jeudi, décembre 8, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceIran-Radjavi : Ni le compromis, ni la guerre, mais un changement démocratique

Iran-Radjavi : Ni le compromis, ni la guerre, mais un changement démocratique

Iran-Radjavi : Ni le compromis, ni la guerre, mais un changement démocratiqueCNRI – Lors d’une conférence de presse Le 31 janvier dans sa résidence à Auvers-sur-Oise, la Présidente de la République élue de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a évoqué la situation en Iran. Elle s’est penchée sur les graves dangers que posent le programme d’armes nucléaires du régime des mollahs et son ingérence en Irak. Voici le texte de son intervention :

Je tiens à remercier chaleureusement Lord Russel Johnston, les sénateurs Jean-Pierre Michel et Patrick van Krunkelsven ainsi que M. Paolo Casaca d’être venus. Je vous remercie à tous pour votre présence et je vous souhaite la bienvenue.

Je vais évoquer brièvement la situation critique de notre pays, à la veille de la réunion de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Aujourd’hui, dans une lettre aux dirigeants de l’Union européenne, ainsi qu’aux membres permanents du Conseil de sécurité, tout en me félicitant de leur position sur la nécessité d’envoyer le dossier des mollahs au Conseil de Sécurité,  j’ai écrit que les pays occidentaux pour s’attirer les faveurs des mollahs et réformer le régime, ont fait du peuple iranien et de sa résistance, un bouc émissaire. Je leur ai dit que, les réformes sont dans une impasse et les mollahs sur le point d’avoir la bombe. Il est temps maintenant d’adopter une nouvelle politique en faveur du peuple iranien et de sa résistance, et de soutenir un changement démocratique en Iran.

En un mot, en faisant monter au pouvoir Ahmadinejad, le régime iranien a fait un choix stratégique : Garantir la survie des mollahs en obtenant l’arme nucléaire, en dévorant l’Irak et en manifestant son hostilité au processus de paix dans la région. Ce régime n’a pas de choix intermédiaire : s’il recule d’un pas, il va vers sa chute.

On peut se poser les questions suivantes sur le cœur du problème: Peut-on encore empêcher les mollahs d’obtenir la bombe atomique et éviter une autre guerre dans cette région ? Après vingt ans de complaisance avec ce régime, est-il encore possible de ne pas répéter l’expérience de Munich des années 30 ? Ma réponse est oui, avec un changement démocratique en Iran.

La communauté internationale, se trouve devant un choix délicat : Continuer le compromis avec les mollahs et aboutir à la guerre, ou la fermeté pour écarter les obstacles au changement.

En juillet dernier, la Résistance iranienne avait annoncé qu’avec l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, Khameneï allait accentuer la répression en Iran et déclarer la guerre à la communauté internationale. Aujourd’hui, le régime a mis tous ses moyens au service de cette guerre. Il a créé un front de mouvements intégristes dans la région. Son objectif est de faire face au changement.

Le peuple iranien, qui veut à plus de 90% un changement de régime, contrairement à ce que le lobby des mollahs veut faire croire, n’a jamais été favorable au programme nucléaire dans lequel la dictature religieuse dépense les richesses de la nation. Surtout quand les chiffres officiels parlent de plus de 80% de la population sous le seuil de pauvreté. C’est en s’appuyant sur cette volonté du peuple, que la Résistance iranienne a dénoncé les projets nucléaires des mollahs pour les empêcher d’obtenir l’arme atomique.

En été 2002, en révélant les principaux sites et les projets d’enrichissement d’uranium et de production de plutonium, le CNRI a informé le monde d’un projet dangereux, gardé secret pendant 18 ans. Mais la communauté internationale a tardé trois ans et demi à envoyer ce dossier au Conseil de sécurité. Ce régime est donc plus proche que jamais de la bombe.

Pendant ce temps, les mollahs ont achevé les travaux sur le site nucléaire d’Ispahan et à l’usine de production d’eau lourde d’Arak qui en était alors dans sa première phase. Dès la fin de l’année prochaine, elle pourra produire du plutonium qui peut servir à la fabrication de la bombe. A Natanz, ils ont de quoi installer 5000 centrifugeuse et ont fabriqué ce même nombre d’appareils. Ils ont également produit et stocké des missiles de 1500 à 2000 km de portée capables de transporter des ogives nucléaires. 18 années de dissimulation et trois ans et demi de négociations et de manœuvres des mollahs entre les Etats-Unis et l’Europe et ensuite entre l’Europe et la Russie, ont mis suffisamment en danger le monde entier.

