vendredi, décembre 9, 2022
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Iran-Radjavi: Le rôle clé des femmes contre l’intégrisme et son alliée, la politique de complaisance

CNRI – « La grande tromperie des mollahs repose sur le fait qu’ils font passer le soutien à la paix comme la défense de leur régime. Avec leurs alliés, ils disent qu’il faut soutenir leur régime, sinon la guerre éclatera. Je vous demande à toutes en Europe et en Amérique, vous qui oeuvrez au développement du mouvement de la paix, d’agir et ne pas permettre au régime des mollahs de récupérer le résultat de votre lutte pour se maintenir au pouvoir. Avec chaque slogan pour la paix, il faut crier : non à la bombe atomique des mollahs ! », s’est exclamée Maryam Radjavi, lors d’une conférence internationale célébrant la Journée internationale des femmes à Paris, au Palais des Congrès, le samedi 3 mars.

CNRI – « La grande tromperie des mollahs repose sur le fait qu’ils font passer le soutien à la paix comme la défense de leur régime. Avec leurs alliés, ils disent qu’il faut soutenir leur régime, sinon la guerre éclatera. Je vous demande à toutes en Europe et en Amérique, vous qui oeuvrez au développement du mouvement de la paix, d’agir et ne pas permettre au régime des mollahs de récupérer le résultat de votre lutte pour se maintenir au pouvoir. Avec chaque slogan pour la paix, il faut crier : non à la bombe atomique des mollahs ! », s’est exclamée Maryam Radjavi, lors d’une conférence internationale célébrant la Journée internationale des femmes à Paris, au Palais des Congrès, le samedi 3 mars.

La conférence organisée par la Fédération internationale des femmes contre l’intégrisme et pour l’égalité (WAFE), avait aussi convié des personnalités politiques venant d’Italie, de Norvège, d’Allemagne, d’Espagne, des Etats-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne, d’Algérie et de la Résistance iranienne.

Voici le texte de l’intervention de Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne.

Mes Chères Sœurs,
Chères Amies,

Je vous adresse mes salutations à toutes et à tous et à l’ensemble des activistes du mouvement pour l’égalité en cette Journée internationale des femmes.

En cette journée qui rappelle l’horizon brillant de l’égalité, je salue toutes les femmes qui luttent pour atteindre cet objectif et je n’oublie pas toutes les femmes victimes de l’oppression, de la discrimination et de la violence.

En cette journée, nous célébrons ces femmes remarquables que furent Clara Zetkin et Olympe de Gouges qui chacune à leur époque ont franchi des pas de géant pour faire avancer cet idéal.

Nous honorons la mémoire de Fatemeh Amini, Marzieh Ahmadi Oskouï, Mehrnouch Ebrahimi et d’autres femmes courageuses qui ont donné leur vie dans la lutte contre la dictature du chah.

Nous rendons hommage à Achraf Radjavi abattue il y a 25 ans par les balles des gardiens de la révolution et dont le nom inspire aujourd’hui la grande persévérance qui caractérise le centre de la Résistance iranienne.

Nous saluons la mémoire de milliers de femmes héroïques qui en 25 ans de lutte contre l’intégrisme au pouvoir en Iran ont été exécutées ou assassinées sous la torture.

Nous saluons les femmes courageuses de Téhéran qui l’an dernier à deux reprises les 8 mars et 12 juin ont fait fi de la répression sauvage des mollahs pour manifester avec courage dans le cœur de la capitale en scandant que leur cri est celui de la liberté, qu’il est la révolte de la conscience.

Nous rendons particulièrement hommage aux femmes courageuses qui aujourd’hui même au centre de Téhéran ont manifesté contre la répression et l’oppression imposée par le gouvernement d’Ahmadinejad. Et 15.000 enseignants, parmi lesquels un grand nombre de nos sœurs, sont allés crier leur colère et leur rejet de la dictature religieuse face au parlement des mollahs. Ils ont annoncé aux dirigeants du régime qu’ils n’arriveraient à rien en tuant et en coupant les langues.

