mercredi, février 1, 2023
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Iran : Mais que cherchent les pasdarans en Amérique latine ?

Par Reza Shafa*

CNRI – Les intérêts que recherche Mahmoud Ahmadinejad dans les pays d’Amérique du Sud n’entrent pas dans le cadre d’une préoccupation sur le bien-être de la population en grande majorité déshéritée de la région.

Des fuites récentes sur un rapport confidentiel du Conseil suprême de sécurité nationale du régime (le CSSN) montre que le Corps de gardiens de la révolution (le CGR) a mis au point un nouveau plan pour s’établir au Venezuela, au Nicaragua, en Colombie, au Mexique, en Uruguay et en Bolivie. Le travail du CGR, passé maître en l’art d’opérations secrètes, n’est pas aussi facile qu’au Moyen-Orient. 

Tout d’abord, la force se concentre sur deux capitales : Managua et Caracas. Les deux pays ont reçu il y a peu la visite d’Ahmadinejad et les présidents des deux nations ont répondu à son geste en se rendant à Téhéran. La décision du ministère des Affaires étrangères du régime d’envoyer davantage de personnel dans les ambassades des deux capitales n’aurait pu être possible sans la bénédiction du CGR. De son coté, le Ministère des renseignements (le VEVAK) suit ses propres plans, et a envoyé ses agents comme diplomates au Nicaragua et au Venezuela.

Il est intéressant de savoir que des ambassades iraniennes à Managua et Caracas  ont chacune été ouvertes à l’origine avec 30 employés. Aujourd’hui, elles ont considérablement augmenté leur personnel. Le régime a intensifié les soi-disant programmes culturels de ses ambassades dans la région. Les spécialistes du CGR ont déjà commencé à apprendre les tactiques de guerre aux étudiants vénézuéliens à Tachira, Miranda, Bolivar City et dans quelques autres écoles du pays.

Pour combattre leur isolement croissant, les mollahs ont conseillé au CGR de charger la Garnison Khatamolanbia de s’engager dans des joint-ventures avec les projets pétrochimiques du Venezuela. Il s’agirait d’une usine de transformation de méthanol avec un budget de 700 millions de $. De telles usines pourraient produire jusqu’à 61 millions de tonnes de Méthanol raffiné par an. 

Hormis un projet gazier, 1 milliard de $ a été alloué à l’investissement dans le domaine pétrolier, les machines agricoles et la construction de 7000 maisons parmi beaucoup d’autres promesses d’Ahmadinejad lors de son dernier voyage au Venezuela. Pour obtenir l’appui de Managua en faveur de sa politique, il a distribué dans ce pays 80 tracteurs Veniran, un produit fabriqué en commun par l’Iran et le Venezuela. 

Des investissements dans l’aluminium, l’acier et l’industrie du bois figurent au nombre des contrats signés par l’Iran et le Venezuela. Téhéran espère vivement ouvrir une branche de la Banque Saderat à Caracas pour compenser les effets des sanctions sur son secteur bancaire.

Pourquoi les mollahs vont-ils aussi loin que l’Amérique du Sud ? La stratégie est double : d’abord pour obtenir un soutien pour sa politique impopulaire de prolifération nucléaire et ensuite pour apporter une bouffée d’oxygène à ses plans terroriste le plus près possible des côtes américaines. 

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

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