samedi, février 4, 2023
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Iran – « L’OMPI a su rester un mouvements populaire » (Yves Bonnet)

Iran - « L’OMPI a su rester un mouvements populaire » (Yves Bonnet)

Le 9 septembre, s’est tenue à Auvers-sur-Oise au siège du Conseil national de la Résistance iranienne, une célébration à l’occasion du 52ième anniversaire de la fondation de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). De nombreux militants ainsi que des personnalités françaises et étrangères amis de la résistance iranienne étaient présent à cet évènement. Ce fut également l’occasion de féliciter la nouvelle élection au poste de secrétaire générale de l’OMPI, de Mme Zahra Merikhi, au début du mois.

Le Préfet honoraire Yves Bonnet, ancien député et ancien directeur de la DST, qui est un grand connaisseur de l’histoire de l’Iran et du mouvement des Moudjahidine, fut parmi les intervenants.

Voici un extrait de son discours à cette occasion.

Je suis simplement venu vous dire ici mon affection et ma confiance ; mais aussi mon affection. Mon admiration c’est pour le parcours que vous avez accompli et ma confiance c’est pour ce que vous représentez aujourd’hui en 2017, dans un monde qui n’a pas fini de connaître de profonds bouleversements, si l’on suit en particulier les développements de la nucléarisation de l’Extrême-Orient avec l’accession de facto de la Corée au rang de huitième puissance nucléaire.

Mon admiration c’est bien évidemment celle que l’on doit à un mouvement de résistance qui, durant cinquante-deux ans, et ce n’est pas fini (enfin j’espère que ça terminera rapidement), tient la dragée haute à l’un des régimes les plus dictatoriaux de la planète.

Cinquante-deux ans de résistance c’est une performance inégalée dans le monde (…) Je crois que cette faculté qu’a eu ce mouvement créé dans la ligne du docteur Mossadegh – dont il faut tout de même citer aujourd’hui le nom car il est votre père à tous, il est notre père à tous – ces jeunes gens ( les fondateurs de l’OMPI) qui avaient beaucoup de maturité il faut le dire, leur parcours est un parcours qui a été extrêmement difficile aussi bien sous le régime du shah, puisque l’ essentiel des persécutions du régime du shah se portaient précisément sur les moudjahidine du peuple, alors que les religieux pliaient et composaient avec le régime, les moudjahidine du peuple n’ont jamais rien accepté.

Ils n’ont pas accepté de se renier quand les mollahs l’acceptaient déjà quand d’ailleurs Khomeiny a été expulsé, alors que les fondateurs des Moudjahidine du peuple étaient fusillés par le shah. Donc, pendant toute cette période, qui est une période qu’il ne faut pas oublier, parce que c’est la période fondatrice des moudjahidine du peuple se sont déjà révélés comme une organisation, une organisation de très grande capacité est de très grande volonté (…)

Il faut bien noter que, après le départ du chah, Massoud Radjavi et lui tout seul, avec tous ses amis des Moudjahidine du peuple a réussi la gageure en quelque quelques mois de remettre sur pied une organisation structurée, une organisation responsable, une organisation combative et qu’il est allé jusqu’à réunir plus d’un demi-million de personnes à Téhéran pour un meeting. Je ne pense pas qu’il y ait d’autres exemples dans notre histoire contemporaine d’une telle renaissance.

Ensuite, il a fallu évidemment que s’opposent deux conceptions radicalement différentes du pouvoir, la conception la plus autocratique qui soit. Je dis bien la plus autocratique parce que la constitution de la république islamique d’Iran et la doctrine du Velayaté-Faghih sont l’antithèse parfaite des doctrines de Montesquieu. Alors que Montesquieu promet l’équilibre du pouvoir, la tolérance en particulier, la confusion des pouvoirs est bien évidemment la règle que suit le régime islamique.

Ce parcours a été rendu difficile par l’acharnement, la force et les moyens que le régime des mollahs a déployés pour mettre fin à l’organisation des Moudjahidine du peuple et au Conseil national de la résistance. Car ce fut, je crois un trait de génie de Massoud Radjavi, que de ne pas baser la totalité de ces efforts sur l’organisation des Moudjahidine du peuple et d’y associer un certain nombre d’autres mouvements dont les fedayin du peuple, mais il y en a d’autres, et de fédérer en quelque sorte, toutes les oppositions, toutes les oppositions au régime des mollahs.