Nous célébrons nos sœurs qui souffrent un enfer en Irak, particulièrement les Irakiennes courageuses qui ont joué un rôle spécial dans la campagne de publication de la déclaration de 5,2 millions d’Irakiens contre l’ingérence du régime de Téhéran dans leur pays.

Et nous saluons la ténacité de ces mille femmes d’avant-garde de la résistance iranienne à la Cité d’Achraf en Irak face à la dictature religieuse et qui dirigent la lutte pour la liberté et l’égalité.

Chères Amies,

En cette Journée internationale des Femmes, nous nous sommes réunies pour dire que l’égalité est un droit des femmes. Nous sommes venues dire au monde que nous avons de nombreux devoirs  qui vont au-delà des droits des femmes pour lesquels nous devons nous engager, sinon la paix, la sécurité et la démocratie dans le monde seront menacés.

Le 8 mars, les regards se tournent vers les femmes pour savoir quels acquis elles ont obtenus et quels sont les devoirs qui les attendent.

Je pense que le mouvement des femmes a parcouru un long chemin. Le mouvement pour l’égalité a réussi jusqu’à la fin des années 1920 à imposer le droit de vote des femmes. Ce mouvement a franchi de grands pas jusqu’à la fin des années 1960 en faveur de l’égalité des droits. Et vers la fin du siècle, il a lutté contre les obstacles posés devant la liberté et l’égalité des femmes dans divers domaines.

Aujourd’hui, quel objectif doit se fixer le mouvement pour l’égalité ?

Voyons dans un premier temps pourquoi il est nécessaire de se poser cette question.

Les grands bouleversements dans le monde ont ouvert au mouvement de l’égalité autant d’opportunités que de menaces. L’opportunité de jouer un rôle dans l’avenir du monde et la menace de voir régresser ce mouvement dans une position  de lanterne rouge.

La question essentielle est de savoir quelle est la position que recherche ce mouvement ? Est-ce que nous voulons nous contenter de cas particuliers de participation de femmes au pouvoir et nous satisfaire de la situation actuelle ? Est-ce que nous voulons nous contenter de quelques réformes dans le domaine des femmes ? Non !

Une observation détaillée de la situation actuelle dans le monde nous appelle à adopter une autre stratégie : il faut nous éloigner complètement de cette voie et assumer notre rôle dans les changements à apporter au monde.

Cette stratégie signifie participer de manière active dans la lutte politique pour écarter les obstacles à l’égalité et à la liberté.

Le mouvement pour l’égalité ne doit pas se limiter au cadre de ses objectifs actuels. Car ce n’est qu’avec des avancées permanentes vers des objectifs supérieurs qu’il pourra conquérir la liberté. Simone de Beauvoir a donné tellement d’importance à cette vérité dans « Le deuxième sexe » qu’elle souligne qu’à chaque fois que dans l’évolution on s’enferme dans le statu quo, on aboutit à une chute.

Par conséquent, même si dans le sillage de leur lutte au siècle passé, les femmes ont obtenu de très nombreux acquis, dans ce domaine, cependant rien n’est permanent. Aucun progrès social n’est définitif même quand il est consacré par une loi, car dans le monde entier c’est encore la discrimination et l’oppression qui prévaut contre les femmes.

L’histoire nous a appris que ceux qui détiennent le pouvoir, où que ce soit, n’ont jamais abandonné de plein gré leurs privilèges. De même, ils ne considèrent pas d’un bon œil les avantages et le statut actuel des femmes.

Chères Amies,

Jusque là nous sommes tous d’accord que l’entrée des femmes dans le domaine de la lutte politique active est indispensable.

La question qui se pose est de savoir quelle direction doit prendre la lutte des femmes ? Faut-il développer la campagne actuelle pour les droits professionnels, contre la violence, contre le trafic sexuel des femmes et des enfants ? Faut-il développer  la campagne pour l’avortement et la défense des droits des femmes opprimées ? Ou il y a-t-il un autre objectif ?

Ces campagnes ont une très grande valeur et il faut en cette journée des femmes rendre hommage à toutes leurs militantes.

Mais la situation actuelle, l’effusion de sang, les explosions, la peur, les viols et la misère qui s’abattent sur la population du Moyen-Orient, appelle le mouvement pour l’égalité à une lutte sur tous les fronts.

