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Iran-Radjavi : Quelle solution à la crise nucléaire (message à Washington)

Convention irano-américaine à Washington, 25 mai 2006CNRI – La seconde convention nationale d’Irano-américains pour une république démocratique en Iran basée sur la séparation de la religion et de l’Etat s’est tenue le 25 mai au  Andrew Mellon Hall à Washington. Des centaines d’Iraniens de 40 Etats ont assisté à cet événement, aux côtés de plusieurs membres de la Chambre des Représentants, du Sénat et de leurs assistants, ainsi que des personnalités politiques et des droits de l’homme. Maryam Radjavi, présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne a adressé un message vidéo à la convention, dont voici le texte :

Aujourd’hui, la crise en Iran constitue la première préoccupation de la communauté internationale.

Quel est le nom de cette crise ? Est-ce une querelle internationale sur l’Iran qui devient nucléaire? Est-ce une querelle entre les Etats-Unis et le régime iranien ?  Est-ce une querelle sur l’islam? 

Non, rien de tout cela. En fait, il s’agit d’un face-à-face entre le peuple iranien et le fascisme religieux au pouvoir. Cette bataille pour la liberté dure depuis 27 ans. En obtenant la bombe atomique et en changeant l’équilibre des forces, les mollahs veulent empêcher les Iraniens de les renverser. Si cela signifie mener le monde au bord d’une guerre et d’une catastrophe, ils le feront.

Il y a deux semaines, les inspecteurs de l’ONU ont trouvé des traces d’uranium hautement enrichi  provenant d’un site à Téhéran qui peut être utilisé dans la fabrication de la bombe atomique. Imaginez cette terrible perspective : la bombe atomique dans la main d’une dictature cruelle qui a exécuté 120.000 prisonniers politiques, commis des centaines d’opérations terroristes, qui s’ingère dans les affaires intérieures de l’Irak et cherche ouvertement à instaurer un califat islamiste.

Comment empêcher ce cauchemar de devenir une réalité ?

Nous avons tous entendu de nombreuses solutions. Mais je dirais, au nom des Iraniens et de leur résistance, que le fascisme religieux en Iran est la véritable cause de la crise actuelle. Aussi pour traiter cette crise correctement, il faut une politique qui prend en compte la fin de cette dictature et l’instauration de la démocratie en Iran.

Une politique qui permet aux mollahs de poursuivre leur règne de terreur en Iran, n’est pas simplement opposée aux aspirations des Iraniens, mais sera aussi incapable de mettre fin à la menace que ce régime pose à la paix et à la stabilité dans la région. En fin de compte, faire preuve de pondération avec les mollahs, ne fera qu’augmenter la possibilité d’une guerre.

C’est pourquoi la résistance iranienne a mis en avant une troisième voie : Ni complaisance, ni guerre, mais un changement démocratique par les Iraniens et leur Résistance. C’est la seule solution viable parce que c’est ce que veulent les Iraniens. Dans plus de 4000 actes de protestations l’an dernier, ils ont demandé ce changement. 

Les mollahs voient la fin de leur régime dans la montée du mouvement populaire et la Résistance iranienne. C’est la bonne solution parce qu’elle s’appuie sur une Résistance organisée bénéficiant d’une vaste base sociale. L’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale composante de la Résistance, est au coeur de ce mouvement. En prônant un islam tolérant et démocratique, elle est la réponse à l’intégrisme islamique.

Nous ne devons pas laisser les mollahs abuser de la campagne contre la guerre pour en faire une excuse pour leur course aux armes nucléaires. Si cela arrivait, la guerre deviendrait inévitable.  Si vous voulez défendre la paix dans le monde, vous devez aussi vous opposer aux efforts des mollahs pour obtenir la bombe. 

