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Manifestations dans les universités, les prisons et les provinces iraniennes contre le régime

Manifestations dans les universités, les prisons et les provinces iraniennes contre le régime
Kermanshah – Des retraités de divers secteurs, dont la fonction publique, l’armée, la sécurité sociale, la santé et les télécommunications, manifestent – ​​30 septembre 2025

Le 1er octobre 2025, des pans disparates de la société se sont unifiés dans une puissante manifestation de contestation. Des campus universitaires ravagés par une négligence mortelle aux rues militarisées du Sistan-et-Baloutchistan, en passant par les cellules rebelles des prisons les plus tristement célèbres du régime, le peuple iranien lance un défi sur plusieurs fronts à une théocratie corrompue et incompétente. Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’expressions interconnectées du rejet de la tyrannie par la nation.

Les universités s’insurgent contre l’incompétence et la répression

Les universités du pays sont une fois de plus devenues des épicentres de protestation, canalisant la colère d’une génération privée d’avenir par l’incompétence meurtrière du régime. Mardi 30 septembre, des étudiants de l’Université des sciences médicales de Semnan sont descendus dans la rue pour protester contre la mort tragique de deux camarades de classe dans un accident de bus. Cet incident, conséquence directe de l’utilisation par l’université d’un bus vétuste et d’un chauffeur au dossier notoirement mauvais, était une tragédie que les étudiants avaient maintes fois prévenue comme inévitable. Ils ont appelé à des poursuites judiciaires contre les responsables de l’université. Le mépris du régime a été incarné par le directeur de l’université, Ali Rashidipour, qui a refusé avec arrogance d’assister à une réunion de crise, affirmant que le « ton » des étudiants ne lui convenait pas.

Simultanément à Téhéran, les étudiants de l’université Khajeh Nasir Toosi ont organisé des manifestations nocturnes pour la deuxième soirée consécutive dans leurs résidences. Leurs slogans traduisaient la double nature de leur lutte contre la répression politique et la corruption systémique : « L’université est une forteresse, les expulsions sont sans effet ! » et « Pas de cafétéria, pas de dortoir, mais le vol continue.» Ces manifestations soulignent que pour la jeunesse iranienne, la lutte pour les droits fondamentaux et la lutte contre la corruption sont indissociables.

Violences d’État contre le peuple baloutche

Dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, la domination du régime par la peur était manifeste. Le 30 septembre, des véhicules blindés et un important contingent militaire ont envahi les rues de Zahedan pour empêcher toute commémoration du troisième anniversaire du « Vendredi sanglant ». Ce jour-là, en 2022, les forces du régime, dont des tireurs d’élite, ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques, massacrant au moins 105 civils, dont 17 enfants. La forte présence militaire actuelle témoigne de la peur du régime envers son propre peuple et de son recours à la force brute pour maintenir le contrôle.

Cette violence, cautionnée par l’État, est une réalité quotidienne pour les citoyens baloutches démunis de la région. Le 27 septembre, un porteur de carburant baloutche (sookhtbar) a été brûlé vif dans son véhicule après avoir été poursuivi et pris pour cible par les forces de sécurité sur la route Bandar Abbas-Minab. La veille, le 26 septembre, deux autres porteurs de carburant ont été grièvement blessés lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur leur véhicule. Il ne s’agit pas d’actions de maintien de l’ordre, mais d’actes de guerre contre une population qui lutte pour sa survie. Résistance au plus profond des cachots du régime

La manifestation de défiance la plus poignante est peut-être venue des prisons du régime. Dans un remarquable acte de solidarité, les prisonnières politiques de la tristement célèbre prison de Qarchak et les prisonniers politiques de la prison d’Evin ont organisé des manifestations coordonnées les 29 et 30 septembre. Suite au récent décès de la prisonnière Somayeh Rashidi dans des circonstances suspectes, 19 femmes de Qarchak ont ​​entamé une grève de la faim pour exiger leur sortie des conditions inhumaines de l’établissement et la libération des détenues gravement malades. En réaction, les prisonniers politiques d’Evin ont organisé un sit-in dans la cour de leur prison, amplifiant les revendications des femmes.

Des salles de classe de Semnan aux rues de Zahedan, en passant par les maisons assiégées d’Ispahan et même les cellules de la prison d’Evin, un message unique et unifié se dégage : le peuple iranien en a assez. Le régime échoue sur tous les fronts, incapable d’assurer la sécurité élémentaire, la sécurité économique et la justice. Son seul recours est la force brute qu’il utilise contre les porteurs de carburant, les personnes en deuil pacifiques et les étudiants manifestants. Mais comme le montrent ces manifestations généralisées, la violence et l’oppression ne sont plus des moyens de dissuasion efficaces. La résilience et la résistance organisée du peuple iranien montrent que les fondements du régime clérical se fissurent sous le poids de sa propre corruption et de sa brutalité.