Article de Struan Stevenson, par UPI (United Press International)
[Traduit de l’anglais]
Depuis la prise de fonction de Rohani en 2013, au moins 2300 hommes et 66 femmes ont été exécutés en Iran. Beaucoup d’entre eux ont été pendus en public.
BRUXELLES, le 17 mai (UPI) – La monté des protestations en Iran a déclenché une réaction brutale de la part du régime des mollahs. Cette semaine, lors d’une réunion avec les chefs des organes sécuritaires du régime iranien, Ali Khamenei, le guide suprême de ce régime, a évoqué les récentes manifestations (des enseignants, des chauffeurs de camion, des vendeurs de rue et des syndicalistes) et a admis que ces protestations massives constituent « une menace grave » pour son régime.
Il a ajouté que la mise en place de nouvelles mesures de répression à travers le pays étaient désormais « une haute priorité ». Sept mille policiers en civil supplémentaires ont été déployés à Téhéran pour surveiller la moralité des gens et réprimer les femmes « mal-voilées ». Le régime a également ordonné une intensification de la répression de la presse et des médias sociaux.
Pendant ce temps, les manifestations se sont poursuivies à Téhéran et dans d’autres villes pour dénoncer la détention des dirigeants syndicaux et des prisonniers politiques et réclamer la sécurité d’emploi et le respect des droits pour les travailleurs. Les ouvriers se plaignent que malgré 15 heures de travail par jour, ils ne peuvent toujours pas nourrir leur famille.
Il y a des protestations quotidiennes contre des malversations et des détournements d’argent public par des officiels de haut rang au sein du régime iranien. La réponse du régime face à ces protestations a été une augmentation du nombre des exécutions et d’autres châtiments barbares dans le but de terroriser la population et la maintenir dans un état de soumission.
Alors que l’Occident continue d’applaudir président Hassan Rohani pour son sourire, la réalité est que depuis la prise de fonction de ce dernier en 2013, au moins 2.300 hommes et 66 femmes ont été exécutées en Iran. Beaucoup d’entre eux ont été pendus en public. Pendant le mois d’avril de cette année, il y a eu en Iran 57 pendaisons, dont quatre femmes. Toujours en avril, une femme a été fouetté publiquement dans la ville de Golpayegan (au centre de l’Iran).
Un homme de 31ans dont un œil a été aveuglé en mars 2015 sur ordre de l’appareil judiciaire, a été condamné à l’aveuglement de son deuxième œil par l’acide, parce qu’il n’a pas pu payer « le prix de sang » de sa victime présumé. Le 8 mai, dans la ville de Machhad (au nord-est de l’Iran) un homme de 39 ans reconnu coupable de vol a subi le châtiment barbare d’amputation de ses doigts de sa main. Cette sanction fait partie des châtiments barbares utilisé par le régime de Vélayat-e-faghih (la suprématie absolue du guide suprême) dominé par les mollahs fascistes.
Et pourtant, les pays occidentaux cherchent à se rapprocher de ce régime pour faire des affaires lucratives en Iran après la levée des sanctions à la suite de la conclusion de l’accord nucléaire avec le régime iranien. Le 16 avril, Federica Mogherini – la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité – a été à Téhéran avec sept commissaires européens pour parler de commerce et de coopération dans d’autres domaines avec le régime iranien.
Lors de ces rencontres, les officiels européens n’ont nullement évoqué les violations des droits de l’Homme, la répression des femmes, la répression des travailleurs, l’emprisonnement de journalistes et les châtiments barbares qui sont devenus monnaie courante en Iran.
Nous sommes toujours fascinés par l’Iran. Nous poursuivons toujours la politique erronée d’apaisement envers les mollahs. Le président Barack Obama – qui voulait à tout prix laisser une trace dans l’histoire – a insisté pour qu’un accord nucléaire soit conclu avec le régime iranien. Il a ignoré tous les avertissements qui lui ont été adressés sur ce sujet et a signé un accord, lequel a mis fin aux sanctions internationales et a mis à la disposition du régime iranien d’importantes sommes bloqués jusque-là dans le cadre des sanctions.
Le déblocage de ces sommes a été une aubaine pour un gouvernement qui était au bord de l’effondrement économique. Mais au lieu d’utiliser cet argent pour le bien du peuple iranien, le régime des mollahs a utilisé cet argent pour doubler ses achats d’armes, pour exporter le terrorisme et pour intensifier les ingérences des pasdaran dans les affaires intérieurs des autres pays de la région. Des entités terroristes à la solde du régime iranien sont impliqués dans presque tous les conflits au Moyen-Orient, en particulier en Syrie.
La semaine dernière, Rohani a voyagé à Kerman (au sud-est de l’Iran), la ville natale du général Ghassem Soleimani, le commandant de la Force Ghods. Il a rendu un hommage appuyé à ce chef terroriste qui a été impliqué dans certaines des pires atrocités en Syrie et en Irak. Les pasdaran et la Force Ghods fournissent les armes, l’argent et le personnel militaire à chacune des zones de conflit du Moyen-Orient. Le terrorisme est la principale exportation du régime iranien.
Ce régime fournit de l’argent et des armes aux rebelles Houthis au Yémen, au Hezbollah au Liban, au Hamas à Gaza, à Bachar al-Assad en Syrie et aux milices chiites brutales en Irak. Telle est la nature réelle du régime des mollahs et du président prétendument « modéré » de ce régime avec qui l’Occident pense pouvoir composer.
Les compagnies occidentales doivent savoir que quand elles dont des affaires en l’Iran, en réalité, elles font des affaires avec les gardiens de la Révolution. L’économie iranienne est en grande partie contrôlée par la bande de Khamenei et des pasdaran. Faire des affaires avec ce régime profondément corrompu est une entreprise à haut risque. L’absence de stabilité politique et économique fait de l’investissement en Iran une entreprise précaire. Toutes les sommes récupérées par le régime iranien sont aussitôt utilisées pour des activités bellicistes et terroristes de ce régime.
Récemment, l’opposition iranienne a révélé qu’après la conclusion de l’accord nucléaire avec le régime iranien, ce régime a donné plusieurs milliards de dollars à Assad pour que ce dernier achète des armes de la Russie et poursuive sa sanglante guerre civile en Syrie. Nos gouvernements feraient bien de réfléchir longuement et sérieusement avant de faire des affaires avec le régime iranien. Ceux qui mettent le profit avant l’humain et les droits de l’Homme devront rendre des comptes le jour où ce régime criminel sera renversé et la liberté et la démocratie seront restaurées en Iran.
*Struan Stevenson est président de « l’Association européenne pour la Liberté de l’Irak » (AELI). Il était un eurodéputé conservateur représentant l’Ecosse au Parlement européen de 1999 jusqu’à sa retraite en 2014. Il a été président de la délégation du Parlement pour les relations avec l’Irak de 2009 à 2014 et président de l’Intergroupe « les Amis d’un Iran libre » de 2005 à 2014.

