
Les 16 et 17 décembre 2025, une vague de contestation synchronisée a déferlé sur plusieurs villes d’Iran, unissant ouvriers, professionnels de santé et étudiants. Ces manifestations simultanées dans les provinces de Téhéran, Golestan et Zanjan mettent en lumière une crise de gouvernance qui s’aggrave, la mauvaise gestion du régime ayant paralysé les secteurs les plus vitaux du pays.
Crise des soins de santé : Infirmières non payées et médicaments en pénurie
Dans la province de Golestan, l’effondrement du système de santé a été mis en lumière le 17 décembre. Des infirmières se sont rassemblées devant l’Université des sciences médicales et la préfecture pour protester contre une grave négligence économique. Malgré les exigences exténuantes de leur profession, ces soignantes en première ligne ont déclaré être confrontées à neuf mois d’arriérés de salaire. Selon les manifestantes, le gouvernement n’a réglé que 50 % des créances remontant à mai 2025. Leur slogan, « 9 mois de travail, 0 droits », résume la situation désespérée d’un secteur médical au bord de l’effondrement.
December 17—Gorgan, northern Iran
Nurses rallied outside the Golestan University of Medical Sciences and the Governor’s Office over unpaid wages and mounting cost-of-living pressures. They say 9 months of arrears remain and only 50% of May claims were paid, vowing to keep… pic.twitter.com/mq4Gt71BD0— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 17 décembre 2025
Parallèlement, une crise plus insidieuse a conduit des thérapeutes spécialisés dans la toxicomanie devant le ministère de la Santé à Téhéran le 16 décembre. Les manifestants ont révélé une pénurie critique de teinture d’opium, un médicament vital pour près d’un million de patients sous traitement de substitution à travers le pays. Alors que des pénuries touchent 15 provinces, dont Hamadan, Hormozgan et Mazandaran, les thérapeutes soulignent un paradoxe inquiétant : le régime continue de délivrer des licences d’exportation pour ces stupéfiants tandis que les cliniques locales sont à court de médicaments.
Le coût humain de cette politique est immédiat. Les thérapeutes alertent sur le fait que cette pénurie pousse les patients vers le marché noir, où les prix ont explosé, passant de 2 à 18 millions de tomans par mois. Les experts craignent que cette pénurie orchestrée par l’État n’incite les patients à consommer des substances synthétiques dangereuses comme le fentanyl, provoquant ainsi une nouvelle catastrophe sanitaire.
Grèves industrielles à Abhar
Le mouvement de contestation s’est étendu au secteur industriel de la province de Zanjan. Le matin du 17 décembre, 280 ouvriers de l’aciérie Siaden d’Abhar ont cessé le travail pour protester contre le non-paiement de leurs salaires depuis octobre. Leurs revendications ne se limitaient pas aux salaires ; les ouvriers ont décrit des conditions de travail dégradantes, notamment l’absence d’installations sanitaires de base et le refus de la direction de fournir des vêtements de travail essentiels. Malgré leurs appels répétés aux autorités locales, les travailleurs ont déclaré qu’aucune solution ne leur avait été proposée, ne leur laissant d’autre recours que la grève.
December 16—Tehran, Iran
University of Tehran dorm students rallied at the dorm entrance to protest the university’s “commercialization” and profit-driven policies, saying education is being turned into a business while dorm conditions deteriorate.#IranProtests pic.twitter.com/j7c2ToDVre— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 17 décembre 2025
La marchandisation de l’éducation
Dans la capitale, la crise de la gestion des ressources s’est étendue au domaine universitaire. Le 16 décembre, des étudiants de l’Université de Téhéran se sont rassemblés dans l’enceinte de leur résidence universitaire pour protester contre la « marchandisation de l’université ». Ils ont dénoncé un surpeuplement extrême, six étudiants étant contraints de partager des chambres prévues pour quatre.
Au lieu de s’attaquer au problème de la pénurie de logements, les responsables universitaires ont commencé à expulser les étudiants de dernière année, invoquant des « limites de capacité ». Tout en admettant la disponibilité de terrains constructibles, ils ont affirmé que l’État ne disposait pas des fonds nécessaires pour construire de nouvelles infrastructures, transformant ainsi l’enseignement supérieur en une entreprise où le bien-être n’est, comme le scandaient les étudiants, qu’une illusion.
L’incapacité du régime à assurer les services essentiels – distribution de médicaments, versement des salaires ou logement des étudiants – contraste fortement avec son allocation constante de ressources aux exportations et aux activités à but lucratif. Alors que ces différents secteurs font entendre leur voix pour protester, le message est unanime : l’administration actuelle est soit incapable, soit refuse de répondre aux besoins les plus fondamentaux du peuple iranien.

