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Indignation mondiale face aux exécutions politiques en Iran

Indignation mondiale face aux exécutions politiques en Iran

Les récentes exécutions de deux prisonniers politiques, Behrouz Ehsani, 70 ans, et Mehdi Hassani, 49 ans, ont déclenché une vague immédiate et unifiée de condamnations internationales. Les deux hommes, membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), ont été exécutés le 27 juillet 2025, dans ce que les législateurs et les organisations de défense des droits humains qualifient de grave escalade dans la guerre du régime contre la dissidence. La réaction des capitales mondiales suggère un consensus croissant sur le fait que ces exécutions ne sont pas des événements isolés, mais le prélude effrayant d’une campagne plus vaste d’extermination politique.

Condamnations unanimes des parlements du monde entier
Dans une démonstration éclatante de solidarité internationale, des parlementaires d’Europe et d’Amérique du Sud ont dénoncé avec force ces meurtres. Le groupe des Amis d’un Iran libre du Parlement européen a exprimé son indignation dans une déclaration adressée au chef de la diplomatie européenne, soulignant que le Parlement avait adopté une résolution en avril 2025 appelant spécifiquement à l’annulation de ces condamnations à mort. Le groupe a souligné que les actions actuelles du régime rappellent « les souvenirs les plus sombres du massacre de 1988 » et a mis en avant un article de Fars News du 7 juillet s’interrogeant ouvertement : « Pourquoi les exécutions de 1988 devraient-elles se répéter ? »

De l’autre côté de la Manche, le Comité britannique pour la liberté en Iran, composé de députés et de Lords, a appelé à une intervention internationale immédiate afin d’empêcher un nouveau massacre. Il a directement lié la date des exécutions à l’anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988, dont la majorité étaient des membres de l’OMPI.

La condamnation a traversé l’Atlantique : 13 députés argentins ont publié une déclaration dénonçant les exécutions. Ils ont souligné l’intervention violente de gardes armés contre des prisonniers politiques à la prison de Ghezel Hesar, la veille des exécutions, et l’exil forcé du prisonnier politique chevronné Saeed Masouri vers la prison de Zahedan.

Un groupe de parlementaires des pays nordiques a intensifié sa réaction, passant de la condamnation à un appel direct à l’action. Dans une lettre adressée à leurs ministres des Affaires étrangères, ils ont exigé de leurs gouvernements la convocation des ambassadeurs iraniens, la suspension de tout processus de normalisation diplomatique et l’imposition de sanctions ciblées aux responsables de violations flagrantes des droits humains.

Des experts des droits humains dénoncent un système fondé sur la torture et l’injustice
Parallèlement au tollé politique, des organisations internationales de défense des droits humains ont fourni des témoignages accablants sur les erreurs judiciaires et la cruauté systémique qui ont conduit aux exécutions. La Commission internationale contre la peine de mort (CIPD), dirigée par l’ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a révélé qu’Ehsani et Hassani avaient été exécutés en secret alors que leur procédure d’appel était toujours en cours, et que leurs familles s’étaient vu refuser une dernière visite.

Le rapport de la CIPD détaille comment les deux hommes ont été torturés, maintenus en isolement prolongé et privés de l’assistance d’un avocat pendant environ deux ans. Ils ont finalement été condamnés lors d’un procès sommaire sur la base d’accusations vagues et politiquement motivées de « baghi » (rébellion armée) et de « moharebeh » (inimitié contre Dieu) pour leur affiliation à l’OMPI. La commission a également souligné la remarquable résistance des prisonniers, soulignant que pendant 18 mois, Ehsani et Hassani avaient participé à la campagne « Non aux mardis des exécutions » en menant une grève de la faim hebdomadaire depuis la prison.

Un appel urgent pour éviter que l’histoire ne se répète
Cette vague de condamnations s’inscrit dans un contexte dramatique. Au moins 1 459 exécutions ont été recensées au cours de la première année de la présidence de Massoud Pezeshkian, qui a débuté en août 2024. Avec au moins 14 autres prisonniers politiques affiliés à l’OMPI actuellement dans le couloir de la mort, la crainte d’un massacre imminent est palpable.

La réponse internationale unifiée témoigne d’un net changement : d’une condamnation routinière à des demandes urgentes de sanctions concrètes, notamment des sanctions ciblées et un isolement diplomatique. Comme l’ont clairement souligné les législateurs et les experts des droits humains, l’inaction internationale à ce stade critique risque de permettre à un régime qui a démontré sa volonté de revivre les chapitres les plus sombres de son histoire.