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Iran : « Résister est un droit naturel et inaliénable » (Maryam Radjavi)

Iran : "Résister est un droit naturel et inaliénable" (Maryam Radjavi)CNRI – A l’occasion du troisième anniversaire du 17 juin, 2003,  Maryam Radjavi , présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a fait l’intervention suivante  :

Je viens d’apprendre qu’au bout de trois ans de pressions et de limitations, la cour d’appel de Paris, contre l’avis du juge d’instruction, a décidé de lever toutes les restrictions injustes imposées au nom du contrôle judiciaire à toutes les personnes arrêtées le 17 juin.

Permettez-moi d’abord de saluer tous mes frères et mes sœurs qui ont été privés de venir à Auvers-sur-Oise et de voir les leurs. Bienvenue à tous. Je remercie tous les avocats du dossier, spécialement Maître Henri Leclerc et les juges français.

Cette décision nous réjouit. Mais en même temps, il est très douloureux de savoir que pendant trois ans, sans la moindre raison ces limitations ont créé des obstacles à nos activités légitimes et légales pour dénoncer les crimes du régime des mollahs.

La décision d’aujourd’hui montre à nouveau que ce dossier est totalement vide. S’il passe en jugement, le tribunal va prouver que toutes ces accusations sont totalement fausses.

Nous demandons la fin de ce dossier, ou qu’il passe le plus vite possible devant un tribunal pour faire tomber le reste des restrictions.

Dès le départ, il n’a jamais existé la moindre base factuelle ni juridique à ce dossier. Les accusations de terrorisme ne sont qu’un prétexte. Quand ces accusations sont tombées dans une impasse, au lieu de déclarer la fin de ce dossier, ils ont fabriqué des accusations financières. Mais elles sont aussi vides que les accusations de terrorisme. Le dossier financier du Conseil national de la Résistance iranienne est blanc. Les responsables concernés du CNRI sont prêts à témoigner dans tout tribunal mais ils n’ont jamais été convoqués. La Résistance iranienne, d’un point de vue financier s’appuie sur le peuple iranien. L’indépendance financière est la garantie de l’indépendance politique de cette résistance depuis un quart de siècle.

Le 17 juin 2003 est le résultat d’un marchandage pour des intérêts à courts termes et des contrats économiques. C’est aussi une erreur de calcul politique sur le régime des mollahs. L’échec de cette politique qui misait sur les soi-disant modérés dans la dictature religieuse et terroriste a désormais été démontré. La rafle honteuse du 17 juin a tenté vainement de démanteler l’opposition démocratique iranienne. Ce raid a voulu apporter une aide au régime des mollahs.

Durant ces trois dernières années, sous prétexte d’enquête juridique, on a porté atteinte à nos libertés:

– On nous a limité notre liberté d’expression.
– On nous a enlevé, à moi et à de nombreux responsables de la résistance, le droit de voyager.
– On a interdit à de très nombreux membres et sympathisants de la résistance de se rencontrer.
– On a privé un très grand nombre de militants de la résistance de venir aux bureaux du CNRI à Auvers-sur-Oise.
– L’argent légitime de cette résistance est saisi depuis trois ans, alors que dès le départ, ils ont dit eux-mêmes que cet argent était propre.
– Des centaines de milliers d’euros d’argent personnel et des centaines d’ordinateurs  et d’équipement des militants de cette résistance sont toujours saisis.

A qui, sinon la dictature des mollahs, profitent ces restrictions ?

Ceux qui sont à l’origine de cette grande injustice doivent répondre aujourd’hui : Pourquoi,  pour faire plaisir aux mollahs, vous sacrifiez le peuple iranien en violant tous les principes humains et démocratiques ? Pourquoi en maintenant ce dossier ouvert voulez-vous limiter nos activités légitimes contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran ? Pourquoi l’enquête est-elle seulement à charge ? Pourquoi des efforts sans fin pour prouver une accusation sans fondement et violer la présomption d’innocence? Il n’y a même pas eu de contre-enquête. Est-ce que c’est digne de la justice française ? Nous partageons pourtant le même respect des droits de l’homme, et de l’état de droit. Les valeurs qui ont fait la France berceau des droits de l’homme nous ont servi d’exemple.

Je voudrais ici  remercier sincèrement Monsieur le Maire d’Auvers-sur-Oise Jean-Pierre Béquet et Monsieur Dominique Lefèvre, les défenseurs des droits de l’homme les Auversois et les Val d’Oisiens pour leur soutien sans faille durant ces trois années.

Dans les jours difficiles de juin 2003, vous étiez à nos cotés et cela restera marqué dans les relations entre les peuples français et iranien. Je reconnais la France à travers ces valeurs que vous incarnez et non dans ce qui s’est passé le 17 juin.

A travers les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est là le véritable visage des Français.

Nous luttons pour instaurer la liberté et une république pluraliste, fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité totale entre les femmes et les hommes, le respect des libertés individuelles, politiques et sociales, le respect des conventions internationales. Dans l’Iran de demain nous défendrons l’abolition de la peine de mort.

Si résister contre une dictature religieuse pour la liberté est un crime, alors moi tous les membres de la résistance et tous ceux qui la soutiennent, c’est avec fierté que nous acceptons cette accusation. Nous sommes déterminés à instaurer la liberté et la démocratie et nous nous sommes engagés pour cela à aller jusqu’au bout. Rien ne pourra sauver le régime des mollahs de sa chute.

Il y a trois ans, face au juge des libertés, j’avais déclaré : quand je me suis engagée dans la lutte pour la liberté, je m’étais préparée à la prison, à la torture et comme des dizaines de milliers d’autres résistants, à être exécutée. Mais jamais je n’aurais pensé que je serai emprisonnée en France à cause de cela. Et en m’adressant au procureur qui me menaçait de prison, je lui ai dit : vous pouvez m’emprisonner, mais vous ne pouvez pas m’empêcher de lutter pour la liberté. Aujourd’hui personne ne peut empêcher le peuple iranien de se libérer et d’instaurer la démocratie. Comme il est écrit dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, résister est un « droit naturel et inaliénable ».

Oui, à une époque où règne l’oppression, résister signifie être ou ne pas être. Je résiste donc je suis. Nous résistons, donc nous existons.

Il y a soixante six ans, dans des jours semblables, la voix du général de Gaulle a retenti en France: « la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Les flammes de la liberté débarrasseront bientôt ma patrie enchaînée de l’oppression des mollahs.

La persévérance des combattants de la liberté de l’Iran dans la Cité d’Achraf en Irak ces trois dernières années et le soutien croissant apporté au Conseil national de la Résistance iranienne sur le plan international, viennent témoigner de cette réalité.