Aujourd’hui le Moyen-Orient est dévoré par le feu de l’intégrisme. Le danger de ce fléau s’est étendu bien plus loin en Afrique et en Asie, et on voit même ici et là les populations des pays occidentaux menacées. Il s’agit d’un fléau si épouvantable qu’il ne laisse aucun choix. Soit il faut s’y soumettre et sacrifier les acquis de l’humanité, en particulier les acquis du mouvement pour l’égalité et la justice, soit il faut le combattre de toutes ses forces.

La question qui vient ici à l’esprit est la suivante : Alors que l’intégrisme prend pour cible les libertés et les droits des femmes dans les pays de culture islamique, comment les femmes vivant dans le reste du monde, comme en Europe ou en Amérique, peuvent-elles ne pas en ressentir les effets ?

J’avancerai trois raisons dans ma réponse :

La première raison : C’est le patriarcat dans le monde qui profite des dégâts engendrées par l’intégrisme dans les sociétés musulmanes, spécialement contre les femmes.

Il y a trente ans, Susan Brown Miller, une féministe américaine de premier plan, a reconnu une importante réalité sur la violence et le viol. Elle était convaincue que les conséquences de chaque violence et de chaque viol commis contre une femme renforcent le pouvoir de l’ensemble des hommes de la société dans laquelle existe cette violence sans qu’ils y aient participé. Et de leurs côtés, les femmes qui n’ont pas été la cible de cette violence, en sont terrifiées. A mes yeux, il s’agit d’une règle importante qui nous permet de comprendre les effets de l’intégrisme qui font reculer le mouvement pour l’égalité des femmes dans le monde entier.

La deuxième raison : Dans les communautés musulmanes des pays occidentaux, l’intégrisme est un phénomène nouveau qui s’est transformé en défi ces dernières années et qui ne cesse de s’amplifier.

Quant à la troisième raison, c’est la menace de voir se répandre le feu du terrorisme et le danger d’une guerre atomique dans le monde.

Les attentats criminels à travers le monde qui ont tué de nombreux innocents, sont les conséquences du brasier qui ravage aujourd’hui le Moyen-Orient.

Le jour où les mollahs seront équipés de missiles de longue portée et de la bombe atomique, ils parachèveront leur domination du Moyen-Orient, et ce jour-là, les flammes de ce fléau atteindront aussi l’Europe.
Chères Amies,

Permettez-moi de tirer deux conclusions importantes :

Tout d’abord, l’engagement des femmes au cœur de la lutte politique pour écarter les obstacles à l’égalité est une nécessité incontournable.

Ensuite, dans la situation actuelle, l’objet de ce combat revient à résister à la vague intégriste qui déferle aujourd’hui sur le Moyen-Orient.

Avec cette introduction, je voudrais  répondre à cette question essentielle de savoir si le mouvement pour l’égalité a fait ce qu’il devait faire dans la lutte contre l’intégrisme ? A-t-il assumé son rôle d’avant-garde dans ce domaine ?

Je vais à présent aborder les divers domaines de l’offensive de l’intégrisme auxquels correspondent les divers aspects de la lutte actuelle. Il s’agit de :
– La répression en Iran, particulièrement des femmes
– La course aux armes atomiques
– La domination de l’Irak et la propagation de la guerre dans le reste des pays musulmans.
– Et enfin la politique de complaisance de l’occident en tant qu’allié objectif de l’intégrisme.

Il est bon de voir d’abord quelles horreurs ont été commises contre les femmes dans les pays gouvernés par les intégristes.

En fait, jusqu’à présent, le monde n’a pris conscience que d’une infime parcelle de la tragédie que vivent les femmes en Iran. Vous savez que la misogynie est la caractéristique de l’intégrisme au pouvoir en Iran.

