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Les médias d’État iraniens font écho à la peur du régime iranien des conséquences sociales «dangereuses»

Ces derniers jours, les médias d’État iraniens ont mis en garde les responsables du régime contre les conséquences «dangereuses» de leur mauvaise gestion, qui a poussé les gens dans la pauvreté et la misère. Comme le reste du régime, ces médias ont refusé de proposer une solution aux crises.

Le quotidien Keyhan, connu comme le porte-parole du guide suprême du régime, Ali Khamenei, a publié une lettre de 166 hauts responsables du régime de la faction de Khamenei, qui ont blâmé la faction rivale pour la chute libre économique de l’Iran et mis en garde contre les conséquences possibles.

«Aujourd’hui, les inégalités, la pauvreté effrénée, l’augmentation quotidienne ou même parfois heure par heure, des prix, l’instabilité des prix, la thésaurisation, la contrebande systématique de marchandises par le biais des instances officielles, et la situation instable du marché et de la bourse sont des souffrances de notre société; et ont causé une situation insupportable pour les gens », lit-on dans la lettre, publiée le 8 décembre dans Keyhan.

Cette déclaration avertit ensuite les responsables du régime que les gens considèrent l’ensemble du système au pouvoir comme la cause de cette situation. « La nappe (des repas) des gens a rétréci et ils sont en colère contre les autorités », lit-on dans la lettre.

L’augmentation de l’indice d’écart de revenu dans un pays indique la mauvaise gestion économique du gouvernement.

«En ce qui concerne la situation actuelle du pays en termes d’indice d’écart de revenu, on peut dire avec certitude que ce qui s’est passé maintenant est sans précédent dans l’histoire. Ce niveau de disparités de revenus entre les individus a conduit à un écart inacceptable entre les ménages du décile inférieur et du décile supérieur. Selon les estimations officielles et les économistes indépendants de Téhéran, un revenu de 300 dollars est nécessaire pour subvenir aux besoins de santé, d’éducation et de nourriture d’une famille de quatre à cinq personnes. Mais les travailleurs et la plupart des employés gagnent la moitié de ce montant. » a écrit mercredi le quotidien national Iran.

«Après avoir passé cette étape, les familles sont confrontées à une situation de désordre qui peut avoir des conséquences sociales et politiques et conduire à la perturbation de l’ordre public. Il faut veiller à ne pas rapprocher la société à ce stade. Malheureusement, il faut dire que le profond fossé entre les revenus et les dépenses approche maintenant du stade de la grande alarme dans la société iranienne », écrivait le quotidine Iran, révélant la véritable préoccupation du régime, qui est sa sécurité et un soulèvement.

Le soulèvement de novembre 2019, qui a ébranlé les fondations du régime, a commencé en raison des problèmes économiques mais est rapidement devenu politique, les gens exigeant un changement de régime. Les grandes manifestations en Iran de novembre 2019 sont devenues le cauchemar du régime.

Tout en rappelant aux responsables du régime le dernier soulèvement, le quotidien Arman a écrit mercredi: «Compte tenu de l’ampleur des problèmes des citoyens, dont nous avons été témoins lors des récentes inondations au Khouzistan, Bouchehr, Fars et Hormozgan, les protestations de différents réseaux et couches de la société par rapport à leurs conditions de vie est prévisible.

Le régime n’est ni capable ni désireux de résoudre les problèmes économiques. Ainsi, un soulèvement de ceux qui n’ont rien à perdre est inévitable. À présent, en raison de sa crise intérieure et de son isolement international, les luttes intestines du régime se sont intensifiées.

«La situation économique des gens n’est pas bonne. Les prix élevés sont insupportables. L’inflation ravage la vie des gens et les gens se demandent quand la hausse du taux d’inflation prendra fin. Pendant que les gens se posent cette question, la querelle politique entre le Majlis et le gouvernement s’est intensifiée. Dans cette situation délicate, la société ne supportera pas cela », a écrit mercredi le quotidien Ressalat, faisant référence aux récents conflits internes entre le gouvernement et le Parlement.

À présent, la situation est hors du contrôle du régime. À cet égard, tout en comparant la situation du régime à celle d’un patient qui a besoin d’une opération d’urgence, Ebtekar a averti les responsables du régime d’une éventuelle réaction sociale à sa mauvaise gestion.

«La chirurgie dans des conditions non urgentes fonctionnera mieux que la chirurgie d’urgence. Sinon cette situation atteindra un point où la vérité amère giflera les décideurs», a écrit Ebtekar.