ai rencontré des hommes et des femmes courageux et nobles qui ont consacré leur vie à libérer leur pays au péril de leur vie et de celle de leurs familles. Beaucoup parmi eux étaient des témoins, des survivants du massacre de 1988 perpétré par le même homme qui s’exprimait la semaine dernière à l’Assemblée générale de l’ONU, le boucher de Téhéran, M. Raïssi. Un grand nombre de ses victimes appartenaient à l’OMPI. En effet, ils constituaient sa cible principale. Mais en raison de leur dévouement et de leur engagement en faveur de la liberté de tous les Iraniens, ils sont au centre de la colère des mollahs, mais ils sont considérés aux yeux de notre Dieu comme de véritables héros.
Vous savez, lorsque vous êtes secrétaire d’État américain, vous passez de mauvais jours. Vous voyez des choses sombres. Mais je dois dire que j’ai été consterné par l’attaque contre Achraf 3 le 20 juin de cette année. Cela a été célébré par le régime iranien et ses plus hauts dirigeants. En fait, ils ont simplement exigé davantage d’attaques, davantage d’extraditions et davantage de destructions de ces combattants de la liberté. Soyons clairs : c’est la politique de complaisance de l’administration Biden envers l’Iran qui a rendu les résidents d’Achraf 3 vulnérables à ces attaques et intimidations. Lorsque nous faisons preuve de déférence envers l’Ayatollah et ses acolytes, leurs victimes perdent notre protection.
Écoutez, nous pouvons faire plus. Je crois que les États-Unis devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour aider le gouvernement albanais à résister aux menaces, aux intimidations et au chantage du régime iranien. Je sais qu’ils ressentent de la pression. Ils peuvent le voir. Nous pouvons faire mieux. La résolution déposée à la Chambre des représentants après l’attaque contre Achraf 3 a déjà obtenu le soutien des deux partis. Plus de 100 députés ont signé cette pétition qui appelle le gouvernement des États-Unis, en coopération avec notre alliée albanaise, à assurer la pleine protection des réfugiés politiques iraniens qui vivent à Achraf 3.
Cela devrait être la ligne directrice de la politique des États-Unis, et cela devrait être la façon dont nous traitons les héros d’Achraf 3, et refusons au régime iranien la politique de complaisance.
Tout le monde ici souhaite la liberté du peuple iranien. Parlons de la manière dont nous pouvons y parvenir, de la manière dont nous pouvons construire quelque chose qui puisse non seulement remplacer le régime, mais aussi le faire d’une manière durable et garantir la liberté à tous au sein de cette belle nation.
Comme je l’ai déjà dit, l’Iran ne reviendra jamais à la dictature du Shah et ne se contentera jamais de la théocratie actuelle en Iran. Les vestiges de l’ancienne monarchie n’ont pas réussi à gagner du terrain lors du soulèvement de l’année dernière. Les partisans du Shah ont été dénoncés parce qu’ils s’appuient fortement sur la collaboration avec le CGRI. Ce dont l’Iran a besoin, c’est de quelque chose qui ressemble aux gens présents dans cette salle. Des gens qui veulent simplement la liberté pour tous. Un modèle de gouvernance qui reflète la volonté du peuple. Nous n’avons pas besoin de dictatures. Nous avons besoin de liberté.
Ces manifestations en Iran s’appuient sur le dos de quarante ans d’opposition organisée à l’Iran.
Mon pays a également une responsabilité. Historiquement, nous sommes une nation qui défend les droits de l’homme de manière large et partout. Et même si nous n’y parvenons pas toujours, nous savons ce qui est juste. Et dans ce cas, le peuple américain, quels que soient nos dirigeants aujourd’hui, saurait ce qui est bon pour le peuple iranien. La liberté, la démocratie.
Nous savons que le travail que vous faites est important, noble et décent, et s’inscrit dans la plus pure tradition de l’humanité.
Merci, Présidente Radjavi.

