mercredi, novembre 30, 2022
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Iran : L’Abbé Pierre, un ami en communion avec la Résistance iranienne (Jacques Loch)

CNRI – Samedi 27 janvier, une cérémonie en l’honneur de l’Abbé Pierre s’est  déroulée à Auvers-sur-Oise au siège du Conseil national de la résistance, rassemblant la communauté iranienne, des Auversois, des Val d’Oisiens et des amis proches de l’Abbé Pierre comme Jacques Loch, président d’Emmaüs Liberté.

Maryam Radjavi a rendu un vibrant hommage à ce grand serviteur des humbles, à « cet ange protecteur » comme elle l’aime à le qualifier. Beaucoup au cours de cette cérémonie ont choisi de témoigner de la vie et de l’œuvre d’Henri Grouès. Nous vous proposons des extraits de l’intervention de Jacques Loch :

CNRI – Samedi 27 janvier, une cérémonie en l’honneur de l’Abbé Pierre s’est  déroulée à Auvers-sur-Oise au siège du Conseil national de la résistance, rassemblant la communauté iranienne, des Auversois, des Val d’Oisiens et des amis proches de l’Abbé Pierre comme Jacques Loch, président d’Emmaüs Liberté.

Maryam Radjavi a rendu un vibrant hommage à ce grand serviteur des humbles, à « cet ange protecteur » comme elle l’aime à le qualifier. Beaucoup au cours de cette cérémonie ont choisi de témoigner de la vie et de l’œuvre d’Henri Grouès. Nous vous proposons des extraits de l’intervention de Jacques Loch :

L’Abbé Pierre, un ami du combat de la Résistance

Vous avez vu des injustices dans notre pays qui vous ont fait soupçonner de ce mot à la mode, de terrorisme. A ce moment, je me suis approché de l’Abbé Pierre.  Assez vite, intuitivement, l’Abbé Pierre avait confiance, savait que vous n’étiez pas une organisation à problème en France. Il en avait la conviction, je m’en suis aperçu très vite. Il était convaincu de ses arguments, et que ce n’était pas du tout le style d’engagement de votre part. Mais que vous étiez vraiment un mouvement de lutte pour les droits de l’homme dans votre pays.

Maintenant il fallait qu’il en ait la certitude, parce qu’enfin, quand la France se permet de soupçonner des gens bien, il faut faire la lumière, la vérité, la transparence. Mais très vite et toujours il n’a pas lâché les possibilités d’intervenir pour vous. Il a même écrit au président de la République assez vite pour avoir une clarté des choses, ça le préoccupait beaucoup.

Je sais que l’Abbé Pierre était très attaché à votre combat, à votre lutte, après la rencontre avec Maryam, qui l’avait déjà beaucoup touchée et qui lui donnait confiance. L’Histoire a donné raison à l’Abbé Pierre, à vous aussi, et en tout cas à ce soutien. Puis, il est passé vous voir et c’est à son honneur dans son histoire (…)

L’Abbé Pierre était un homme de cœur, il écoutait son cœur et ses renseignements et grâce à tout ça, il est resté un ami de votre combat, un ami de votre lutte jusqu’au dernier souffle.

Il y a trois semaines, je suis allé voir l’Abbé Pierre, il était très fatigué. Il disait : je n’en peux plus, je suis las, je dois partir. Je lui ai dit : Excusez-moi de vous déranger encore mon père. Il me coupe, il m’arrête et me dit : « Mais enfin Jacques, tu sais bien que tu ne me déranges jamais ». Ça, c’était tout à fait l’Abbé Pierre.

Malgré les sollicitations, les demandes, les visites à 6h00 du soir encore pour les gens en qui il avait confiance et pour qui il avait de l’affection, il avait des phrases gentilles et c’était sincère. C’était une lassitude de la vie, pas une lassitude de ses frères ou de ses amis.

Un signe de communion avec la Résistance

On a célébré la messe ensemble. Vous savez qu’il est chrétien, moi aussi. Mais avec son universalisme, dans sa messe, il y avait des signes d’oecuménisme. Je terminerai en disant qu’un des plus beaux signes de communion avec vous, c’est que justement, sa dernière boîte où il rangeait les hosties de l’Eucharistie pour célébrer le mystère suprême des chrétiens, c’était une boîte que Maryam lui avait offerte et qui représentait tout le combat des droits de l’homme en Iran. Il l’avait sur sa table, au milieu, au cours de cette célébration.

Alors moi aussi je voudrais me recueillir ce soir, confier à Dieu l’Abbé Pierre bien sûr, tous ses survivants, tous ses amis, les compagnons d’Emmaüs, tous ceux qui sont dehors dans l’humanité, qui sont méprisés, qui souffrent et tous ceux qui sont torturés, qui souffrent de violations des droits de l’homme. Confier ce combat pour la démocratie, pour l’universalité, pour l’humanité et on restera encore longtemps amis. Je fais une prière à Dieu de nous lier.

L’Abbé unificateur

Dans les religions, il y a des gens qui sont spécialistes pour attiser les différences, souligner ce qui ne va pas, ce sur quoi on n’est pas d’accord et l’Abbé Pierre était l’inverse. Il était quelqu’un qui cherchait entre les musulmans, les chrétiens, tout ce qui nous réunissait, tout ce qui est commun, tout ce qui fait d’apprécier de travailler ensemble, d’être ensemble.

Il faudrait beaucoup d’hommes comme lui et pas des gens qui divisent, qui nous séparent, qui nous font nous battre. Etre unis, être ensemble parce que Dieu est unificateur et non pas diviseur.

Confions à Dieu ce combat ensemble et j’espère beaucoup qu’on se retrouvera.
Je suis très ému par l’enterrement de l’Abbé Pierre parce qu’il m’était très cher.

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