Opinion – Par Mohammad Amine
CNRI – Mohammad Amine, spécialiste de lIran qui collabore à de nombreux medias internationaux, a fait parvenir la réaction suivante :
La décision de la justice française de poursuivre la Résistance iranienne pour blanchiment dargent est avant tout une malheureuse répétition dun abus de la justice à des fins commerciales et géopolitiques.
Le dossier contre la Résistance iranienne a été lancé en 2001, au cours de la lune de miel de la France avec le régime de Téhéran, sous le mandat de Khatami. Cependant en absence de la moindre preuve, il est resté en sommeil jusquà la rafle du 17 juin 2003 de la police française dans les bureaux de la Résistance. Cette attaque a été largement ressentie comme une manoeuvre de Paris pour gagner les faveurs du régime iranien afin dassurer à plusieurs multinationales comme Renault, Total et Elf une plus grande part de marché en Iran.
Le nouvel acte daccusation a été établi le 19 mars. Linformation toutefois na fait surface que le 4 avril après une « fuite judiciaire » à lAFP.
Or, les Iraniens eux, lont appris avant le 4 avril, sur un site connu pour ses relations étroites avec le ministère des renseignements des mollahs. Iran Interlink rapportait en effet le 30 mars que les Moudjahidine devraient savoir que le procès de Maryam Radjavi à Paris va souvrir et selon létendue des preuves présentée par les organes de sécurité de ce pays, elle sera certainement condamnée.
La plupart du contenu du site Iran Interlink est préparé par une branche du ministère des renseignements des mollahs, le VEVAK, et le site lui-même est tenu par deux agents de ce ministère à Londres.
Il est choquant que le régime iranien soit tenu aussi informé de procédures juridiques confidentielles dun dossier du parquet de Paris.
La dépêche de lAFP, sur cette démarche de la justice française le 4 avril amène à se demander pourquoi les nouvelles allégations ont fait lobjet dune fuite à la presse ? La nouvelle a été largement reprise par les agences de presse, les radios et télévisions officielles en Iran. Ce gros titre de tous les médias gouvernementaux iraniens le 4 avril était en fait la dépêche de lAFP présentée comme une « nouvelle victoire» du régime.
On comprend bien entendu pourquoi les mollahs se réjouissent de ces allégations politiquement motivées. Le régime iranien est en manque désespéré de victoires fraîches » sous la pression des crises intérieures et internationales. On peut par contre sinterroger sur le zèle des autorités françaises à soutenir à nouveau des allégations vides et infondées. Ne connaissent-elles pas les conséquences dune collusion avec le régime iranien ?