Il ne reste plus de temps. Je lance un avertissement : Soit le conseil de sécurité agit rapidement, soit les mollahs obtiennent la bombe.

L’ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale des mollahs a reconnu en juillet dernier que dans le processus des négociations « nous avons obtenu de grands acquis dans le domaine technologique, juridique, politique, de communication et de sécurité nationale. Nous avons réussi à rattraper notre retard dans notre projet nucléaire (…) Cette crise nucléaire remonte au mois d’août 2002 quand les Moudjahidine du peuple ont dit que l’Iran était en train de fabriquer la bombe atomique dans trois centres clandestins du pays (…) A cette époque l’enrichissement se faisait en laboratoire ; nous faisions les premiers pas à Arak (…) En apparence, nous avions accepté la suspension de nos activités, mais en réalité nous avons pu combler la plupart de nos lacunes (…) Nous n’avons jamais suspendu les activités dans les installations d’Ispahan. Arak non plus n’a jamais été suspendu (…) nous avons ainsi retardé la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU pour au moins deux ans (…) nous avons obtenu les plus grandes concessions dans le domaine de la sécurité (…) Dans l’accord de Paris, l’Iran et l’Europe s’engagent à coopérer dans la lutte contre le terrorisme  » (Interview au quotidien officiel Keyhan du 23 juillet 2005)

L’offre officielle de la Troïka européenne aux mollahs dans un document révélé pour la première fois en octobre 2004, proposait la suspension du programme nucléaire en échange du maintien des Moudjahidine du peuple d’Iran sur la liste des organisations terroristes. C’est la plus grande concession faite aux mollahs pour leur éviter un changement. Cela revient aussi à participer à la répression du peuple iranien.

Ils ont fait cette concession alors que tous les jours, dans mon pays, il y a des scènes terribles de pendaisons publiques, notamment de jeunes de moins de18ans. Les femmes et les jeunes filles sont victimes de la répression, de la discrimination et de l’humiliation les plus dures. Les bandes liées au pouvoir font du trafic de femmes et de filles vers les pays voisins. Les réseaux de drogue dépendant des mollahs ravagent une grande partie de notre société. Les minorités religieuses et ethniques sont plus réprimées que jamais.

Mais une menace encore plus importante, que le projet nucléaire des mollahs, c’est leur ingérence à grande échelle en Irak, qui est éclipsée par le dossier  atomique. Cette ingérence des mollahs a été jusqu’à créer des centres de détention et de torture dans ce pays et à contrôler un grand nombre de ministères.

Les mollahs considèrent l’Irak comme un tremplin pour dominer tout le Moyen-Orient. Aujourd’hui la dictature religieuse utilise sa position en Irak pour faire reculer les pays occidentaux sur le nucléaire. Cette avancée en Irak a encouragé le régime à reprendre le slogan démagogique appelant à éliminer Israël. Il a aussi repris le slogan de la prise de Jérusalem en passant par Karbala qui a été le mot d’ordre de la guerre contre l’Irak pendant des années. La démocratie en Irak et la paix au Proche-Orient sont dangereuses pour les mollahs ; c’est pourquoi ils font tout pour s’y opposer.

Le monde aujourd’hui est à la recherche d’une solution. Certains font croire que l’alternative au compromis, c’est la guerre étrangère et qu’il faut accepter la réalité des mollahs avec l’arme atomique. C’est ce que diffuse à l’étranger le lobby du régime qui défend des intérêts économiques importants. Cependant, d’autres pensent que la seule solution, c’est une guerre ou une intervention militaire étrangère.

Je ne suis d’accord ni avec l’un, ni avec l’autre. La guerre n’est pas l’alternative de la complaisance, c’est sa suite logique.

Huit ans de concessions occidentales à ce régime pour renforcer Khatami, ont permis à Khameneï de faire monter les bandes les plus fascistes à la tête de l’Etat. Il a écarté tous les obstacles pour obtenir l’arme atomique et s’emparer de l’Irak. Après avoir amené à la présidence Ahmadinejad, Khameneï a augmenté le pouvoir du conseil suprême de sécurité nationale en lui ajoutant sept nouvelles sous-directions, qui en plus du pouvoir de décision, lui donnent aussi un rôle exécutif. Il en a confié la direction aux pasdarans, les gardiens de la révolution. Ce conseil, qui se réunissait auparavant une fois tous les quinze jours, se réunit désormais deux fois par semaine. Le secrétaire de ce conseil est un ancien général du corps des gardiens de la révolution, Ali Laridjani, dont le rôle en politique étrangère est plus important que celui du ministre des affaires étrangères.