Les missions diplomatiques du régime iranien à l’étranger, les agents du ministère des Renseignement et les lobbys de la dictature religieuse dans les pays occidentaux ont essayé de vendre l’idée que le programme nucléaire des mollahs a le soutien de la population iranienne. Cette propagande n’a qu’un but : empêcher qu’une politique de fermeté ne soit adoptée contre le régime.

Permettez-moi de le dire haut et fort : le programme nucléaire des mollahs est totalement opposé aux intérêts nationaux de l’Iran et une vaste majorité des Iraniens s’y opposent. D’un point de vue économique, politique et environnemental, ces projets auront de terribles conséquences pour les Iraniens. C’est pourquoi le régime les a même cachés à son propre parlement.

La démocratie en Iran sert les intérêts des peuples de la région et de la paix et de la sécurité dans le monde. Aujourd’hui, les dirigeants américains affirment que la politique de soutien des dictatures pour conserver la stabilité et la sécurité de ces 60 dernières années était une erreur. Au même moment, ils soulignaient que “les Iraniens sont privés de leurs droits par un groupe d’autorités non élues”.

Mais même en ce moment tardif,  les pays occidentaux veulent maintenir les ponts avec ce régime et cherchent à leur offrir de nouveaux avantages. Ils refusent de reconnaître le droit des Iraniens à résister à la tyrannie et continuent à conserver l’étiquette injuste de terroriste contre la résistance iranienne collée pour plaire aux mollahs.

L’étiquette de terroriste collée à l’OMPI est la marque d’une politique qui a permis au régime des mollahs d’être sur le point d’obtenir la bombe atomique et de dominer l’Irak.

En plus de salir l’image d’une résistance légitime, cette étiquette reflète la politique actuelle de concessions faites aux mollahs qui sont une menace pour la paix internationale et la sécurité. 

C’est pour cette raison que toute politique qui veut neutraliser les menaces posées par le fascisme religieux au pouvoir en Iran doit d’abord supprimer l’étiquette de terroriste collée à l’OMPI.

Notre nation si ancienne et notre fière résistance, dont les racines s’étendent à l’ensemble de la société, n’ont pas fléchi depuis 27 ans face à la répression la plus cruelle. Malgré toutes les difficultés, cette résistance finira par ouvrir la voie à la démocratie et à la liberté en Iran.  La persévérance des femmes et des hommes épris de liberté à la Cité d’Achraf en Irak près de la frontière iranienne et le soulèvement courageux des femmes, des travailleurs et des étudiants comme des autres secteurs de la société iranienne, reflètent la volonté d’un changement démocratique en Iran.

Mesdames et Messieurs,

Alors que le monde a besoin d’un front uni et de consensus afin d’agir avec fermeté contre les mollahs pour les empêcher d’obtenir des armes nucléaires, la Russie et la Chine se tiennent malheureusement aux côtés du régime. Mais n’oublions pas que le soutien des Russes et des Chinois au régime des mollahs est une opportunité créée par des années de complaisance de l’occident avec ces mêmes mollahs.

La formation d’un consensus international en Iran dépend d’une politique de fermeté menée par les Etats-Unis et l’Europe. Tant que l’occident envoie un signal de « business as usual » à Téhéran en gardant l’OMPI sur la liste du terrorisme, tant que l’ingérence du régime en Irak reste ignorée, tant que les agents des mollahs se voient accorder une place à la direction politique de l’Irak et tant qu’il est fait silence sur les violations flagrantes des droits de l’homme en Iran, la communauté internationale restera divisée.

C’est pourquoi nous insistons sur les demandes suivantes :

– La communauté internationale doit imposer des sanctions au régime religieux.
– Ce régime est l’ennemi du peuple iranien et doit être expulsé de la communauté des nations.
– Les dirigeants de ce régime doivent être traduits en justice pour leurs crimes contre l’humanité, y compris le massacre de 30.000 prisonniers politiques.
– Il faut supprimer le nom de l’OMPI des listes du terrorisme. Il faut reconnaître la résistance du peuple iranien.