Personne au monde ne ressent aussi profondément cette caractéristique que les femmes en Iran. Le pouvoir des mollahs a fait de l’ensemble des droits, des libertés, de la culture, de la famille et de la vie privée des femmes, un immense monceau de ruines :

– Des milliers de femmes ont été exécutées, un chiffre sans précédent dans le monde.
– Des dizaines de milliers d’autres femmes ont été torturées dans les prisons politiques
– Des femmes enceintes ont été fusillées, des mères torturées devant leurs enfants
– Le statut social et économique des femmes qui rétrogradent au niveau de citoyen de deuxième zone
– L’instauration d’un apartheid sexuel.
– Le contrôle des allées et venues des femmes dans les rues.
– La mise en place d’un code vestimentaire, le contrôle de la forme et de la couleur des vêtements.
– Des visages lacérés au rasoir ou brûlés à l’acide à cause de la forme des vêtements
– L’oppression systématique des femmes dans les prisons
– Les femmes privées du droit de divorcer et de la tutelle des enfants
– La légalisation de déviations comme la polygamie et le mariage temporaire que les mollahs ont enveloppé dans une loi religieuse honteuse en guise de justification.
– Des châtiments moyenâgeux et cruels comme la lapidation dont les principales victimes sont les femmes.
– L’inégalité et la discrimination dans l’économie, la vie professionnelle et les études.
– Une misère noire qui pousse des familles à vendre leurs fillettes ou les organes de leurs corps  et leur trafic vers l’étranger par des bandes criminelles du régime des mollahs, et ça dans un pays aussi riche que l’Iran.

Il s’agit là d’une partie de la tragédie des femmes en Iran sous le régime intégriste des mollahs.

Je dois souligner que cela se passe dans des conditions où le mouvement de résistance iranien existe et combat sans répit ce régime. Imaginez si cette résistance n’existait pas, qu’aurait fait l’intégrisme au pouvoir aux femmes et aux jeunes de ce pays.

Chères Amies,

Lutter pour mettre fin à l’obscurantisme qui dure depuis 28 ans  concerne le mouvement pour l’égalité dans le monde entier.

La question est de savoir si le mouvement pour l’égalité a fait tout ce qu’il devait faire dans la lutte contre l’intégrisme ? A-t-il joué son rôle d’avant-garde ?

Je souhaiterais dire ici à toutes mes sœurs en Iran que même si les souffrances de l’inégalité, du mépris et de l’humiliation vous écrasent, même si les mollahs ont piétiné vos droits et vos libertés personnelles, sociales et familiales et cherchent à vous ôter toute identité humaine, il existe en vous une puissance insoupçonnée qui fait de la femme iranienne la force qui renversera le régime des mollahs.

Quand vous vous révoltez au cœur de Téhéran, quand dans chaque rassemblement vous dénoncez la démagogie atomique des mollahs, que vous criez que le programme atomique est un instrument de pouvoir du guide suprême, et quand vous dites que la liberté et un minimum de pain sont le droit absolu des Iraniens, vous faites trembler le pouvoir des mollahs.

C’est votre volonté qui permettra au peuple iranien d’obtenir ses revendications et c’est vous qui êtes l’avenir de l’Iran.

L’hostilité des mollahs et leurs crimes à votre encontre viennent de ce qu’ils ont peur de vous. La société iranienne est débordante de revendications et assoiffée de changement. La force du changement en Iran est concentrée en vous. La défaite sans appel de l’intégrisme viendra de vous et vous êtes l’avenir de l’Iran.

Un millier de femmes Moudjahidine du peuple à la Cité d’Achraf sont issues de vous. Elles incarnent votre volonté d’égalité et de liberté et elles ont prouvé que vous êtes l’avenir de l’Iran.

Je vous rends hommage à vous et à tous les hommes épris de liberté qui vous accompagnent dans ce combat.

Chères Amies,

La question importante porte sur le danger nucléaire immédiat du régime iranien.

Vous savez que le régime des mollahs est en train de fabriquer à grande vitesse une bombe atomique. 

C’est un pouvoir intégriste qui se maintient en place grâce au bellicisme et à l’exportation du terrorisme ; le jour où ce régime mettra la main sur la bombe atomique, sera le jour où commencera une guerre que nul ne pourra contrôler.

