L’Iran a atteint un point de non retour
CNRI – L’Agence France Presse annonçait le 8 juillet dernier que le président français Nicolas Sarkozy jugeait "la violence profondément choquante en Iran", mais que les dirigeants du G8 étaient unanimes pour mener un dialogue avec Téhéran afin de sortir de l’impasse nucléaire.
Tandis que les dirigeants du G8 s’imaginent pouvoir résoudre l’impasse par des discussions, une dépêche de l’agence officielle Fars rapportant les propos de Davoudi, alors premier vice-président d’Ahmadinejad, sur le programme nucléaire, nous permet d’y voir plus clair dans ce qui se passe à l’intérieur du régime des mollahs.
« Contrairement au passé dit Davoudi, où nous étions obligés de supplier les occidentaux pour [disposer d]’une dizaine de centrifugeuses, et même de tenir nos ennemis au courant de notre pensée avant même de l’appliquer, aujourd’hui grâce aux directives de son Excellence le guide suprême les efforts du neuvième gouvernement et la persévérance du peuple, plus de 12.000 centrifugeuses tournent en Iran. Nous maitrisons les un après les autres les différents domaines de la technologie et nous avance vers de [nouveaux] sommets du progrès (…) Grâce à sa technologie et à ses grandes acquis, surtout dans les domaines satellite et militaire, dont on peut citer le missile Sejil comme un acquis militaire, la république islamique a démontré sa puissance au monde entier, de sorte que le régime sioniste, terroriste et assassin a avoué après le test du Sejil, qu’il était incapable d’affronter la république islamique d’Iran ».
Trouve-t-on dans ces propos le moindre signe d’une approche positive et d’une soumission aux exigences de la Communauté internationale ? D’ici septembre, le délai accordé par les dirigeants du G8 au régime iranien, il n’y aura aucune évolution dans la nature de Guide suprême du régime, qui a le dernier mot dans toutes les affaires. Le seul changement envisageable en Iran est le soulèvement du peuple iranien qui a pour objectif de déraciner le pouvoir absolu des mollahs.
Cela fait plus de vingt ans que la Résistance iranienne, grâce à sa connaissance précise de la nature du fascisme religieux au pouvoir en Iran, met en garde les politiciens et les dirigeants occidentaux que rien ne changera par des négociations avec ce régime, car il est fondé sur le principe de la dictature absolue du guide suprême. Mais l’Occident n’y a pas prêté d’attention et a donc conclu tardivement que la recherche des modérés dans ce régime et miser sur tel ou tel président ne sont qu’illusions.
Comme l’a rapporté la chaine CNN sur la base de vidéos et d’informations reçues d’Iran, en scandant « mort à Khamenei », le peuple iranien montre clairement que qu’il vise le Guide suprême et exige un changement complet de régime.
A la suite d’un nouvel embrasement du soulèvement du peuple iranien dans la journée du 9 juillet, Montazeri, l’ancien dauphin de Khomeiny révoqué peu avant la mort de ce dernier, a lancé une fatwa le 10 juillet. Publiée le lendemain, elle révoque Khamenei, sans le nommer, et déclare que son pouvoir étant dénué de justice et du suffrage de la majorité du peuple, il doit être renversé.
Hossein-Ali Montazeri est un ayatollah source d’imitation en Iran qui a été révoqué en 1988 de son mandat de dauphin par Khomeiny en personne, en raison de ses protestations contre le massacre des milliers de prisonniers politiques Moudjahidine (OMPI). Le fait qu’il ait renoncé à collaborer avec Khomeiny et les [autres] dirigeants de cette dictature, constitue son plus grand capital. Aujourd’hui, alors que le peuple iranien réclame la liberté et que le plus grand obstacle pour y accéder est le guide suprême, la fatwa de Montazeri révoquant Khamenei mérite d’être reconnue.
Il serait bon que M. Montazeri, à 87 ans, révèle tout aux Iraniens, à savoir l’usurpation de la souveraineté et des droits du peuple iranien, ainsi que le vol de la révolution antimonarchique sous prétexte du régime du guide suprême. Tout comme la dictature monarchique s’est terminée par son renversement, le pouvoir absolu des mollahs qui, de l’avis même de M. Montazeri, a surpassé le SAVAK du chah en matière de torture, de massacres et d’autres crimes, est condamné à disparaitre. Nous espérons que M. Montazeri n’aura pas peur et qu’il remplira son devoir à l’égard de l’Iran et de l’Islam.
Bien que l’Assemblée des experts du régime chargée de désigner le guide suprême a approuvé ces trente dernières années les crimes de Khomeiny et Khamenei, et a été de ce fait, le premier complice, nous espérons que dans les circonstances actuelles où le peuple iranien est déterminé à changer le régime, l’Assemblée des experts révoquera Khamenei et le remplacera par M. Montazeri afin que soient remplies les conditions minimas pour organiser une élection libre en Iran sous contrôle international.

