mardi, janvier 31, 2023
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Iran : le message courageux d’un prisonnier politique récemment libéré

Iran : le message courageux d’un prisonnier politique récemment libéré

Shahin Zoghi-Tabar avait été arrêté le 20 mai 2013 par la division des renseignements des gardiens de la révolution pour avoir soutenu l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Dans un message envoyé peu après sa récente sortie de la prison en Iran, il partage avec ses compatriotes ce qu’il a vécu en détention et appelle la communauté internationale à mettre fin à la politique de complaisance vis-à-vis du régime iranien.

Voici un extrait de son message :

« Je salue tous mes compatriotes qui sont toujours incarcérés. Je salue également tous ceux impliqués dans le récent soulèvement et notamment tous les martyrs de celui-ci. Je m’appelle Shahin Zoghi Tabar.

Iran : le message courageux d’un prisonnier politique récemment libéré

J’ai été arrêté le 20 mai 2013 par la division du Renseignements des Gardiens de la révolution (pasdaran) pour avoir soutenu l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran et j’ai passé un an et cinq jours en isolement dans le centre 2A. On m’a condamné à une peine de cinq ans de prison que j’ai commencé à purger dans la prison d’Evin avant d’être transféré dans la prison de Gohardasht. J’ai été interrogé et torturé à maintes reprises par les agents du ministère du Renseignement et les agents du centre de détention 2A. Deux de mes dents ont été cassées et mon crâne a été fracturé, mais cela n’a pas d’importance, car c’est le prix à payer pour la liberté. Je connais des personnes qui ont été en isolement et torturées pendant cinq ans.

En subissant les tortures et les interrogatoires, j’ai appris que les bourreaux et les interrogateurs craignent la population et son soulèvement. Le 6 février, à la suite de mon interrogatoire, j’ai été renvoyé dans la prison de Gohardasht. Après deux heures d’attente dans le hall, ils m’ont appelé et m’ont dit que Ziaei, le directeur par intérim de la prison voulait me voir. Lorsque je suis descendu pour le voir, ils m’ont informé que j’étais libre et je n’ai pas eu l’occasion de retourner dans ma cellule. Ils m’ont emmené dans une ambulance et m’ont laissé dans les rues de Karaj. Je ne connaissais pas la ville et cela m’a pris un moment avant que je puisse retrouver mon chemin pour rentrer.

 

Étant donné ma libération inattendue, je n’ai pas eu l’occasion de dire au revoir à mes camarades en prison et j’aimerais profiter de cette opportunité pour dire à Saeed Masoori, Javad Fouladvand, Pirooz Mansouri, Mohammad Amir Khizi, Afshin Baimani, Hasan Sadeghi, Paiam Shakiba, Majid Asadi, Amir Ghaziani, Hamzeh Darvish, Abrahim Firoozi, Jafar Eghdami et tous ceux qui me manquent que je leur souhaite le meilleur et que j’espère les revoir dans l’Iran libre de demain.

J’aimerais aussi mentionner M. Ali Moezi, avec qui j’ai partagé ma cellule pendant quelque temps et de qui j’ai beaucoup appris. Je souhaiterais dire à Arash Sadeghi « bon travail » et lui souhaiter le meilleur ainsi qu’à sa femme, Golrokh Irani, Arena Daemi et Soheil Arabi. Il est clair que la fin du régime approche et je leur souhaite la réussite dans leur entreprise.

J’aimerais également citer Shahrok Zamani, avec qui j’ai eu l’honneur de passer du temps en prison avant qu’il devienne un martyr, ainsi que Shahram Ahmadi et d’autres amis sunnites qui ont été exécutés par les agents du ministère du Renseignement. Leur mémoire vivra éternellement.

Je souhaiterais aussi profiter de cette opportunité pour discuter avec nos compatriotes de tous horizons – étudiants, ingénieurs, avocats, ouvriers et médecins qui vivent l’oppression – et leur dire que le régime est la source de tous nos problèmes.

Dans les rues vous avez entonné avec raison « conservateurs, réformistes, la partie est terminée. »

Pour couvrir sa répression dans le pays, le régime s’ingère dans les affaires d’autres pays de la région comme la Syrie, l’Irak, le Yémen et il continue à soutenir le dictateur sanguinaire Bachar el-Assad. Le meilleur moyen est d’utiliser toutes les opportunités disponibles et cela n’a pas d’importance s’il s’agit du 11 février, le Jour du travail ou de la Journée des étudiants. En formant des cellules de résistance, nous devons être prêts pour chaque situation dans n’importe quel lieu afin d’être certains que le régime ne fêtera pas son 40e anniversaire.

Par la présente, j’appelle les gouvernements occidentaux à mettre un terme à leur politique de complaisance vis-à-vis du régime iranien. En effet, un Iran libre et démocratique profitera beaucoup plus aux populations de la région et au monde. Enfin, j’aimerais commémorer la mort des martyrs de la résistance et du soulèvement, notamment les martyrs du massacre de 1988, dont le sang m’a donné le courage de parler devant cette caméra. Merci. »

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