vendredi, mars 6, 2026
AccueilActualitésActualités: Iran ProtestationsIran : Les étudiants défient la répression alors que le régime cible les...

Iran : Les étudiants défient la répression alors que le régime cible les médecins et les hôpitaux

Iran : Les étudiants défient la répression alors que le régime cible les médecins et les hôpitaux
Manifestation d’étudiants en médecine à Shiraz le 5 février 2026

Alors que la résistance national en Iran se poursuit en février, le régime clérical a intensifié sa répression, recourant à une violence militaire contre des manifestants non armés et lançant une campagne de représailles contre les professionnels de santé soignant les blessés. Malgré les coupures d’internet et la répression sévère ordonnée par le Guide suprême Ali Khamenei, les jeunes rebelles et les organisations étudiantes à travers le pays continuent de s’organiser, signe que les troubles déclenchés en janvier se sont transformés en un mouvement durable pour un changement de régime.

Les campus universitaires, bastions de la résistance

Le mardi 3 février 2026, les campus universitaires sont devenus l’épicentre de la dernière vague de contestation. Les étudiants des universités de médecine de Mashhad et de Shiraz, ainsi que de la faculté d’odontologie de Tabriz, ont organisé des sit-in et des rassemblements. Ces manifestations n’étaient pas de simples actions académiques ; elles constituaient une réponse directe au meurtre d’étudiants lors des manifestations de janvier.

Dans des scènes poignantes filmées par des journalistes citoyens, des étudiants à Mashhad scandaient : « L’étudiant meurt, mais refuse l’humiliation » et « Cette fleur fanée est un sacrifice pour la patrie ». Ces protestations mettent en lumière une brèche importante dans le contrôle du régime, les universités – traditionnellement étroitement surveillées par la milice paramilitaire Bassidj – défiant ouvertement l’appareil sécuritaire.

Résistance armée à Gachsaran

Alors que les étudiants manifestaient pacifiquement, la confrontation a dégénéré en affrontements armés à Gachsaran. Aux premières heures du mercredi 4 février, un poste de police a été attaqué par des armes à feu. Selon les médias d’État, l’affrontement a entraîné la mort d’un policier. Les agences de presse affiliées à l’État ont confirmé que les assaillants avaient réussi à se retirer des lieux après l’opération.

Guerre contre les soignants : le régime cible le personnel médical

Dans une tentative désespérée d’identifier les manifestants blessés qui évitent les hôpitaux publics par crainte d’être arrêtés, les services de renseignement ont jeté leur dévolu sur le corps médical. Un article publié par Le Monde le 3 février révèle une campagne d’intimidation effroyable contre les médecins.

L’article détaille le cas de « Sanam » (un pseudonyme), une jeune médecin de Téhéran. Après avoir refusé de fournir, aux services de renseignement de la sécurité hospitalière, les noms et numéros d’identification des manifestants blessés, les forces de sécurité ont perquisitionné son domicile. Menacée de mort si elle ne coopérait pas sous quelques jours, elle a été contrainte de se cacher. Le Monde note qu’au moins 25 médecins et infirmières ont été arrêtés récemment.

Brutalités dans les rues : « Honteux !»

De nouvelles images, apparues après la coupure d’Internet, mettent en lumière l’extrême brutalité des violences commises lors des pics du soulèvement en janvier. Des vidéos d’Ardabil, datées des 8 et 9 janvier, montrent des unités spéciales de police fonçant délibérément à grande vitesse sur des foules de manifestants avec des véhicules blindés.

D’autres images de Mashhad et d’Urmia confirment l’utilisation de munitions réelles contre des foules non armées. Dans une vidéo d’Urmia, alors que les forces de sécurité tirent directement sur des jeunes qui tentent d’évacuer les corps des martyrs, la foule ne se disperse pas et reste sur place, scandant « Honteux !» (Bi-sharaf) aux tireurs.

Témoignages de prisonniers

La répression a rempli les prisons, mais elle n’a pas réduit au silence les prisonniers politiques. Depuis la prison de Ghezel Hesar, le prisonnier politique Akbar Bagheri a publié cette semaine un message en hommage aux martyrs du soulèvement. Il a notamment rendu hommage au Dr Naeem Abdollahi, professeur adjoint de 34 ans à l’Université de Téhéran, tué par les forces de sécurité le 8 janvier dans le quartier de Nazi Abad à Téhéran.

« Au milieu du crépitement des mitrailleuses du régime, des jeunes s’engagent à donner leur vie », a écrit Bagheri, jurant de rester aux côtés du peuple jusqu’à la chute du régime.

La condamnation internationale s’intensifie

Face à l’accumulation de preuves de ces atrocités, la communauté internationale isole de plus en plus Téhéran. Le 5 février 2026, les ministres allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, et australien, Penny Wong, ont publié une déclaration conjointe depuis Canberra. Ils ont condamné « l’action brutale du régime iranien contre sa propre population » et exprimé leur « vive inquiétude » quant au nombre de victimes et de détentions arbitraires.

Parallèlement, le Sénat australien a adopté une motion condamnant la répression. Le sénateur Raff Ciccone a souligné que le gouvernement albanais avait désormais sanctionné plus de 200 ressortissants iraniens et 100 entités liées aux Gardiens de la révolution. En Europe, le conseil municipal du 7e arrondissement de Rome a adopté à l’unanimité une motion soutenant la lutte du peuple iranien pour la démocratie, reconnaissant la dimension mondiale de ce combat pour la liberté.