Le 26 mars 2013
Par Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien
J’ai rencontré beaucoup de combattants de la résistance iranienne. J’ai régulièrement assisté à plusieurs de leurs rassemblements et réunions dans de nombreux pays européens et j’ai appris d’eux beaucoup de choses.
Je crois qu’il y a un dénominateur commun entre le destin des peuples de tous les pays arabes et musulmans, et sur cette voie du destin, on ne peut ignorer le facteur iranien. Sans trop entrer dans les détails, nul ne peut nier que les pays arabes et musulmans de la région ont été influencés de manière très négative par l’évolution des mollahs en Iran. Je suis certain que la suppression de ce régime en Iran inversera le processus et ouvrira la voie à des changements démocratiques dans de nombreux pays de la région.
Cette année, j’ai eu le plaisir de participer à un colloque organisé par la Commission des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne à l’occasion de la Journée internationale des femmes à Paris le 9 mars. De nombreuses personnalités politiques et culturelles, des journalistes de France, d’Amérique, d’Allemagne, d’Espagne, de Grande-Bretagne et de Belgique y ont assisté ainsi que des délégations parlementaires et des militants de pays arabes et musulmans.
Mme Maryam Radjavi était la principale conférencière du séminaire, elle a prononcé un discours sur la conception de la Résistance iranienne et le rôle qu’y jouent femmes.
Le lendemain, j’ai participé à un séminaire organisé au siège du Conseil national de la Résistance dans la banlieue nord de Paris, à Auvers-sur-Oise, où j’ai pu voir la participation active de nombreuses femmes arabes de diverses nations sœurs.
Familier et partisan du statut et du rôle des femmes, en particulier des femmes combattantes, dans la Résistance iranienne, je prends également conscience que la question des droits de la femme dans le monde arabe et musulman est étroitement liée à la lutte des femmes iraniennes pour l’égalité politique, culturelle et économique avec leurs homologues masculins.
On ne peut parler de l’égalité des sexes dans les pays de la région, sans analyser et comprendre la lutte amère pour la liberté et la démocratie en Iran menée par l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), des hommes et des femmes qui se battent depuis près de cinq décennies contre les dictatures du chah et des mollahs.
Je suis d’accord avec les femmes occidentales et arabes de premier plan qui participaient à ces séminaires. Nous avons tous convenu du fait que le fascisme religieux en Iran est une menace et un défi à la démocratie et aux droits humains en général et des femmes en particulier.
Le régime religieux réactionnaire qui sévit en Iran depuis 35 ans a eu un impact sur la plupart des pays arabes et musulmans de la région ces dernières décennies. Et il est clair que le moyen de mettre un terme à cette menace et à cette maladie contagieuse passe par un mouvement de musulmans iraniens croyant dans les vraies valeurs islamiques, un mouvement qui croit dans la démocratie et la liberté et qui est bien ancré dans la société. Un mouvement dont des centaines de milliers de membres sont tombés martyrs pour la cause.
Ce mouvement, malgré la répression absolue endurée pendant plus de trente ans, continue sa lutte et ne fait que se renforcer, comme un phénix qui renaît de ses cendres.
Je trouve étonnant que nous ayons été témoins de la montée d’un mouvement aux convictions aussi nobles en Iran, et pas dans d’autre pays. Ce mouvement possède toutes les qualités d’une alternative progressiste, un véritable signe avant-coureur de la fin de l’ère de l’obscurantisme et de l’exploitation de la religion, et de l’avenir d’un système démocratique qui deviendra un modèle pour tous les peuples qui souffrent comme le peuple iranien depuis plus de trente ans.
Il est regrettable de constater qu’il n’existe de phénomène similaire dans un autre pays que l’Iran – un mouvement doté des capacités pour libérer notre peuple des forces obscures de l’autoritarisme et de la volonté de contrôler le destin des autres au nom de l’islam, alors même que l’islam et les principes islamiques demeurent innocents dans cette affaire.
Les récents changements en Irak, en Egypte, en Libye, en Tunisie, au Yémen et ce qui pourrait arriver en Syrie ne font que souligner l’importance de l’existence de ce mouvement en Iran.
Maintenant, je souhaite vous soumettre les paroles d’une militante syrienne à l’un de ces séminaires, qui a dit que le meurtre, la répression et les violations des droits de l’homme dont sont victimes les résidents du camp Liberty sont liés aux luttes des peuples dans d’autres pays arabes et musulmans.
Je voudrais également faire référence à la cité d’Achraf, qui ressemble à une société de haut niveau de développement et qui incarne un modèle de communauté que la Résistance iranienne voudrait édifier dans un Iran libre.
Achraf a été développée et construite pour répondre à tous les divers aspects des besoins et conditions de vie. La caractéristique la plus importante de cette ville repose sur les relations humaines qui existent en son sein, qui sont fondées sur l’égalité et le respect des différentes convictions, religions et cultes.
Les femmes ont aussi un rôle spécial dans cette société, où elles sont devenues dirigeantes. Les hommes ont accepté volontiers et volontairement ce rôle de leadership. Comment ont ils été capables de se libérer eux-mêmes de la domination masculine traditionnelle et absolue ? La réalisation de ces objectifs n’a été possible que sous le leadership de Mme Maryam Radjavi.
Sous sa direction, la Résistance iranienne a pu remporter diverses victoires considérables sur de nombreux fronts. Ces victoires incluent le retrait de l’OMPI des listes terroristes de Grande-Bretagne, d’Europe, des Etats-Unis et du Canada.
C’est ainsi que nous en venons à comprendre un autre mystère – la collaboration du régime iranien et du gouvernement Maliki dans l’attaque des camps d’Achraf et Liberty. Ils savent tous deux que l’OMPI a réussi à travers son autosuffisance et son altruisme humaniste à générer un nouveau modèle de vie civilisée et de pensée ne pouvant être toléré par le Guide suprême, bâti sur l’autocratie et du rejet hostile des droits des femmes, en particulier celles qui cherchent à échapper à l’exploitation et à l’injustice.
Ainsi, toutes les militantes arabes et musulmanes devraient être en mesure d’en tirer des leçons et d’être encouragées dans leur combat. D’après le nombre de femmes participant à ces séminaires, colloques et rencontres, on sent que l’ère du black-out de l’OMPI est sur le point de prendre fin.
Il ne fait aucun doute que le régime des mollahs en Iran veut éliminer l’OMPI et poursuit cet objectif depuis plus de 30 ans. Cela a atteint son pic après la guerre Iran-Irak, avec le massacre de 30.000 membres de l’OMPI en quelques semaines. Il est de notre devoir religieux et politique de nous tenir derrière cette force, de la soutenir et d’empêcher les régimes au pouvoir en Iran et en Irak de continuer à les assassiner, pour que ce mouvement puisse rester en vie et prêt à agir.
Cet article a d’abord été publié dans le quotidien koweïtien Al-Seyassah