Le secrétaire exécutif est aussi un général des pasdarans qui a dirigé de nombreux attentats terroristes à l’étranger. Les sous-directions stratégique, politique, de la sécurité interne et de la défense sont également dirigées par des généraux des pasdarans. Le patron de la branche stratégique était auparavant vice-ministre de la défense et responsable direct des projets atomiques et des armes de destruction massive. De nombreuses réunions sont présidées par Khamenei. C’est lui qui prend la décision finale sur les projets atomiques et sur l’Irak. Il s’agit des préparatifs du régime pour faire avancer sa politique.

Malgré tout, on peut encore éviter une grande catastrophe. Il faut saisir la dernière occasion. Je pense qu’il y a une troisième voie, et c’est un changement démocratique en Iran par le peuple et sa Résistance.  

Malgré la répression sauvage, les manifestations et les grèves se multiplient à travers le pays. Il y a eu au mois dernier 730 mouvements de protestation en Iran. L’aspiration au changement de la société iranienne se reflète dans la résistance organisée qui a payé un lourd tribut pour la liberté avec 120 000 martyrs.

Pour un changement en Iran, nous ne demandons aux Etats occidentaux ni armes ni argent : mais qu’ils arrêtent les concessions aux mollahs, qu’ils coupent la manne des pétrodollars aux mollahs, qu’ils brisent le silence et arrêtent l’inaction devant les violations des droits de l’homme et le terrorisme des mollahs, qu’ils suppriment le nom de l’OMPI des listes du terrorisme et qu’ils lèvent les restrictions injustes imposées à la Résistance ; alors un changement sera à portée de la main.

La Résistance présente une alternative pluraliste et a démontré son potentiel pour créer un changement, avec un vaste réseau dans la société iranienne et un accès aux plus grands secrets de son ennemi. C’est pourquoi, dans leurs marchandages avec les autres pays, les mollahs exigent des pressions sur la Résistance, qu’elle soit taxée de terrorisme et de secte, et que les Moudjahidine du peuple soient expulsés d’Irak et extradés en Iran.

Les Moudjahidine du peuple, la force axiale du CNRI, prônent une interprétation démocratique et tolérante de l’islam. Dans une pétition signée l’année dernière par 2, 8 millions d’Irakiens, on peut lire : « Les Moudjahidine du peuple sont l’antithèse et un barrage politique et culturel important devant l’infiltration intégriste et sont la force la plus efficace pour contrebalancer les visées expansionnistes du régime iranien ».

C’est la politique des Etats occidentaux contre ce mouvement, qui a largement contribué au développement des courants intégristes dans la région. En paralysant les Moudjahidine du peuple qui défendent une vision démocratique de l’islam, cela a permis aux courants intégristes d’occuper le devant de la scène.

Le Conseil national de la Résistance iranienne constitue une coalition de forces démocratiques qui demandent une république basée sur la séparation de la religion et de l’Etat. Nous avons appelé à plusieurs reprises à des élections libres sous l’égide de l’ONU. Ce que les mollahs n’ont jamais accepté. Le CNRI s’engage, dans un délai maximum de 6 mois après le renversement du régime, à organiser des élections libres pour une assemblée constituante et législative, et à confier la gestion du pouvoir aux élus du peuple.

Nous voulons un Iran pacifique, sans armes de destruction massive et nous chercherons à reconstruire notre pays détruit par les mollahs en développant la coopération avec les différents pays du monde.

Permettez moi de souligner à nouveau que les mollahs ont poussé la région au bord du gouffre. La communauté des nations se trouvent devant un choix : Le compromis avec les mollahs et la guerre ou la fermeté et la paix.

La résistance iranienne pense que les premiers pas nécessaires pour la communauté internationale sont les suivants :

1- La saisie sans délai du dossier nucléaire par le Conseil de sécurité de l’ONU..
2- Un embargo en armes, en pétrole, technologique et diplomatique contre la dictature religieuse de Téhéran.
3- Le jugement des dirigeants du régime des mollahs par un tribunal international pour leurs attentats terroristes à l’étranger et leurs crimes contre le peuple iranien.
4- Le retrait de l’étiquette injuste de terroriste de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et le soutien au CNRI en tant que résistance légitime du peuple iranien.

Je vous remercie et je suis prête à répondre à vos questions.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe