dimanche, décembre 7, 2025
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Travailleurs, retraités et victimes de la fraude immobilière manifestent dans les principales villes iraniennes

Travailleurs, retraités et victimes de la fraude immobilière manifestent dans les principales villes iraniennes
Manifestation des victimes de la fraude immobilière de Pardis (8 novembre 2025)

Le 8 novembre 2025, une importante vague de manifestations a éclaté à travers l’Iran, révélant les profondes fissures d’un régime incapable de répondre aux besoins les plus élémentaires de sa population. De la capitale, Téhéran, à des villes comme Kermanshah et Yasuj, divers segments de la société – notamment des retraités de banque, des employés municipaux, des infirmières et des acheteurs de logements victimes de fraude – sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre la corruption systémique et l’effondrement économique. Les événements de cette journée brossent un tableau sombre d’un État dont les fonctions essentielles s’effondrent, ne laissant à ses citoyens d’autre recours que la protestation.

Les piliers de l’État s’effondrent
L’incapacité du régime à subvenir aux besoins de ses employés actuels et anciens était clairement visible à Téhéran, où les employés et les retraités de la Banque Mellat ont organisé une importante manifestation. Leurs slogans percutants ont résonné dans la ville, proclamant : « Assez de promesses, nos tables sont vides ! » et « Les retraités mourront plutôt que d’accepter l’humiliation ! » Cette manifestation a mis en lumière une grave crise au sein du fonds de pension des banques, un indicateur clair de l’insolvabilité financière du régime et de son abandon de ceux qui ont servi l’État pendant des décennies.

Cette crise ne se limite pas au secteur financier. À des centaines de kilomètres de là, dans l’ouest de l’Iran, les chauffeurs d’engins municipaux de Kermanshah se sont mis en grève et se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur de la province. Leur revendication était simple et accablante : ils n’avaient pas été payés depuis quatre mois. Les chauffeurs se sont interrogés sur la manière dont ils pouvaient faire confiance aux entrepreneurs pour le paiement de leurs futurs salaires, décrivant leur situation comme la conséquence d’une ville et d’une population soumises à « des années de pillage et de mauvaise gestion ».

Simultanément, à Yasuj, capitale de la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, des infirmières et du personnel médical des hôpitaux de la ville ont manifesté devant le bureau du gouverneur. Ils réclamaient des mois de primes impayées et d’autres avantages sociaux non versés, révélant que même les travailleurs essentiels du secteur de la santé sont négligés au milieu de la mauvaise gestion généralisée du régime.

Un système fondé sur la fraude
Outre son incapacité à payer ses travailleurs, la complicité du régime dans des fraudes à grande échelle a spolié les Iraniens ordinaires de leurs économies. Dans un cas particulièrement flagrant, les victimes d’une vaste escroquerie immobilière à Pardis, une ville proche de Téhéran, se sont rassemblées devant le siège du pouvoir judiciaire pour exiger justice. Ces citoyens avaient pré-acheté des logements dans un grand projet immobilier, pour découvrir que certaines unités avaient été vendues à plusieurs acheteurs tandis que d’autres n’avaient jamais été construites.

Le détail le plus accablant est le rôle direct d’une institution étatique. Les victimes ont rapporté qu’avant leur achat, une entreprise d’ingénierie gouvernementale relevant du ministère du Logement leur avait assuré que les promoteurs étaient dignes de confiance. Cette caution étatique a permis une fraude qui a ruiné environ 400 familles. Beaucoup avaient vendu leurs maisons, leurs terrains et leurs biens précieux pour payer l’acompte et sont maintenant contraints de louer un logement ou sont retournés dans leurs villages dans la pauvreté.

Ce schéma de fraude à la consommation liée à l’État s’est reproduit lors d’une autre manifestation à Téhéran le même jour. Des clients de la société Farda Motor, qui avaient pré-payé des véhicules, se sont rassemblés devant le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Mines. Ils ont accusé les responsables de mois de promesses non tenues et d’inaction, leur frustration se résumant à la déclaration : « Personne ne répond, seulement le silence et l’injustice ! »

Les événements du 8 novembre 2025 ne sont pas une simple accumulation de griefs isolés ; ils constituent une mise en accusation nationale d’un régime corrompu et incompétent. Des retraités de banque à Téhéran aux chauffeurs municipaux impayés à Kermanshah, des familles victimes de fraude aux infirmières négligées, le peuple iranien partage un sentiment commun de trahison de la part d’un système au pouvoir à la fois incapable de gouverner et qui exploite activement ses citoyens.

Que le cri soit « nos tables sont vides » de la part d’un banquier à la retraite ou « silence et injustice » de la part d’un citoyen victime de fraude, le message sous-jacent est identique : le peuple iranien a perdu toute confiance dans le système actuel. La fréquence croissante de ces manifestations dans tous les secteurs de la société témoigne d’un profond changement. La revendication n’est plus celle de réformes partielles, mais d’un changement de régime.