Nous traversons des moments critiques et un état d’urgence. Fermez les yeux quelques instants et transposez vous en 1938 à la veille de la seconde guerre mondiale. Imaginez que nous savions quelle tragédie se préparait. Est-ce qu’à ce moment nous aurions reculé devant le moindre sacrifice et le moindre effort pour empêcher que cette guerre n’éclate ? Bien sûr que non.

Tout le monde sait que le régime des mollahs et son président Ahmadinejad, sont une source de bellicisme, mais alors que ce régime prépare une bombe atomique et s’ingère en Irak en y commettant des crimes, il se présente comme défenseur de la paix. Ici encore nous saisissons l’importance du mouvement des femmes. Elles sont le fer de lance du mouvement en faveur de la paix. Vous avez la force dans les campagnes internationales d’empêcher les mollahs de se doter de la bombe atomique et d’exiger de vos gouvernements de ne pas se tenir aux cotés des intégristes au pouvoir en Iran.

La grande tromperie des mollahs repose sur le fait qu’ils font passer le soutien à la paix comme la défense de leur régime. Avec leurs alliés, ils disent qu’il faut soutenir leur régime, sinon la guerre éclatera.

A l’opposé, la Résistance iranienne a annoncé la troisième voie. C’est-à-dire ni la complaisance, ni l’intervention militaire étrangère, mais un changement démocratique opéré par les Iraniens et leur résistance. C’est exactement la solution qui correspond aux objectifs du mouvement pour l’égalité et c’est pourquoi les femmes y jouent un rôle déterminant.

J’appelle tous les mouvements de défense de la paix et des droits humains et particulièrement les militantes du mouvement de l’égalité à soutenir cette solution.

Je vous demande à vous et à toutes mes sœurs en Europe et en Amérique qui oeuvrent au développement du mouvement de la paix, d’agir et ne pas permettre au régime des mollahs de récupérer le résultat de votre lutte pour se maintenir au pouvoir. Avec chaque slogan pour la paix, il faut crier : non à la bombe atomique des mollahs.

Je vous demande de vous opposer avec le mouvement pour la paix à la course aux armes atomiques du régime des mollahs.

Toutes ensemble, nous pouvons empêcher la guerre et le bain de sang au Moyen-Orient et en même temps stopper la dictature sauvage au pouvoir en Iran.

Chers Amies,

Je voudrais également aborder ici l’Irak ravagé pour lequel des millions de cœurs dans le monde souffrent en voyant ce qui s’y passe. Le monde est confronté aujourd’hui à l’expérience douloureuse de l’Irak. Là aussi les forces de la coalition ont adopté la politique de complaisance. A la demande de Téhéran, elles ont bombardé les centres de l’opposition iranienne. Par contre, elles ont ouvert toutes les voies pour l’infiltration des mollahs en Irak. On peut voir les terribles résultats de cette politique dans les explosions qui déchirent quotidiennement ce pays. La majeure partie des 650.000 Irakiens qui ont perdu la vie ces quatre dernières années, ont été assassinés par les escadrons de la mort des mollahs. Les partis démocratiques irakiens et même les insurgés qui luttent contre les Américains disent aujourd’hui clairement que le principal occupant c’est le régime des mollahs.

Je voudrais en particulier attirer votre attention sur la situation tragique des femmes. Des milliers de lycéennes et d’étudiantes ont dû abandonner leurs études à cause des menaces et des agressions des agents du régime iranien. Les écoles de filles ont toutes fermé. Une immense partie des femmes ont été réduite à la misère et à l’errance ; et les viols collectifs des Irakiennes par les miliciens qui reçoivent un salaire des mollahs, dont un exemple a été révélé le 19 février, interpellent la conscience de la communauté internationale.

Chères Amies,

Face à la situation des femmes en Irak, on se retrouve devant la même question fondamentale : est-ce que le mouvement pour l’égalité a fait ce qu’il devait dans la lutte contre l’intégrisme ?  Est-ce qu’il a assumé son rôle d’avant-garde ? Malheureusement non.

Je voudrais attirer  l’attention du mouvement pour l’égalité dans le monde et particulièrement les femmes éprises de liberté sur un grand obstacle sur la voie du changement démocratique ; il s’agit de la politique de complaisance.

