La Résistance iranienne dénonce dans une information les violations systématiques des droits de lhomme en Iran
Par Gonzalo Altozano
Alba (Espagne) – Des jeunes emprisonnés pour sêtre convertis au christianisme, des dissidents condamnés à mort sous la fausse accusation de "trafic de drogue", fouettés pour avoir volé une motocyclette… Ce ne sont que quelques cas dont s’est servie la résistance iranienne pour documenter une étude sur les violations de droits de lhomme cet été dans l’Iran d’Ahmadinejad.
Motamedi Mojdehi s’est converti au christianisme à 24 ans. Durant sept ans, lui et sa femme, Parvah, ont vécu une foi de catacombes. En janvier, la police secrète des ayatollahs a commencé à remonter leur piste : le jeune couple avait donné à nouveau-né un nom biblique. Le 24 juillet passé, Motamedi Mojdehi a été arrêté et, une semaine après, transféré à la prison de Lakan. Le tribunal qui a jugé l’homme il ny a pas de nouvelles de la femme, ni bonnes ni mauvaises – l’a condamné pour "trafic de drogue".
Mais le motif semblait être autre : l’apostasíe. Les gardiens ont averti le jeune homme quil ne sortirait pas de prison tant quil naura pas embrassé à nouveau l’islam. Lun dentre eux, dénommé Baghani, a même été plus loin dans les menaces : s’il ne se reniait pas, il risquait dêtre exécuté.
Des détours juridiques
L’histoire d’Issa Motamedi Mojdehi, raconté par l’agence de presse chrétienne Compass Direct, est lun des quarante documents qui forment le rapport sur des violations de droits de lhomme rédigé par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), dirigé par Maryam Radjavi en exil dans la région parisienne.
L’étude est divisée en quatre chapitres peines de mort et exécutions ; détentions, tortures et châtiments inhumains ; liberté d’opinion et d’expression ; discrimination de la femme et elle informe sur les événements survenus dans l’Iran d’Ahmadinejad entre le 1 juillet et le 8 septembre 2006; des événements dont les sources citées par le CNRI lui appartiennent (les services d’information du CNRI), sont indépendantes (des associations de droits humains, le magazine Time, l’agence de presse AFP …) ou gouvernementales (les journaux Khorassan, Charq, Keyhan, les agences de presse Irna ou Fars …). Selon le CNRI, quand le régime des mollahs veut liquider un opposant politique, il se sert dun détour juridique : il le condamne à mort sous une fausse accusation, par exemple le trafic de drogue. La résistance iranienne dit que cela a pu être le cas de Mehdi Zori, Houshang Kiani, Jamaloddin Jamali et Abdol-Rahman Safar – Zehi, pendus en public et en présence des autorités (la formule habituelle) en juillet dernier à Zabol. Etant donné la véracité des informations de la résistance, il devient difficile de séparer les condamnés à mort pour des délits politiques, de ceux exécutés pour homicide, vol, et viol… Quelque soit le motif, cet été le régime d’Ahmadinejad a prononcé plus de 15 peines capitales et a exécuté plus de 20 personnes, selon le document signé par le CNRI.
Dans le chapitre des peines capitales et exécutions, l’organisation de Radjavi impute à la dictature des ayatollahs la mort du jeune Akbar Mohammadi, condamné en 1999 à 15 ans de prison pour avoir pris la tête de la révolte étudiante qui avait secoué le pays à lépoque. En juillet dernier, Mohammadi avait entamé une grève de faim; une semaine après, il y ajoutait une autre grève : celle de la soif ; au neuvième jour il est mort à la prison d’Evine, où il purgeait une peine. Selon le CNRI, le leader étudiant a été sauvagement frappé par les gardiens de prison quelques jours avant sa mort.
Des exécutions publiques
Un meilleur sort a été réservé à près de quarante dissidents politiques arrêtés en août par les forces de sécurité iraniennes au Kurdistan, lors daffrontements entre le gouvernement et ses opposants. Ou encore Abdolfattah Soltani, avocat et activiste des droits humains, condamné à cinq ans de prison, accusé d’avoir révélé une information confidentielle sur le programme nucléaire iranien et de s’être opposé au régime.
Voici finalement et vue par la résistance, la situation précaire des droits humains dans lIran d’Ahmadinejad, le régime des ayatollahs et des mollahs : cest punir le vol dune motocyclette par soixante-dix coups de fouet en public, en plein jour, et en présence dune autorité compétente.

