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Iran : L’Association Edalat, une organisation écran des services de Renseignements ‘ 2e partie

VevakPar Reza Shafa

Les activités de l’Association Edalat
Lors d’une réunion, en décembre 2007, à l’Association Edalat, Zahra Sobhani qui faisait un rapport sur les activités semestrielles de l’Association a déclaré : « Au cours de cette période, nous avons eu 20 rencontres avec des délégations européennes venues en Iran, notamment :

 

VevakPar Reza Shafa

(pour la première partie cliquer ici)

Les activités de l’Association Edalat

Lors d’une réunion, en décembre 2007, à l’Association Edalat, Zahra Sobhani qui faisait un rapport sur les activités semestrielles de l’Association a déclaré : « Au cours de cette période, nous avons eu 20 rencontres avec des délégations européennes venues en Iran, notamment :

• Une rencontre avec une délégation parlementaire britannique, conduite par Mike Gapes, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes. Treize lords et l’ambassadeur britannique à Téhéran y assistaient. Nous leur avons fourni des informations et demandé que le gouvernement britannique cesse de soutenir ce type de groupuscules.

• Une rencontre avec une délégation parlementaire européenne dirigée par Angelika Beer et Emma Nicholson.

• Une rencontre avec un juge français et un avocat français à Téhéran. Étant donné que la principale base de l’OMPI se trouve en France, nous leur avons expliqué que nos activités en tant qu’ONG s’articulent autour de la dénonciation de l’OMPI et de ses opérations terroristes. »

En décembre 2007, Zahra Sobhani a également déclaré qu’une partie du programme à venir de l’association comprenaient des voyages à Genève pour des rencontres au siège des Nations Unies et avec des organismes internationaux. C’est à la suite de cette annonce, en septembre 2008, qu’ils se sont rendus à Genève.

Sobhani a indiqué que les autres activités de l’association consistaient à rester en contact avec les agents du Vevak opèrant sous le couvert « d’anciens membres de l’OMPI » et de coordonner leur action avec l’association Nejat contre l’OMPI.

Méthodes et tactiques

Au cours d’une discussion au bureau de l’association Edalat, Sobhani a décrit de la manière suivante les méthodes et les tactiques de l’association :

• Nous allons commencer par la famille (privée de père), puis nous donnerons des explications sur les activités de l’OMPI contre les droits de l’homme.

• Nous donnerons des publications en anglais du Département d’État américain contre l’OMPI.

• Au cours des rencontres avec les délégations des Nations unies à Téhéran, nous documenterons ce qu’elles diront contre l’OMPI et nous nous en servirons lors de nos futures rencontres.

• Nous dirons alors que notre objectif est de créer un monde dans lequel les enfants ne grandiront pas sans père comme ce fut notre cas.

• Lors de ces réunions, nous allons insister sur le fait que notre rôle n’est pas politique ou gouvernemental, mais plutôt humanitaire, non-gouvernemental et préoccupé par des questions de droits de l’homme.

Exemples de rapports sur les activités de l’Association Edalat

Rencontre avec des députés britanniques en novembre 2007 :

1. Le 15 novembre, la délégation britannique a rencontré la fille supposée de deux personnes supposément tuées en 1981. Sobhani et Sepehri se sont présentés comme membres de l’Association Edalat. La réunion s’est déroulée au cinquième étage d’un immeuble situé en face du parc Sa’i de Téhéran. Le compte-rendu de la rencontre, après relecture du Vevak, a été publié le 21 novembre par l’agence officielle de presse des mollahs, IRNA.

2. Sobhani, qui était le principal porte-parole lors de la réunion, a déclaré au sujet des discussions avec la délégation :

• « Nous avons rencontré les 13 personnes de la délégation parlementaire britannique, et leur avons donné des informations. Nous leur avons dit que le gouvernement britannique devait s’abstenir de soutenir l’OMPI. »

• « Nous avons commencé la réunion par une discussion sur les familles, et ensuite nous avons parlé des violations des droits humains de l’OMPI, et nous leur avons donné des communiqués en anglais du Département d’État américain contre l’OMPI. »

• « Nous avons aussi traduit des rapports de délégations des Nations Unies venues à Téhéran, qui avaient fait des recherches et condamné l’OMPI, et nous avons présenté ces rapports à la délégation. »

• « La délégation les a également confirmé. Ensuite, en tant que victimes de ce groupuscule, nous avons présenté nos familles et souligné que nous cherchons à créer un monde dans lequel les enfants ne grandiront pas sans père comme nous l’avons vécu, ou, un monde dans lequel d’autres enfants, à la différence de nos enfants, serait en mesure de voir leurs grands-parents.

