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Iran-opposition: Des chefs tribaux soutiennent des dissidents iraniens (OMPI)

 Un groupe inscrit sur la liste noire est acclamé lors d’un rassemblement

The Washington Times, 29 juin – Plusieurs chefs tribaux irakiens se sont tournés vers un groupe de dissidents iraniens inscrit sur les listes noires des États-Unis et de l’Union européenne afin de le solliciter comme un rempart contre les ingérences de Téhéran dans les affaires internes de leur pays.

 

 Un groupe inscrit sur la liste noire est acclamé lors d’un rassemblement

The Washington Times, 29 juin – Plusieurs chefs tribaux irakiens se sont tournés vers un groupe de dissidents iraniens inscrit sur les listes noires des États-Unis et de l’Union européenne afin de le solliciter comme un rempart contre les ingérences de Téhéran dans les affaires internes de leur pays.

Les responsables irakiens étaient aux cotés de nombreuses autres personnalités venues d’Europe et du Moyen-Orient pour participer à un grand rassemblement de dizaines de milliers de personnes. L’événement a eu lieu samedi près de Paris et il était organisé par le groupe d’opposants iranien, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran.

Ce grand meeting s’est tenu quelques jours après le vote à l’unanimité du Parlement britannique retirant de sa liste des organisations terroristes le groupe qui jouit par ailleurs d’un vaste soutien au Congrès américain.

"Les Moudjahidine du peuple sont les véritables amis du peuple irakien. Ils sont un rempart contre l’ingérence iranienne en Irak. Il s’agit là d’un fait," a affirmé le Cheik Matlab Ali Abbas al-Massari, président du Conseil national des tribus irakiennes, peu avant le début de l’événement lors d’une entrevue téléphonique depuis la capitale française.

L’Irak et l’Iran sont des pays dont la population est à majorité chi’ite. Washington accuse l’Iran de former et d’armer des milices chi’ites qui combattent les troupes américaines en Irak. Le gouvernement pro chi’ite de Bagdad a pourtant tisser des liens croissants avec le régime de Téhéran, contre lequel les Moudjahidine du peuple luttent avec persévérance.

Le 17 juin, le gouvernement irakien du premier ministre Nouri al-Maliki a décidé d’interdire toutes relations avec les Moudjahidine, accusant l’organisation d’ingérence dans les affaires internes irakiennes. Ceux qui violent cette décision en répondront devant la justice en vertu de la loi anti-terroriste du pays.

“Le cabinet a décidé d’interdire toutes transactions avec cette organisation par tout Irakien ou ressortissant étranger, organisation ou parti”, extrait d’une déclaration du bureau du Premier ministre.

Le débat au parlement portant sur l’interdiction a provoqué des divergences parmi les différentes ethnies. Les députés chi’ites et kurdes ont décrit le groupe comme une menace pour la sécurité nationale irakienne, tandis que les députés sunnites affirmaient que le groupe n’était impliqué dans aucune action terroriste. 

Saleh al-Mutlaq, un député sunnite renommé, a affirmé que la décision du gouvernement montrait l’étendue de l’influence que l’Iran exerce sur le gouvernement d’al-Maliki.
 
Saleh al-Mutlaq qui dirige un groupe de 11 députés au parlement, a par ailleurs affirmé que les Moudjahidine du peuple nécessiteraient d’être sollicités pour contrer le « rôle destructif » de l’Iran en Irak.

“Il s’agit d’une organisation s’opposant à un régime qui s’ingère dans nos affaires et veut régler ses vieux comptes avec les États-Unis sur notre territoire”.

L’organisation des Moudjahidine du peuple s’est formée dans les années 60 pour s’opposer au chah d’Iran et a soutenu à l’origine la révolution de 1979, avant de se retourner contre le régime islamique.

L’organisation a utilisé son poids militaire contre l’Iran lors de la guerre Iran-Irak dans les années 80 en ayant gagné auparavant la protection du dictateur irakien. Cependant des observateurs affirment que leurs attaques se sont arrêtées dans les années 90.

Le groupe a renoncé au combat armé en 2000, prônant à la place un renversement démocratique et pacifique du régime iranien.

Aujourd’hui, son bras politique tient régulièrement des conférences de presse, souvent pour révéler des informations qu’il aurait recueillies sur les activités nucléaires de l’Iran. En 2002, il a révélé que Téhéran poursuivait un programme secret d’enrichissement d’uranium, ce qui s’est avéré vrai.
 
Ses partisans incitent activement les États-Unis et l’Union européenne à suivre l’exemple britannique en retirant le groupe de leurs listes des organisations terroristes – une démarche qui entraînerait le dégel de ses avoirs apparemment considérables. L’Union européenne est censée réviser sa liste du terrorisme dans les semaines à venir.

“Une fois ses restrictions levées, il y aura une énorme vague de soutien”, a affirmé Ali Safavi, un membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), le bras politique des Moudjahidine qui est basé en France.

“Dans un sens, ceci dynamisera le peuple iranien, à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’Iran, mais il enverra aussi un message très important aux mollahs de Téhéran en leur disant que la communauté internationale, y compris l’Europe, n’est pas disposée à se soumettre au jeu de l’Iran”
Le Cheik al-Massari a en outre suggéré que les Moudjahidine peuvent s’avérer efficaces pour combattre et faire reculer la présence iranienne en Irak, et ce particulièrement si le groupe est retiré des listes du terrorisme des pays occidentaux.

“Ils endurent de nombreuses restrictions à cause de cette liste” a-t-il dit, s’exprimant à l’aide d’un traducteur du CNRI. « C’est pourquoi nous voulons que cette liste soit révisée pour qu’ils puissent exercer un impact encore plus direct contre la présence iranienne en Irak. »
“Nous partageons un intérêt commun contre l’intégrisme islamique et l’Iran,” a affirmé Hawas Showkat Hassan, chef d’une association anti-terroriste dans le centre de l’Irak, et qui était également présent à Paris pour le rassemblement des Moudjahidine.

Samedi, des milliers de jeunes et de moins jeunes sympathisants s’étaient massé dans un grand hall d’exposition près de Paris, non loin de l’aéroport Charles de Gaulle, pour demander à l’Union européenne qu’elle retire le groupe de sa liste du terrorisme.

En taxant le groupe de terrorisme, les gouvernements occidentaux “ont aidé le plus puissant parrain du terrorisme” a dit Maryam Radjavi, la présidente élue du groupe à ses partisans.

“Ôtez cette chaîne avec laquelle vous avez lié les mains et les pieds de la résistance contre la dictature religieuse de Téhéran”, a dit Maryam Radjavi, citée par l’Agence France Presse.

Des Iraniens de première et de seconde génération, mais aussi des responsables politiques occidentaux tels que Lord Corbett du parti travailliste britannique, étaient parmi les personnes présentes au meeting.
 
“La seule raison expliquant leur maintien sur la liste du terrorisme c’est que les mollahs en ont fait le prix à payer pour l’ouverture des négociations sur leur fourberie nucléaire avec la Grande Bretagne et l’UE” a affirmé Lord Corbett. « Ce n’est pas une organisation terroriste et elle n’a jamais commis aucun mal au Royaume-Uni. »