Tout d’abord, voyons comment cette politique bloque la voie du mouvement pour la liberté en Iran et du mouvement pour l’égalité.

Le sujet peut se définir simplement de la sorte : enchaîner des mouvements épris de démocratie en les inscrivant sur les listes du terrorisme.

Les gouvernements occidentaux ont inscrit le mouvement d’opposition iranien sur leurs listes du terrorisme. Nous avons lutté pendant des années contre cette décision du Conseil des ministres de l’Union européenne. Cette accusation était totalement injuste et visait le principal mouvement de l’opposition. Nous avons formé un grand mouvement politique, social et juridique pour lutter contre cette décision.

Ce combat de plusieurs années a abouti à une victoire historique. En décembre dernier, le Tribunal de Première instance des communautés européennes a annulé l’accusation de terrorisme portée à l’encontre des Moudjahidine du peuple. Mais à la grande surprise de tous, le Conseil des ministres de l’Union européenne a passé outre ce jugement pour satisfaire le régime des mollahs.

Par conséquent, nous avons en face de nous un obstacle qui s’appelle la politique de complaisance. Je voudrais vous donner une idée de ce que ça a signifié dans la pratique ces dernières années dans la politique occidentale.

La politique de complaisance a donné lieu à quatre conséquences :
– Premièrement, participer à la répression de l’opposition et empêcher l’avènement d’un changement en Iran.
– Deuxièmement, ouvrir la voie au développement de l’intégrisme et du terrorisme.
– Troisièmement, créer une occasion politique pour permettre aux  ayatollahs de s’équiper de la bombe atomique.
– Quatrièmement, violer la loi, violer la démocratie et piétiner la justice dans les pays occidentaux.

En raison de ces quatre conséquences, je voudrais expliquer  à présent pourquoi la lutte contre la politique de complaisance est à l’ordre du jour du mouvement de l’égalité, car la lutte des Iraniennes pour la liberté et l’égalité se heurte à chaque pas à cette politique qui soutient le fascisme religieux.

Si dans un passé lointain, on trouvait peu de femmes dans les luttes pour la liberté et l’égalité, aujourd’hui un millier de femmes courageuses et dévouées dirigent un mouvement d’avant-garde dotés de nobles objectifs, au cœur même du face à face avec la dictature religieuse au pouvoir en Iran et les intégristes qu’elle soutient.

Ces femmes ont répondu à l’appel, mais la politique de  complaisance leur barre la route. Par contre cette politique ouvre le chemin au régime des mollahs tout en assiégeant la Cité d’Achraf qu’elle va prendre sous le feu d’une série de pressions et de complots. Ces femmes sont aujourd’hui menacées d’expulsion, de marchandage et de toute formes de sanctions.

Nous avons besoin d’un mouvement qui se forme à travers le monde et qui en soutenant le pilier central de la lutte pour la liberté et l’égalité, soit porteur d’un message nouveau dans ce domaine.

Nous sommes en droit d’attendre que lorsque les Iraniennes luttent contre le fascisme religieux, vous les femmes éprises de liberté dans les pays occidentaux luttiez contre cette politique de complaisance et les politiciens qui soutiennent le despotisme religieux en Iran.

C’est un devoir humain, de conscience et émancipateur, parce que des instances comme le Conseil des ministres de l’Union européenne qui mènent cette politique, sont directement responsables du renforcement de la dictature religieuse en Iran et du développement du terrorisme et de l’intégrisme.

Ils disent officiellement que pour satisfaire les demandes du régime iranien, ils ont placé le nom du mouvement de l’opposition sur la liste du terrorisme. Quand ils ignorent la justice européenne pour continuer d’inscrire  illégalement cette opposition et quand ils interdisent la liberté d’expression à ce mouvement dans les capitales européennes, ce sont les valeurs et la volonté des intégristes qui gouvernent.

Face à une injustice aussi flagrante, qui se moque des valeurs de l’Europe, le mouvement de l’égalité a-t-il fait ce qu’il devait pour lutter contre l’intégrisme ? A-t-il joué son rôle d’avant-garde ?

