mercredi, février 4, 2026
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D’anciens dirigeants européens exhortent l’UE à inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste noire et à soutenir le soulèvement pro-démocratie

D'anciens dirigeants européens exhortent l'UE à inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste noire et à soutenir le soulèvement pro-démocratie
Parlement européen

Un groupe d’anciens chefs d’État ou de gouvernement européens a exhorté l’Union européenne à adopter une position beaucoup plus ferme à l’égard du régime iranien, demandant que les Gardiens de la révolution (CGRI) soient désignés comme organisation terroriste et qu’un soutien politique explicite soit apporté à une « république libre, laïque et démocratique » dans le pays.

Dans une lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au président du Conseil européen, António Costa, et à la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas – et dont copie a été transmise à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, ainsi qu’aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE – les signataires se disent « profondément préoccupés par l’escalade rapide de la situation en Iran ».

Dix-neuf jours après le début de ce qu’ils qualifient de soulèvement national, les anciens dirigeants écrivent que les manifestations se sont étendues à plus de 200 villes dans les 31 provinces du pays. Déclenchée par l’effondrement de la monnaie nationale, la contestation s’est, selon leurs termes, « transformée en un vaste mouvement populaire exigeant la fin de la dictature sous toutes ses formes ».

S’appuyant sur des « informations crédibles », la lettre affirme que plus de 3 000 manifestants ont été tués et des milliers d’autres blessés ou arrêtés. Les auteurs accusent les forces de sécurité d’avoir pénétré dans les hôpitaux pour arrêter les blessés et notent que l’accès à Internet a été coupé à plusieurs reprises, dénonçant de « graves violations des normes internationales relatives aux droits humains » qui requièrent « une réponse européenne claire et unie ».

Les anciens dirigeants mettent également en garde contre ce qu’ils décrivent comme une campagne active de désinformation menée par les autorités iraniennes. Ils affirment que le régime qualifie les manifestants d’émeutiers et diffuse des vidéos manipulées, notamment en remplaçant les slogans « À bas le dictateur » par « Vive le Shah », afin de suggérer un soutien au retour de la monarchie Pahlavi. La lettre souligne qu’en Iran, les manifestants rejettent explicitement les deux systèmes, reprenant le slogan : « À bas l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du Guide suprême !»

Arguant que les Iraniens aspirent à la démocratie plutôt qu’à « la restauration d’une dictature passée », les signataires exhortent l’UE à reconnaître le droit du peuple à « résister à la tyrannie et à instaurer une république démocratique » et à soutenir un futur ordre politique excluant à la fois le système théocratique actuel et une monarchie restaurée.

Parallèlement, la lettre se démarque de tout appel à une intervention militaire occidentale. Les auteurs reprennent à leur compte une déclaration de Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui souligne qu’« il n’y a pas besoin d’intervention militaire étrangère » et que le changement « repose uniquement sur le peuple iranien et le réseau de l’opposition démocratique dans le pays ».

Leur revendication politique la plus concrète s’adresse au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), décrit comme « le principal instrument de répression et de terreur du régime ». L’UE, affirment-ils, devrait inscrire officiellement les Gardiens de la révolution sur sa liste noire des organisations terroristes, conformément à son engagement de longue date en faveur de la dignité humaine et des valeurs démocratiques. « Aujourd’hui, ces valeurs sont défendues dans les rues d’Iran », peut-on lire dans la lettre. « L’UE doit se ranger sans équivoque du côté du peuple iranien. »

Cet appel est coordonné par l’Alliance pour un Iran libre, qui compte parmi ses membres plusieurs anciens Premiers ministres et présidents d’Europe et d’ailleurs. La lettre ouverte est signée par 16 personnalités, dont les anciens Premiers ministres belges Yves Leterme, Guy Verhofstadt et Elio Di Rupo, l’ancien Premier ministre grec Antonis Samaras, l’ancien Premier ministre irlandais Enda Kenny, l’ancien chancelier autrichien Christian Kern, l’ancien Premier ministre slovène Janez Janša, l’ancien Premier ministre estonien Mart Laar, les anciens dirigeants slovaques Andrej Kiska et Iveta Radičová, ainsi que d’anciens présidents ou Premiers ministres de Roumanie, de Lituanie, de Malte et d’autres pays.

Ensemble, ils appellent l’UE à joindre le geste à la parole en matière de droits de l’homme et de démocratie en réponse aux effusions de sang et à la répression en Iran, et à envoyer un signal clair montrant que l’Europe soutient les citoyens du pays – et non ses dirigeants – à ce qu’ils décrivent comme un moment décisif de l’histoire moderne de l’Iran.