CNRI « Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi lobjet dune extraordinaire entreprise de désinformation. Malgré cela vous arrivez à survivre. Ce qui me frappe beaucoup, cest en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à largent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent résistantes et vous soutiennent», a déclaré François Colcombet, magistrat, lors dun colloque à Strasbourg le 24 avril.
CNRI « Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi lobjet dune extraordinaire entreprise de désinformation. Malgré cela vous arrivez à survivre. Ce qui me frappe beaucoup, cest en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à largent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent résistantes et vous soutiennent», a déclaré François Colcombet, magistrat, lors dun colloque à Strasbourg le 24 avril.
Intitulé « les relations de lUnion européenne avec lIran : perspectives dun changement démocratique », le colloque était organisé par le Comité français pour un Iran démocratique, dont François Colcombet est un des co-fondateurs, et lintergroupe des Amis dun Iran Libre au Parlement européen.
Cest sous la présidence dAdrien Zeller, président du Conseil régional dAlsace, et dAlejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen, que se sont réunis de nombreux députés européens et nationaux de tous bords et de divers pays, des juristes de premier plan comme Lord Slynn of Hadley, ancien juge à la Cour européenne de Justice, et danciens ministres comme Sid Ahmed Ghozali ex-Premier ministre algérien, ou Alain Vivien, ancien secrétaire dEtat aux Affaires étrangères. Tous ont souligné la nécessité de soutenir la Résistance iranienne, et en premier lieu de retirer les Moudjahidine du peuple dIran de la liste du terrorisme. Linvitée dhonneur était Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.
Voici lintervention de François Colcombet :
Ce qui ma frappé dans cette réunion, cest la volonté commune de se regrouper autour de vous, du CNRI, une volonté commune extrêmement large puisque beaucoup de parti politiques, de pays sont représentés, et même beaucoup de fonctions, puisquil y a ici des juristes, des politiques. Beaucoup de personnes qui toutes ensemble pensent quil faut faire quelque chose, dans le même sens.
Ce qui ma frappé aussi cest la volonté daborder tous les sujets. La dernière question à laquelle vous avez répondu madame la Présidente sur lislam cest une question quil faut poser parce que beaucoup de choses sont dites, par les musulmans eux-mêmes, qui désinforment sur leur propre sujet. Il est indispensable que ce sujet soit traité avec précision et sans arrêt entretenu. Il ne faut pas faire une confiance absolue aux religions. Il faut les mettre en observation, en quelque sorte, il ne faut pas les exclure non plus. Ce travail il faut laborder et vous lavez fait très courageusement.
Une autre idée très forte, cest combien ce régime de lIran est particulier et combien il est dangereux, non seulement pour ses voisins proches, pour son opposition, mais pour lensemble du monde, sur quelques thèmes.
Sur lapproche des violations systématiques des droits de lhomme, les quelques images que vous avez montrées correspondent à une réalité extrêmement dure. Je profite de loccasion pour rappeler que vous-même et tous ceux qui sont dan la salle, les Iraniens, ont souffert dans leur famille. Certains ont été détenus, certains ont été torturés. Cest une réalité, ce nest pas quelque chose dont on parle ou quon aperçoit à la télévision. Cest une réalité vécue pour beaucoup de personnes.
Lautre idée forte qui a été exprimée à de multiples occasions ici, cest la volonté dexporter le terrorisme qui est en réalité dans la constitution même de lIran. Car dans lengouement général, quand les pays occidentaux ont laissé sinstaurer ce régime, ils nont pas lu la constitution. Elle a été dailleurs traduite que très tardivement. Mais cest inscrit dans le texte. Les pasdarans doivent le faire. Cest mis dans lacte fondateur.
Et ensuite lautre grande idée, cest que au-dessus de cette constitution, il y a un guide suprême qui est directement en contact avec lau-delà et qui peut à tout moment interpréter les textes sacrés de la façon qui larrange et il en abuse et en use. Cest dans la fondation même. Or je dois le dire lOMPI sest créé contre cela car après avoir participé à la révolution contre le chah, lOMPI au bout de deux ans sest opposé à la constitution-même de lIran et cest de là que commence tout ce qui se passe aujourdhui. LOMPI est obligé de se réfugier en France. Ils vivent dans des conditions faciles à certains moments, mais très difficiles à dautres parce quil y a toujours des procédures pénales.
Cela mamène à dire un mot de cette résistance quest lOMPI. Face à ce régime terrible pour arriver à tenir la longueur, il faut être solide. Je peux vous le dire pour lavoir vu de près. Non seulement vous êtes agressé physiquement, juridiquement, mais vous faites aussi lobjet dune extraordinaire entreprise de désinformation. On vous présente tour à tour comme des marxistes-islamistes, comme des sectaires, comme des terroristes et ceci est entendu au point que vous êtes inscrits sur ces différentes listes de proscription. Malgré cela vous arrivez à survivre.
Il y a un autre thème qui me frappe beaucoup dans cette réunion, cest en réalité la sensibilité assez juste des opinions publiques alors que les gouvernements cèdent très volontiers à la force, à la corruption, cèdent à largent, cèdent aux contrats juteux. Les opinions publiques restent en quelque sorte résistantes et vous soutiennent. On la vu en 2003, lorsquen fait lopinion publique française ne sest pas laissé prendre à la mise en scène de la procédure judiciaire. Mais on le voit en Iran, vous le signaliez Mme la présidente tout à lheure, la forte non participation aux élections ou les nombreux bulletins nuls qui ont été mis dans les urnes ; cest une signification quen Iran même lopinion publique essaie de résister à ce régime. Mais bien entendu, lopinion publique ne peut pas à elle seule, la société civile comme on dit, ne peut pas à elle seule résister, surtout quand la presse nexiste pas, la presse libre. En réalité il faut rechercher dans ce contexte un débouché politique et cest lobjet dune réunion comme celle daujourdhui.
Cest la recherche de ce débouché politique chez nous qui ne peut être que dans lunion et en fait le regroupement sur quelques idées simples. En réalité lidée principale, cest de se dire que la seule organisation qui a survécu, qui est encore forte qui est très présente, cest lOMPI, cest elle qui doit être soutenue.
Or il y a près de nous un pays qui a vécu des situations aussi dramatiques. Quelquun évoquait Munich. Cest exactement cela quils sont en train de vivre et nous devons être capables de répondre. Evidemment la première chose que nous devons obtenir, cest dabord que la justice puisse aller jusquau bout du travail quelle a commencé de faire. Je suis magistrat de formation. Je suis heureux de voir quau moins sur certaines séquences la justice arrive à redresser la barre et à être en liaison avec les opinions publiques justes. Il faut également et cest un acte beaucoup plus politique, que les gouvernements acceptent de vous enlever de la liste des organisations terroristes. Il faut aller à mon avis beaucoup plus loin car il faut que vous deveniez concrètement le centre dune vaste réunion de tous les opposants qui sont nombreux, car il ny a pas que vous. Il y a en a beaucoup et vous êtes les seuls à pouvoir faire le cur de ce dispositif, il faut donc vous soutenir, cest ce que nous avons essayé de faire aujourdhui, nous tous, aussi divers que nous soyons et nous espérons madame la présidente que votre souhait, cest à dire quun jour nous puissions évoquer la réunion de Strasbourg à Téhéran, viendra très rapidement.

