mercredi, février 8, 2023
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Iran : Le combat de Saïd pour la liberté de son peuple

Saïd Chams est un étudiant courageux qui s’est dressé contre la tyrannie des mollahs en Iran avant d’être arrêté et torturé pour ses convictions. Actif dans le milieu étudiant pour dénoncer le régime intégriste, le jeune Saïd a pris part au soulèvement populaire de 2009 en Iran, où il a été amené à mesurer l’impact du combat des Moudjahidine du Peuple pour le changement. Ayant quitté récemment son pays, il participait le 16 décembre à une conférence internationale à Paris intitulée, « La situation explosive de l’Iran, le régime des mollahs encerclé par les crises ». Voici le texte de son intervention poignante:

« Je m’appelle Saïd et j’étais étudiant en génie, avant d’être expulsé de l’université en Iran. Tout d’abord, je tiens à saluer les jeunes iraniens qui, malgré le fait qu’ils aient été détenus dans les chambres de torture d’Ali Khamenei, ou qu’ils aient été réprimés et agressés, scandent des chants de lutte et de liberté.

Il y a exactement une semaine aujourd’hui, lors de la célébration de la Journée nationale des étudiants, le régime théocratique barbare a condamné Zamaneh Zivieh, une étudiante en droit, à 50 coups de fouet parce qu’elle avait appelé à la liberté.

Tel qu’Atena Daemi (une militante des droits des femmes) a déclaré : « Même s’il est vrai que ceux qui ont été tués ou exécutés, ne vivront plus jamais, se souvenir d’eux, prêter attention à leur détresse, et être la voix de chacun d’entre eux, contribuera au triomphe de la justice et de l’humanité. Ceci sera enregistré dans les annales de l’histoire et sera réconfortant pour tous ceux qui ont été opprimés d’une manière ou d’une autre pendant de nombreuses années. »

Ma rencontre avec les Moudjahidine du Peuple (OMPI) remonte au soulèvement de 2009. C’était la rébellion d’une génération tourmentée, qui avait souffert de la répression et de l’oppression. C’était l’explosion de la colère réprimée d’un peuple, étouffée par des années d’oppression. Comme un homme assoiffé dans le désert, je cherchais un remède. Un remède qui n’était pas une chimère, mais une réalité tangible. Une réalité dans laquelle le régime a vu dès le début, sa propre disparition, et pour cette raison, il a essayé désespérément de l’anéantir.

Mais pourquoi craindre ceux qui ont la scie dans leurs mains, parce que notre vérité est le grand arbre de la libération, avec des racines solides dans le sol et avec des branches s’élevant haut dans le ciel, avec un nouveau fruit chaque jour.

C’est au cœur de cette insurrection que j’ai lu le livre de Massoud Radjavi, intitulé « Stratégie de soulèvement et de renversement ». C’est ainsi que j’ai pris connaissance de l’OMPI et de ses idéaux. Après les avoir recherchés, j’ai finalement pris contact avec l’OMPI.

J’ai été arrêté à un rendez-vous. Pendant l’interrogatoire, j’ai réalisé que le régime a formé des individus qui sont délibérément et consciemment déterminés à détruire l’amour et l’humanité. Je me suis dit, nous avons de nombreux exemples de personnes demeurées inébranlables. Alors, je le peux aussi. Et je me suis engagé à persévérer.

Ceci me rappelle ma sœur héroïque, Rayhaneh Jabberi, qui a déclaré : « Nous devons persévérer pour créer une valeur. Même si vous mourez, persévérez et créez une nouvelle valeur. Et elle a persévéré et a créé une valeur, et le ciel a chanté ses louanges. »

J’ai finalement réussi à tromper les interrogateurs et j’ai été libéré. Afin de continuer sur le chemin que j’avais choisi, j’ai décidé de quitter le pays. Je savais que si j’étais arrêté à la frontière, l’enfer m’attendait. Mais je me suis dit que ma vie n’est pas plus précieuse que celle de Sattar Beheshti (le jeune bloggeur assassiné en prison sous la torture). Les interrogateurs lui disaient qu’il devait fermer sa bouche, sinon il serait tué et personne ne saurait ce qui lui est arrivé.

Qu’il en soit ainsi, jusqu’à ce que vous soyez damnés par la malédiction de l’enfer, par la malédiction des mères en pleurs vêtues de noir, affligées par la perte des plus beaux enfants du soleil et du vent…

Pour cette raison, j’ai choisi de ne pas rompre mon engagement et j’ai pris le risque. J’ai traversé la frontière en secret, alors que les Gardiens de la révolution (pasdaran) tiraient sur moi. Ce n’était pas pour me sauver la vie, mais pour tenir la promesse que j’avais faite de me tenir debout jusqu’au dernier instant de ma vie, d’élever la lutte que j’avais entamée, de devenir un activiste à plein temps, prêt à tout donner sur le chemin de la résistance. Je suis venu à l’étranger, non pour échapper aux épreuves, mais pour payer encore plus cher mon engagement sur la voie de la libération de mon peuple et de ma patrie l’Iran.

Il est vrai que je suis maintenant à l’étranger, mais comme je suis plus déterminé que jamais à m’inspirer des exemples tels que Rahman Manani, Amir Nazari, Hanif Emami, Siavosh Nezam al Molki, Saba Haftbaradaran et Mahdieh Madadzaeh, (de jeunes militants et militantes des Moudjahidine du Peuple assassinés ces dernières années par le régime) comme mes phares. Oui, je suis déterminé à donner tout ce que j’ai par amour pour l’idéal de liberté.

Oui, je suis Saïd, le rebelle contre l’oppression des étudiants, celui qui continu son combat dans un nouveau bastion pour la liberté. Je suis confiant qu’ensemble, en rangs serrés, avec la marée rugissante du peuple iranien et des combattants de l’Armée de Libération, nous atteindrons la liberté, aussi cher qu’en soit le prix.

Mes hommages à tous les étudiants iraniens éclairés, ceux qui ont été martyrisés, ceux qui sont enchaînés et ceux qui luttent pour la liberté et la justice sur tous les fronts. »