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Iran : Les opposants de Téhéran sur la liste noire malavisée des Etats-Unis

Par Lord Waddington, Lord Archer et Lord Corbett

International Herald Tribune, 25 février – S’il y a une question qui a dominé des discussions politiques des deux côtés de l’Atlantique, c’est bien la question diabolique sur la façon de traiter avec un régime iranien qui continue à contrecarrer les ambitions démocratiques de son peuple tout en intervenant dans les affaires d’autres nations. En tant qu’hommes politiques britanniques, nous avons eu notre part de complications avec le gouvernement iranien, de l’incident naval l’an dernier dans lequel nos marins ont été emprisonnés, aux questions actuelles sur le programme nucléaire de l’Iran. Quand il s’agit de l’Iran, nous sommes dans le même bateau que les Américains.

Ce que nous trouvons déconcertant à la lumière de notre problème commun, c’est la raison pour laquelle le gouvernement américain ne sait pas tirer profit de groupes qui cherchent à être utiles à l’occident avec des renseignements, des informations et le soutien de mouvements iraniens pro-démocrates. Comment les Etats-Unis peuvent-ils affirmer être durs avec l’Iran alors que Washington désigne l’ennemi le plus redouté de Téhéran comme une organisation terroriste ?

C’est malheureusement, le cas du groupe des Moudjahidines du peuple, opposé au pouvoir. Il y a des décennies, bien avant la chute du chah, ce groupe a été fondé pour assurer une démocratie laïque à l’Iran. Dans ses premières années, l’OMPI a acquis la réputation d’être franc dans son opposition à ce qu’il considérait comme un soutien américain au chah. Mais ses demandes cohérentes pour un Iran laïc et démocratique l’ont brouillé avec les gouvernements iraniens suivants – et, par un étrange coup du sort, avec Washington, qui a rejeté les idées du groupe, sa tactique et son objectif de remplacer le gouvernement iranien.

En 1997, l’administration Clinton a placé l’OMPI sur la liste du Département d’Etat des organisations terroristes étrangères pour plaire au président nouvellement élu de l’Iran, Mohammad Khatami, dont elle espérait qu’il aurait une influence modératrice. Cet espoir n’a rien donné. Mais l’OMPI est restée sur la liste – au prix des intérêts américains dans la région.

Après un examen très attentif, nous sommes convaincus que l’OMPI a été considérée de manière injustifiable comme une organisation terroriste et que son maintien continu sur la liste est totalement dénué de raison et contreproductif.

Ces cinq dernières années, le groupe a énormément contribué à la collecte d’informations vitales à l’intérieur de l’Iran, particulièrement concernant le programme nucléaire clandestin de l’Iran. Il a été une source de renseignements inestimables pour les Etats-Unis et l’Europe sur des menaces nucléaires et terroristes posées par le régime iranien. Ses efforts inlassables pour remplacer le régime théocratique de l’Iran par une démocratie laïque ont amélioré les chances d’un changement réel à l’intérieur de l’Iran.

Le 30 novembre 2007, un tribunal britannique a ordonné le retrait du groupe de la liste des organisations terroristes du gouvernement britannique. Avec 32 autres parlementaires des trois principaux partis, nous avons appelé les autorités britanniques à le retirer de la liste  terroriste. Bien que le ministère de l’Intérieur s’était battu pour maintenir l’OMPI inscrite, un examen détaillé par une cour de trois juges habilité à décider pour des cas impliquant la radiation de groupes désignés comme terroristes, a rendu ce verdict important. La cour a déclaré que le refus du gouvernement britannique de supprimer la désignation de terroriste était "pervers" parce que le groupe "ne répond  plus à aucun des critères nécessaires pour maintenir leur interdiction" comme organisation terroriste.

Nous croyons que la décision de la cour est à la fois équitable et contraignante. Des rapports crédibles démontrent que l’organisation ne s’est engagée dans aucune activité violente depuis 2001. En 2003, elle a formellement renoncé au terrorisme et a volontairement désarmé. De vastes interrogatoires et enquêtes de ses membres en Irak au Camp Achraf par des agences de sécurité américaines confirment que le groupe ne pose aucune menace à la sécurité des Etats-Unis.

Nous sommes tous légitimement préoccupés par le terrorisme et les menaces à notre sécurité nationale et à la sécurité des citoyens où qu’ils se trouvent. Nous continuerons à travailler avec le gouvernement américain sur le contre-terrorisme. Mais nous ne pouvons pas tolérer qu’un groupe comme l’OMPI soit taxé d’organisation terroriste étrangère, particulièrement quand il n’existe plus de justification. En légitimant ce mouvement pro-démocratique, nous renforçons les forces démocratiques à l’intérieur de l’Iran.

Il est facile après le 11 septembre de taxer quelqu’un de terroriste. Mais ce genre de stratégie contreterroriste a uniquement porté tort à la crédibilité de pays épris de liberté comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Lord Waddington est un membre Conservateur de la Chambre des Lords et ancien ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni. Lord Sandwell est un membre travailliste de la Chambre des lords et un ancien avocat général du Royaume-Uni. Lord Corbett est un membre travailliste  de la Chambre des Lords et préside le Comité parlementaire britannique pour la Liberté en Iran.

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