Par conséquent j’appelle mes sœurs ici présentes et les militantes du mouvement pour l’égalité dans le monde à ne pas permettre que les valeurs fondamentales européennes sur lesquelles sont fondées vos sociétés, soient piétinées par des marchandages qui renforcent les mollahs.

Venez, mains dans la main face au despotisme des gouvernements et des organes qui  piétinent les acquis de l’humanité et surtout ceux des femmes, montrons notre détermination.

Quand nous obligerons la dictature en Iran à laisser sa place à la liberté et à la démocratie et le jour où les femmes iraniennes atteindront la liberté et l’égalité, cela insufflera un formidable élan au mouvement pour l’égalité à travers le monde, particulièrement contre l’intégrisme.

Chères Amies,

Aujourd’hui, vous et nous avec nos sœurs en Irak et au Liban, en Egypte, en Somalie, en Afghanistan et dans bien d’autres pays, nous sommes menacées par un seul et même danger. Et il nous faut former un front uni face aux intégristes et aux apologistes de la complaisance. Ce n’est pas une simple question de solidarité entre sœurs avec les femmes opprimées d’Iran, d’Irak et d’autres pays de la région. Non, cela va bien plus loin. C’est de la paix et de la sécurité dans le monde dont il est question.

Les activités du mouvement des femmes n’apportent pas seulement un complément ou une aide à la bataille contre l’intégrisme, le fait est que sans le rôle d’avant-garde des femmes, on ne peut combattre cette bête immonde.

Permettez-moi ici de rendre hommage aux femmes courageuses qui durant toutes ces années ont été à l’avant-garde du front contre l’intégrisme, à Mme Elisabeth Sydney, ma chère sœur de la Fédération internationale des femmes contre l’intégrisme et pour l’égalité, et les efforts des femmes parlementaires et des associations féminines dans le monde

Le rôle d’avant-garde des femmes dans la lutte contre l’intégrisme a fait ses preuves dans l’histoire de la Résistance iranienne au cours de ce quart de siècle. Sans le rôle déterminant des femmes, notre mouvement n’aurait pas eu les moyens de se maintenir face au fascisme religieux. En fait, au fur et à mesure que la lutte contre la dictature religieuse s’est accentuée et approfondie, le rôle des femmes s’est avéré encore plus nécessaire. Le besoin de plus de ténacité, de lutte plus complexe et d’efforts redoublés, a exigé le sens des responsabilités des femmes. C’est l’impératif de notre époque. Une époque dans laquelle les solutions et les conceptions patriarcales ont touché à leur fin et qui demande des solutions qui s’appuient sur les valeurs de l’égalité.

C’est avec cette conception, qu’un millier de femmes courageuses et dévouées à la Cité d’Achraf – le centre principale de la résistance iranienne à 50 km de la frontière iranienne – font preuve de ténacité face au régime des mollahs.

La Cité d’Achraf qui a résisté à quatre années de terribles épreuves est dirigée par des femmes héroïques comme Mojgan Parsa’i, Sedigheh Hosseini et des centaines de femmes responsables. Cette conception dans la Résistance iranienne a été la source de multiples progrès. Chacun d’entre eux mérite un long débat.

Dans la Résistance iranienne les femmes ont pu réaliser de nombreux objectifs du mouvement pour l’égalité. On peut qualifier ces expériences de renaissance et de création d’une culture nouvelle et d’épopée humaine. Elles ont dominé l’incrédulité historique des femmes et leur instabilité. Dans leur pensée et leur pratique politique et sociale, elles ont acquis une foi dans les formidables capacités des femmes.

Elles ont repoussé la peur de l’échec et de montrer leurs faiblesses. Au lieu de s’effondrer, elles ont appris à développer la force de dominer l’échec. Au lieu du désespoir, elles ont appris à ouvrir les yeux pour découvrir les occasions et les chemins qui mènent à la victoire.

Quand elles ont expérimenté combien leur rôle indépendant et responsable était efficace dans l’avancée de la lutte contre le despotisme religieux, elles ont alors quitté le monde de l’irresponsabilité, un monde où elles étaient sous influence, où elles devaient s’appuyer sur un autre pour trouver leur crédibilité.

