
Quarante jours après le point culminant du soulèvement de janvier, la période de deuil traditionnel s’est transformée en un front stratégique pour une nouvelle offensive nationale contre la dictature. Des informations en provenance de tout l’Iran confirment que les mémoriaux « Chehelom » dédiés aux victimes ont franchi les cordons de sécurité du régime, passant de rassemblements solennels à des affrontements politiques intenses. À Behesht-e Zahra, à Téhéran, une foule immense, accompagnée de familles endeuillées, a démantelé les barrières de sécurité le 17 février, scandant : « Par le sang de nos camarades, nous tiendrons jusqu’au bout. » Cette résurgence témoigne d’un échec critique de la stratégie de confinement de l’État, la barrière de la peur ayant cédé la place à une soif de justice et à une exigence directe de la chute de la dictature.
Paralysie économique et grèves des marchés
Le soulèvement a réussi à percer les défenses économiques du régime, la classe des « bazars » (commerçants traditionnels) se ralliant de plus en plus à la rue. Au cœur de la capitale, le passage Aladdin, principal centre du commerce numérique, a fermé ses portes en signe de solidarité. Simultanément, la ville d’Abdanan a connu une grève générale des marchés, paralysant le commerce local. Ces grèves sont alimentées par un effondrement historique de la monnaie et une inflation record qui a rendu le salaire minimum quasiment insignifiant. Cette convergence entre le marché et le mouvement mené par la jeunesse constitue une menace existentielle pour la stabilité du régime, les commerçants rejoignant les rangs des dépossédés.
🚨#Breaking – February 18, 2026, Najafabad
WOW !! What courage. What a crowd!
For the second consecutive night, the people of Najafabad took to the streets to commemorate the fortieth day of the martyrs, chanting:
"For every one person killed, a thousand will stand behind them."… pic.twitter.com/D1yeymJVj4— Shabnam Madadzadeh (@ShMadadzadeh) 18 février 2026
Faillite énergétique et insécurité du régime
Alors que le régime est aux prises avec un déséquilibre énergétique catastrophique, provoquant des coupures de courant généralisées et la combustion toxique de mazout dans les grandes villes, l’anxiété interne de l’élite dirigeante est devenue manifeste. Dans un discours prononcé le 17 février devant les forces de sécurité, le président du régime, Massoud Pezeshkian, a plaidé pour l’utilisation de « nouvelles technologies » afin de prévenir les blessures des officiers, tout en ordonnant que « les anomalies soient étouffées dans l’œuf ».
Cette rhétorique reflète un gouvernement qui ne fait plus confiance à l’endurance de ses soldats face à une population littéralement suffoquée par la pollution et affamée par une mauvaise gestion économique.
🚨 Iran Protests | Cities Round-Up
Newly received footage shows memorial gatherings and protests continuing across several cities, with participants chanting anti-regime slogans and honoring martyrs of the uprising.
📍 Tehran — Andisheh and Behesht Zahra Cemetery
📍 Hashtgerd… pic.twitter.com/sRY3k9R65A— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 17 février 2026
Répression dans les écoles et insurrection périphérique
Dans une tentative désespérée d’identifier les manifestants, le régime a étendu son emprise jusque dans les salles de classe. Des informations en provenance de Mashhad et de Karaj indiquent que les forces de sécurité procèdent à des fouilles intrusives des téléphones portables des élèves, voire à des examens physiques pour détecter des blessures par balles, sous couvert de séances de « sensibilisation ».
Parallèlement, dans des villes périphériques comme Mormori, la situation a dégénéré en un effondrement quasi total de l’autorité de l’État. Malgré une coupure totale d’internet et l’utilisation de munitions réelles, des habitants auraient pris d’assaut des postes de sécurité. Ces foyers de tension localisés contraignent le régime à déployer des ressources excessives, alimentant un cycle de rébellion que ni les balles ni les coupures d’internet ne peuvent enrayer.
La « boîte noire » enfin révélée
En raison de la coupure totale d’internet imposée par le régime durant les premières semaines explosives du Nouvel An, des informations cruciales sur l’intensité du soulèvement ne sont divulguées au public que maintenant. Des reportages et des images, censurés pendant plus d’un mois, refont surface, mettant notamment en lumière les événements des 8 et 9 janvier. Ces témoignages tardifs révèlent une phase de violents affrontements urbains :
Sur le boulevard stratégique Vakilabad à Mashhad, des jeunes rebelles ont lancé une offensive tactique, détruisant les véhicules des Unités spéciales et incendiant la Sepah Bank, pilier financier essentiel de l’appareil sécuritaire.
À Kermanshah, des scènes similaires se sont déroulées sur le boulevard Golestan, où des manifestants ont utilisé des armes à feu pour bloquer l’avancée des forces de répression, transformant les rues en zones interdites au régime.
La publication de ces reportages fin février a donné un nouvel élan à ce mouvement, alors que les commémorations du « 40e jour » se trouvent renforcées par les nouvelles preuves de la brutalité du régime et les succès tactiques des jeunes en janvier.