Quand nous étions jeunes, nous avions l’espoir de voir nos pères, mais cela ne c’est jamais réalisé. Donc, nous voulons un monde dans lequel d’autres enfants ne seraient pas comme nous. En effet, nous avons voulu montrer à la délégation britannique que nos activités n’étaient pas politique, et avaient une tonalité plutôt humanitaire et portaient sur les droits de l’homme. En d’autres termes, nous avons essayé de montrer en quelque sorte que ce n’était pas une initiative du gouvernement, à la place nous voulions leur faire sentir que c’était une initiative personnelle. C’est donc la voie que nous avons suivie avec les Britanniques. »

• « Les documents que nous avons traduits et fournis à la délégation, mettaient tous ces points en évidence. Notre premier objectif est d’ouvrir les yeux aux pays européens, puisque les États-Unis sont maintenant en Irak et que l’OMPI se trouve au camp d’Achraf et désarmée, de sorte que les gouvernements européens s’abstiennent d’accepter l’OMPI. À l’heure actuelle, l’Europe montre des signes de vouloir retirer l’OMPI de la liste du terrorisme. »

3. Un journaliste de l’IRNA, qui était invité à la rencontre avec la délégation britannique à l’Association Edalat, a rédigé le texte suivant :

• Sur cette question, nous nous sommes coordonnés avec le Vevak, et on nous a demandé d’éviter de rapporter des informations sur les individus, le lieu et l’ordre du jour. Pour finir, sur la base de l’accord conclu avec le Vevak, nous avons également soumis notre rapport pour examen, et après avoir reçu l’aval du Vevak, nous avons envoyé le rapport. Haj Mohseni, le directeur des relations publiques du Vevak, a été notre principal contact sur cette question.

• La rencontre avec la délégation britannique a eu lieu le 15 novembre, mais la dépêche à son sujet a été publié le 21 novembre, après l’aval du Vevak.

• Pour élaborer ce rapport, nous sommes allés dans deux locaux appartenant à des victimes du terrorisme et de l’Association Edalat. Je ne suis pas allé à l’Association Edalat en vrai. En fait, c’est le Vevak qui a rajouté la partie sur l’Association Edalat dans mon compte-rendu. On a présenté le principal emplacement comme celui de l’Association des victimes du terrorisme. Mais, dans le rapport, ils ont utilisé le terme d’ « Association Edalat », qui en réalité est la même que l’Association des victimes du terrorisme.

Participation de l’Association Edalat au Sommet des droits de l’homme à Genève

En septembre 2008, une délégation composée de quatre personnes (deux hommes et deux femmes) de l’Association Edalat (familles des victimes du terrorisme), sous couvert d’une pseudo ONG iranienne, s’est rendue à Genève pour participer au Sommet des droits de l’homme à l’ONU. A la suite de leur voyage, dans les entrevues menées avec la presse officielle, les membres de cette association ont fait valoir que, à Genève ils ont envoyé un « message de justice pour l’humanité », en coopération avec les organismes des droits de l’homme, et ont présenté des documents sur les « activités terroristes » de l’OMPI à des délégations diplomatiques à Genève.

Les membres de la délégation étaient :

1. Esmat Sepehri, porte-parole de l’association
2. Zahra Sobhani, directrice de l’association
3. Deux hommes, l’un identifié comme étant Reza’i, et l’autre, Alimi, qui a été prisonnier pendant la guerre Iran-Irak pendant neuf ans.

Les réunions et les activités de la délégation à Genève, notamment:

A Genève, conformément à ce qui avait été prévu au Vevak au cours de l’hiver précédent, la délégation a rencontré un grand nombre de responsables d’organisations des droits de l’homme, notamment des représentants du Comité international de la Croix-Rouge, du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, des Nations Unies, Amnesty International et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Suite à ces rencontres, et conformément au programme prévu, ces individus se sont rendus dans des ambassades européennes et des ambassades de certains pays d’Asie, et tout en respectant les scénarios élaborés préalablement à Téhéran, ils ont parlé avec les responsables sur les soi-disant activités terroristes de l’OMPI dans les années 1980.

Selon qu’ils sentaient le terrain propice, les individus ont renouvelé les rencontres deux, voire trois fois, pour y présenter des documents fabriqués contre l’OMPI.