Elles sont entrées dans le monde de la femme responsable qui prend en main la direction d’un combat avec toutes ses conséquences. Alors, quand elles ont pris la direction des affaires et qu’elles ont dû utiliser toutes leurs forces pour atteindre leurs objectifs, elles ont constaté qu’elles devaient constamment évoluer. Elles devaient constamment apprendre et enseigner, constamment découvrir des voies nouvelles et de nouvelles méthodes.

Elles sont entrées dans un monde avec de nouvelles lois qui ne reconnaît ni l’attentisme ni l’immobilisme. Et tout arrêt signifie retour au passé. Elles sont entrées dans un monde où si elles n’affrontent pas chaque jour et chaque instant des problèmes et des difficultés, elles reviennent en arrière. C’est pourquoi elles sont passées de l’instabilité à l’assurance. Elles ont fait de la confrontation avec les difficultés un état d’esprit permanent.

Des femmes qui ont juré de ne jamais abandonner leur idéal de liberté, de démocratie et d’égalité sous aucune condition, sous aucun prétexte et sous aucun rapport de force. Elles ont juré de se battre jusqu’au bout et de payer le prix de leur lutte contre la dictature et toute forme de despotisme, quel qu’il soit, avec tout leur être, tous leurs sentiments, leurs êtres chers, parents, maris, enfants, jusqu’aux difficultés de changer de culture et même de changer l’ancien système patriarcal.

Il s’agit d’un nouveau phénomène, d’une création et d’une génération qui grâce à des milliers d’expériences a parcouru ce long chemin historique à une vitesse surprenante et a surmonté de multiples difficultés pour devenir un trésor riche d’expérience pour le peuple iranien et toute les femmes libres du monde.

Permettez-moi, contrairement à l’habitude de la Journée internationale des Femmes, de rendre hommage à une génération d’hommes dans le mouvement de la Résistance iranienne qui en ayant foi dans l’idéal de l’égalité et en s’écartant de la culture patriarcale a créé des valeurs irremplaçables. Ces hommes ont trouvé leur identité humaine authentique en considérant les femmes comme leurs égales et comme des êtres humains.

Des hommes qui, en acceptant dans la pratique l’égalité et la direction des femmes, ont multiplié considérablement leurs sens des responsabilités et ont trouvé la clé et la formule d’une évolution permanente dans la voie de l’égalité, en changeant leurs visions et leurs habitudes.

Chères Amies,

Il existe dans les femmes une immense capacité insoupçonnée pour faire changer le monde vers la liberté et l’égalité. Une capacité en évolution constante, qui mène l’humanité vers une véritable émancipation. Quand les femmes s’engagent dans cette lutte, elles voient surgir en elles une force qu’elles avaient oubliée.

Nous ne pouvons connaître notre véritable force que lorsque nous sommes engagées dans une lutte sérieuse. C’est une voie qui conduit à un statut nouveau et une renaissance. C’est sur cette voie que les femmes se libèrent de leur incrédulité destructrice. Non seulement elles découvrent qu’elles possèdent les valeurs de cette lutte, mais ce sont elles qui sont les dirigeantes et les éclaireuses de la liberté.

C’est avec cette conception que l’on peut répondre à la question essentielle : Le monde a-t-il besoin que le mouvement pour l’égalité entre dans la bataille contre l’intégrisme ? Oui, parce que les femmes constituent la première force de la lutte contre l’intégrisme. Sans la participation des femmes, le monde ne pourra vaincre ce danger qui menace l’humanité. Le cœur du problème, c’est que la défaite de l’intégrisme ne peut se réaliser que sous la direction des femmes. Oui, le mouvement pour l’égalité dans un combat actif et coordonné fait notre force et la base de notre unité.

Un mouvement qui alimente la flamme de la Résistance et qui redonne aux êtres humains la générosité de la vie. Et c’est ce mouvement qui incarne aujourd’hui la force du progrès et de la victoire et l’espoir de demain.

Par conséquent, tous ensemble levons-nous et engageons-nous dans notre responsabilité historique. C’est notre devoir. Nous en sommes capables. C’est ce qu’attendent de nous les générations d’aujourd’hui et celles de demain.

Je vous remercie.

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