lundi, novembre 28, 2022
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Iran : «La Résistance est l’objet d’une extraordinaire entreprise de désinformation», F. Colcombet

CNRI – « Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi l’objet d’une extraordinaire entreprise de désinformation. Malgré cela vous arrivez à survivre. Ce qui me frappe beaucoup, c’est en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à l’argent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent résistantes et vous soutiennent», a déclaré François Colcombet, magistrat, lors d’un colloque à Strasbourg le 24 avril.

CNRI – « Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi l’objet d’une extraordinaire entreprise de désinformation. Malgré cela vous arrivez à survivre. Ce qui me frappe beaucoup, c’est en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à l’argent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent résistantes et vous soutiennent», a déclaré François Colcombet, magistrat, lors d’un colloque à Strasbourg le 24 avril.

Intitulé « les relations de l’Union européenne avec l’Iran : perspectives d’un changement démocratique », le colloque était organisé par le Comité français pour un Iran démocratique, dont François Colcombet est un des co-fondateurs, et l’intergroupe des Amis d’un Iran Libre au Parlement européen.  

C’est sous la présidence d’Adrien Zeller, président du Conseil régional d’Alsace, et d’Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen, que se sont réunis de nombreux députés européens et nationaux de tous bords et de divers pays, des juristes de premier plan comme Lord Slynn of Hadley, ancien juge à la Cour européenne de Justice, et d’anciens ministres comme Sid Ahmed Ghozali ex-Premier ministre algérien, ou Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Tous ont souligné la nécessité de soutenir la Résistance iranienne, et en premier lieu de retirer les Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme. L’invitée d’honneur était Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici l’intervention de François Colcombet :

Ce qui m’a frappé dans cette réunion, c’est la volonté commune de se regrouper autour de vous, du CNRI, une volonté commune extrêmement large puisque beaucoup de parti politiques, de pays sont représentés, et même beaucoup de fonctions, puisqu’il y a ici des juristes, des politiques. Beaucoup de personnes qui toutes ensemble pensent qu’il faut faire quelque chose, dans le même sens.

Ce qui m’a frappé aussi c’est la volonté d’aborder tous les sujets. La dernière question à laquelle vous avez répondu madame la Présidente sur l’islam c’est une question qu’il faut poser parce que beaucoup de choses sont dites, par les musulmans eux-mêmes, qui désinforment sur leur propre sujet. Il est indispensable que ce sujet soit traité avec précision et sans arrêt entretenu. Il ne faut pas faire une confiance absolue aux religions. Il faut les mettre en observation, en quelque sorte, il ne faut pas les exclure non plus. Ce travail il faut l’aborder et vous l’avez fait très courageusement.

Une autre idée très forte, c’est combien ce régime de l’Iran est particulier et combien il est dangereux, non seulement pour ses voisins proches, pour son opposition, mais pour l’ensemble du monde, sur quelques thèmes.

Sur l’approche des violations systématiques des droits de l’homme, les quelques images que vous avez montrées correspondent à une réalité extrêmement dure. Je profite de l’occasion pour rappeler que vous-même et tous ceux qui sont dan la salle, les Iraniens, ont souffert dans leur famille. Certains ont été détenus, certains ont été torturés. C’est une réalité, ce n’est pas quelque chose dont on parle ou qu’on aperçoit à la télévision. C’est une réalité vécue pour beaucoup de personnes.

L’autre idée forte qui a été exprimée à de multiples occasions ici, c’est la volonté d’exporter le terrorisme qui est en réalité dans la constitution même de l’Iran. Car dans l’engouement général, quand les pays occidentaux ont laissé s’instaurer ce régime, ils n’ont pas lu la constitution. Elle a été d’ailleurs traduite que très tardivement. Mais c’est inscrit dans le texte. Les pasdarans doivent le faire. C’est mis dans l’acte fondateur.

Et ensuite l’autre grande idée, c’est que au-dessus de cette constitution, il y a un guide suprême qui est directement en contact avec l’au-delà et qui peut à tout moment interpréter les textes sacrés de la façon qui l’arrange et il en abuse et en use. C’est dans la fondation même. Or je dois le dire l’OMPI s’est créé contre cela car après avoir participé à la révolution contre le chah, l’OMPI au bout de deux ans s’est opposé à la constitution-même de l’Iran et c’est de là que commence tout ce qui se passe aujourd’hui. L’OMPI est obligé de se réfugier en France. Ils vivent dans des conditions faciles à certains moments, mais très difficiles à d’autres parce qu’il y a toujours des procédures pénales.

Cela m’amène à dire un mot  de cette résistance qu’est l’OMPI. Face à ce régime terrible pour arriver à tenir la longueur, il faut être solide. Je peux vous le dire pour l’avoir vu de près. Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi l’objet d’une extraordinaire entreprise de désinformation. On vous présente tour à tour comme des marxistes-islamistes, comme des sectaires, comme des terroristes et ceci est entendu au point que vous êtes inscrits sur ces différentes listes de proscription. Malgré cela vous arrivez à survivre.

Il y a un autre thème qui me frappe beaucoup dans cette réunion, c’est en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à l’argent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent en quelque sorte résistantes et vous soutiennent. On l’a vu en 2003, lorsqu’en fait l’opinion publique française ne s’est pas laissé prendre à la mise en scène de la procédure judiciaire. Mais on le voit en Iran, vous le signaliez Mme la présidente tout à l’heure, la forte non participation aux élections ou les nombreux bulletins nuls qui ont été mis dans les urnes ; c’est une signification qu’en Iran même l’opinion publique essaie de résister à ce régime. Mais bien entendu, l’opinion publique ne peut pas à elle seule, la société civile comme on dit, ne peut pas à elle seule résister, surtout quand la presse n’existe pas, la presse libre. En réalité il faut rechercher dans ce contexte un débouché politique et c’est l’objet d’une réunion comme celle d’aujourd’hui.

C’est la recherche de ce débouché politique chez nous qui ne peut être que dans l’union et en fait le regroupement sur quelques idées simples. En réalité l’idée principale, c’est de se dire que la seule organisation qui a survécu, qui est encore forte qui est très présente, c’est l’OMPI, c’est elle qui doit être soutenue.

Or il y a près de nous un pays qui a vécu des situations aussi dramatiques. Quelqu’un évoquait Munich. C’est exactement cela qu’ils sont en train de vivre et nous devons être capables de répondre. Evidemment la première chose que nous devons obtenir, c’est d’abord que la justice puisse aller jusqu’au bout du travail qu’elle a commencé de faire. Je suis magistrat de formation. Je suis heureux de voir qu’au moins sur certaines séquences la justice arrive à redresser la barre et à être en liaison avec les opinions publiques justes. Il faut également et c’est un acte beaucoup plus politique, que les gouvernements acceptent de vous enlever de la liste des organisations terroristes. Il faut aller à mon avis beaucoup plus loin car il faut que vous deveniez concrètement le centre d’une vaste réunion de tous les opposants qui sont nombreux, car il n’y a pas que vous. Il y a en a beaucoup et vous êtes les seuls à pouvoir faire le cœur de ce dispositif, il faut donc vous soutenir, c’est ce que nous avons essayé de faire aujourd’hui, nous tous, aussi divers que nous soyons et nous espérons madame la présidente que votre souhait, c’est à dire qu’un jour nous puissions évoquer la réunion de Strasbourg à Téhéran, viendra très rapidement.

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