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Manifestations de retraités iraniens dans des dizaines de villes, protestant contre la corruption liée aux Gardiens de la révolution

Manifestations de retraités iraniens dans des dizaines de villes, protestant contre la corruption liée aux Gardiens de la révolution
Rassemblement de protestation des retraités de la Compagnie des télécommunications d’Iran (TCI) à Marivan (9 novembre 2025)

Le 9 novembre 2025, une vague de manifestations coordonnées a balayé des dizaines de villes iraniennes, révélant la profonde colère publique contre la corruption systémique et l’oppression brutale du régime clérical. Des anciens employés des télécommunications à Téhéran aux femmes baloutches marginalisées de Chabahar, divers segments de la population sont descendus dans la rue avec un message unifié : la théocratie au pouvoir est la source de leurs souffrances. Il ne s’agissait pas d’incidents isolés de mécontentement économique, mais d’une protestation politique nationale contre un système fondé sur le pillage et la violence.

Le mouvement des retraités confronte directement les bastions financiers du régime
Cette journée a été marquée par une manifestation nationale des retraités des télécommunications dans les grandes villes, notamment Téhéran, Ispahan, Tabriz, Kermanshah et Gilan. Ils se sont rassemblés pour commémorer l’anniversaire du « jour noir » de la privatisation corrompue de la Compagnie des télécommunications d’Iran, un processus qui a transféré les actifs nationaux entre les mains de l’élite du régime.

Les slogans des manifestants étaient explicitement politiques, contournant les fonctionnaires du gouvernement pour cibler le cœur de l’empire financier du régime : la Fondation coopérative du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et l’Organisation pour l’exécution de l’ordre de Khomeiny (EIKO ou Setad), un immense conglomérat contrôlé directement par le Guide suprême Ali Khamenei.

À Ispahan, les retraités ont scandé un slogan qui résumait succinctement le vol national : « Nous avons construit les télécommunications, les Gardiens de la révolution les ont prises, nous avons tout perdu ! » À Gilan, leurs pancartes et leurs chants proclamaient : « Les télécommunications iraniennes sont entre les mains de voyous. » Les manifestations ont clairement montré que le peuple tient les Gardiens de la révolution et les institutions financières de Khamenei directement responsables du pillage de leurs moyens de subsistance et des ressources de la nation.

Des manifestations plus larges révèlent une nation au bord de l’effondrement économique
Les employés des télécommunications ont été rejoints par d’autres retraités poussés à bout par les politiques économiques catastrophiques du régime. À Ahvaz, des retraités de la sécurité sociale ont manifesté contre l’hyperinflation et les pensions tombées bien en deçà du seuil de pauvreté, scandant : « Le gouvernement trahit, le parlement soutient », témoignant d’une perte totale de confiance dans les institutions politiques du régime.

À Shush, leurs homologues ont défilé dans les rues, déclarant : « Nos droits ne se gagnent que dans la rue. » Ce sentiment a été partagé à Ispahan, où des retraités de la sidérurgie et des mines se sont rassemblés pour réclamer leurs salaires impayés. Là, la peur de la dissidence du régime était flagrante : les forces de sécurité ont réprimé le rassemblement pacifique, imposant un « silence forcé » et empêchant les manifestants âgés de scander leurs revendications. Cet acte d’intimidation révèle un régime si fragile qu’il ne peut tolérer la voix de ses propres citoyens âgés réclamant des droits fondamentaux.

Violence d’État contre le peuple baloutche
Alors que les retraités étaient confrontés à la ruine économique et à l’intimidation, la brutalité du régime s’est déchaînée contre l’une des communautés les plus vulnérables d’Iran, dans la province du Sistan-et-Baloutchistan. Le 9 novembre, un groupe de femmes baloutches, accompagnées de leurs enfants, s’est rassemblé devant le bureau du gouverneur à Chabahar pour protester contre leur expulsion.

Leur calvaire a commencé le 1er novembre, lorsque plus de 300 militaires et forces de l’ordre, sans mandat judiciaire, ont fait une descente dans leur quartier et démoli des dizaines de maisons. Des témoins oculaires ont rapporté que des familles avaient été violemment battues et qu’un homme avait été hospitalisé. Les habitants ont été empêchés de récupérer leurs affaires, et des objets personnels et religieux, notamment des exemplaires du Coran, ont été intentionnellement enfouis sous les décombres.

Une semaine plus tard, ces femmes étaient toujours dans la rue, sans aide ni réponse des autorités qui avaient détruit leurs vies. « Personne ne nous répond », a déclaré une manifestante. « Ils nous envoient d’un bureau à l’autre… Nous sommes abandonnées dans la rue avec nos enfants, mais aucun responsable n’est tenu pour responsable. » Cet acte de cruauté calculé contre une minorité ethnique révèle un régime qui utilise les châtiments collectifs et la terreur pour maintenir son emprise sur le pouvoir.

Les événements du 9 novembre brossent un tableau sombre et indéniable de l’Iran d’aujourd’hui. Une élite militaire et cléricale corrompue, incarnée par les Gardiens de la révolution et l’empire financier de Khamenei, pille systématiquement les richesses du pays.

Le résultat inévitable est une société en chute libre économique, où ceux qui ont construit le pays sont contraints de manifester pour leur survie. Lorsque les citoyens revendiquent leurs droits fondamentaux, le régime réagit soit par l’intimidation, comme on l’a vu à Ispahan, soit par une violence sauvage, comme en témoignent les événements de Chabahar. L’ampleur, l’unité et le caractère explicitement anti-régime de ces manifestations nationales démontrent que le peuple iranien a identifié la source de sa misère. Ils ne voient aucune solution au sein du système actuel et ont choisi la rue comme seul lieu pour obtenir justice, manifestant ainsi leur détermination inébranlable à reprendre leurs droits et leur pays à la théocratie au pouvoir.