CNRI – « Il est scandaleux de dire que ceux qui avaient usé de leur droit à la résistance contre un régime tyrannique soient traités de terroristes. Nous savons bien comment les terroristes et ceux qui font régner la terreur traitent ceux qui s’opposent à leurs actes infâmes », a déclaré Me Henri Leclerc.
Le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme s’exprimait le 18 juin à Villepinte près de Paris dans le plus grand rassemblement d’Iraniens jamais organisé à l’étranger en soutien à la résistance iranienne et au camp d’Achraf.
Une foule en liesse, venue des quatre coins de la planète, a réservé un accueil fervent et enthousiaste à Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne qui était entourée de plusieurs centaines de personnalités politiques et sociales, notamment américaines.
Voici l’intervention très applaudie de Me Henri Leclerc :
Cela fait au moins 7 ans que je viens ici, tous les ans, dans ces réunions, et chaque fois, tous ensemble, nous avons protesté contre les infâmes poursuites qui se déroulaient en France. Oui, nous disions qu’il était scandaleux de dire que ceux qui avaient usé de leur droit à la résistance contre un régime tyrannique soient traités de terroristes. Nous savons bien comment les terroristes et ceux qui font régner la terreur traitent ceux qui s’opposent à leurs actes infâmes.
Le mot de « terroriste » : j’étais enfant lorsque j’ai vu, sur les murs des rues de Paris, l’affiche rouge où le résistant arménien, Manouchian, était traité de terroriste. J’ai entendu toute ma vie traiter de terroristes ceux qui résistaient et je suis heureux, aujourd’hui, de saluer la décision d’un juge français qui, enfin, a eu le courage de dire que les poursuites, commencées le 17 juin 2003, étaient des poursuites intolérables et que ceux qui étaient poursuivis étaient en réalité des résistants.
Mais ce n’est pas parce que ces poursuites ont été abandonnées, ce n’est pas parce qu’on ne fera pas le procès ridicule que l’on voulait faire, que nous sommes au bout de notre combat. Nous savons, nous, ce qu’est la résistance du peuple iranien. Je suis un vieux militant, je suis un vieil avocat. Je crois que depuis que je milite, je lutte contre ceux qui sont contre la résistance. Comment ne pas me rappeler du soutien que nous apportions à ceux de la première résistance qui étaient ici lorsque le chah d’Iran et la Savak poursuivaient le peuple iranien ? Nous les avons vus partir, ces résistants, heureux de croire que leur peuple était enfin libéré. Nous les avons vus mourir et nous savons qu’aujourd’hui, sous le régime abominable des mollahs, les résistants continuent à mourir, à être pendus, à être torturés.
Eh bien, ici, je veux, au nom des militants français, au nom des avocats français, saluer tous ces résistants, tous ceux qui meurent, toutes les familles de ceux qui sont pendus, de ceux qui sont torturés. Oui, la résistance iranienne finira par l’emporter. Mais nous savons qu’aujourd’hui, les criminels qui dirigent le pays continuent leur massacre. Oui, il a fallu que nous obtenions, en Europe, le retrait de la liste des terroristes. Oui, il a fallu qu’enfin nous obtenions l’abandon de ces poursuites.
Mais comment oublier, aujourd’hui, ceux qui à Achraf meurent ? Comment oublier la complicité du monde, le silence du monde devant ces massacres inadmissibles. Je m’adresse ici, un instant à M. Obama : « Oui, Monsieur Obama, vous avez été un moment, pour nous tous, l’expression du ‘rêve américain’, oui nous croyons que le peuple américain n’est pas complice de ces crimes, mais vous ne pouvez continuer à laisser inscrits, sur la liste des terroristes, et à justifier ainsi le massacre qui se déroule à Achraf. »

J’en appelle au peuple américain. J’en appelle au président américain. J’en appelle aux peuples du monde. Certes, ils ne sont que quelque milliers, mais massacrés simplement parce qu’ils sont des résistants. Ils sont l’expression des résistants du monde entier.
Nous avons vu les peuples arabes se lever. Nous avons vu l’immense espoir qu’a fait naître le départ de ces tyrans terroristes qu’était M. Ben Ali, qu’était M. Moubarak. Demain, nous verrons partir Kadhafi. Demain, nous verrons partir ceux qui aujourd’hui massacrent leur peuple. Nous savons aussi que, demain, les mollahs iraniens partiront. Alors arrêtez dès aujourd’hui de massacrer le peuple d’Achraf. Nous sommes tous responsables. Il faut cesser de traiter les résistants de terroristes et il faut, de toutes nos forces, que nous soutenions le grand peuple iranien qui finira bien, un jour, par reconquérir la liberté et pouvant reprendre sa place au milieu de tous les peuples du monde qui ont su se libérer du terrorisme et de l’oppression.
Vive le peuple iranien !

