samedi, novembre 26, 2022
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Iran : L’Economie d’Ahmadinejad

Par Mohammad Amine

CNRI – Dans la crise iranienne, le nom d’Ahmadinejad, le président des mollahs, équivaut  au désordre : répression interne, aventurisme et exportation de l’intégrisme pour couvrir l’instabilité politique du pouvoir. Dans l’économie iranienne aussi, ce nom signifie chaos avec des résultats calamiteux.

 

Durant les trente mois de sa présidence, les revenus de l’Iran, uniquement avec les rentrées pétrolières, se sont montés au moins à 15 milliards de dollars, ce qui revient à la moitié de l’ensemble des revenus des 16 années précédentes. On aurait pu s’attendre à ce que tout l’argent, crée la relance de la production intérieure, réduise les maux comme le chômage (6 millions de personnes, soit un quart de la population active), et des améliorations dans l’enseignement et la santé publique.

Mais la réalité est accablante :
– La croissance a chuté de 2%
– la masse monétaire a doublé en deux ans.
– L’inflation est passée de 11 à 23 % (selon le centre de recherche du parlement des mollahs)
– Les prix des loyers ont augmenté de 50% et dans certains quartiers de la capitale, ils ont doublé.
– Les fermetures et faillites en chaîne d’entreprises ont provoqué une nouvelle vague de chômage.

Pour contrôler la situation, les mollahs ont soudain décidé de réduire les taux d’intérêts bancaire de 4%. Cette décision a renforcé l’inflation et la corruption dans les cercles du pouvoir.

Ensuite, des crédits à taux réduits ont été accordés aux demandeurs pour créer de petits commerces et donner du travail aux chômeurs. Ce plan a coûté très cher et a été un échec cuisant, parce que les petits commerces n’ont pas résisté à la concurrence des produits importés. En conséquence, les chômeurs se sont transformés en chômeurs endettés.

Puis Ahmadinejad a agité le drapeau de la privatisation : il a cédé une partie des actions des entreprises publiques aux fidèles du régime et aux anciens combattants. Ce plan devait augmenter les revenus d’une partie de la population.  Mais il a provoqué son mécontentement parce qu’il s’agissait d’actions d’entreprises en faillite.

Les décisions des mollahs sont dévastatrices. A titre d’exemple, l’aventure du sucre. Un  beau jour, ils ont décidé de baisser les tarifs du sucre. Le but était apparemment de permettre une plus grande consommation. Mais en coulisse, des marchés ont été conclus avec des commerçants favorables au pouvoir. Ahmadinejad a baissé les tarifs à sa manière : ils sont passé de 130% à 4%. Immédiatement une vague de sucre a inondé l’Iran. Les raffineries de sucre n’ont pu vendre leur propre production, les employés ont été licenciés et personne n’a prêté attention à leurs protestations. Et pour couronner le tout, les consommateurs qui attendaient du sucre à bas prix, en ont été pour leur frais. Avec des entrepôts pleins à craquer, le prix du sucre a augmenté.

Une autre aventure, c’est le jeu de l’arbitraire avec des organismes économiques. Ces derniers mois, Ahmadinejad a d’abord dissous l’organisation de gestion et du plan du pays (la plus spécialisée et la plus expérimentée dans ce domaine). Puis il a donné l’ordre de dissoudre la cour des comptes. Ensuite il a éliminé le Conseil de la monnaie et du  crédit (qui décide de la politique monétaire). Il leur a préféré ses conseillers pour les prises de décisions économiques. L’économie du pays a sombré dans le chaos.

En revanche, Ahmadinejad a répondu à tous ceux qui lui ont écrit, quel que soit le contenu de la lettre, qu’il leur enverrait 40.000 tomans (40 euros). Certaines autorités gouvernementales se moquent en disant que si le président avait jeté le revenu du pays en hélicoptère à la population, les effets auraient été meilleurs pour l’économie iranienne.

On peut comprendre que les sanctions internationales créent des problèmes aux mollahs. Mais il est certain que ces problèmes ne peuvent expliquer pourquoi ils attaquent à la hache les racines de l’économie du pays.

Chaque mois ils prennent  en toute urgence des décisions étranges, et le mois suivant, d’autres mesures dans la même urgence pour réparer les dégâts des décisions précédentes.

En fait il règne une profonde instabilité et une situation d’urgence dans le régime des mollahs. De cette politique cataclysmique, les proches des mollahs ont rejoint le club des milliardaires et des millions d’Iraniens sont passés sous le seuil de pauvreté.

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