Donc ce régime des mollahs a pratiquement mis tous les moyens qu’un état peut posséder surtout un État autocratique, il les a mises en œuvre pour balayer pour disperser le Conseil national de la résistance, certes, mais d’abord et peut-être surtout, l’organisation des moudjahidine du peuple. Il a fait selon deux directions : à l’ intérieur par une répression dont malheureusement la comptabilité se fixe en dizaine si ce n’est en centaines de milliers de morts et d’ autre part l’ extérieur par une politique de désinformation qui a malheureusement, dans un premier temps connu un certain nombre de succès grâce à la naïveté (pour ne pas dire davantage) des pays occidentaux, et en particulier des grandes démocraties occidentales, avec un certain nombre de compromissions tout à fait regrettables.

Cette désinformation elle a bien failli réussir en particulier lorsque que l’OMPI a été déclaré organisation terroriste par un certain nombre de pays, les États-Unis, l’Union européenne, le Canada, et cette inscription était non seulement infamante mais imbécile est inexact. Il a fallu répondre, malheureusement, je dois constater que la France a figuré parmi les pays qui s’accrochaient le plus à cette condamnation, qui refusait le plus fortement et le plus fermement à ce que l’OMPI soit radiée de la liste des organisations terroristes et que je ne suis pas persuadé qu’il ne reste pas au Quai d’Orsay, un certain nombre de diplomates tout à fait favorables à cette condamnation qui les arrange bien.

Donc cette désinformation, elle a continué. Elle continue puisque que de temps à autre, on nous ressort la fable de l’islam « iranien » modéré, on nous ressort aussi la fable des présidents de l’Iran, plus libéraux les uns que les autres, mais qui cependant ne se privent pas de continuer la politique de répression à l’intérieur.

Donc il faut avoir beaucoup d’admiration pour ce que vous avez fait. Certain nombre d’entre vous ne sont plus tout jeune. Eh bien, mais ce qui est tout à fait symptomatique, et c’est ce qui motive ma confiance, c’est que les rangs de l’organisation, loin de s’éclaircir ne font que se garnir. Pourquoi ?

Tout simplement parce que l’OMPI et le CNRI y ont su rester des mouvements populaires. L’OMPI, donne effectivement la démonstration qu’un mouvement dont qui remonte à plus de cinquante ans mais qui peut continuer à vivre à se prospérer. Quel mouvement peut se prévaloir d’avoir et d’associer encore quatre générations dans une lutte aussi féroce entre un régime aussi inique et aussi barbare.

C’est donc par cette communion entre l’OMPI et le peuple d’Iran que doit évidemment, et que s’opère inéluctablement le transfert des pouvoirs. Et cette communion, elle a un secret, elle a une recette que tout le monde connaît, mais que personne n’applique : il s’appelle la démocratie. Je ne pense pas que la démocratie à l’occidentale soit forcément la tarte à la crème, mais la démocratie entendue dans le sens où elle traduit réellement les aspirations d’un peuple, cette démocratie, c’est elle qui est le sang qui coule dans cette alliance entre tout un peuple (le peuple iranien) et toute une organisation (l’OMPI).

Je veux simplement encore une fois vous souhaiter un bon anniversaire. J’étais il y a deux jours à Chartres, dans le bureau du préfet Jean Moulin, qui fut le président du conseil national de la résistance, le Massoud Radjavi de la France dans des années évidemment terribles. Et je me souvenais à cette occasion. Jean Moulin, était un homme de grand caractère et d’un immense courage, comme l’ont été les trois premiers dirigeants martyrs de l’OMPI et comme Massoud Radjavi et je me souvenais à ce moment là d’une définition du révolutionnaire qu’a donné un de mes compatriotes, Charles Péguy. Il disait qu’être révolutionnaire c’est de se mêler frénétiquement de ce qui ne vous regarde pas. Alors, s’agissant de l’OMPI. Elle se mêle effectivement frénétiquement, non pas de ce qui ne la regarde pas, mais de ce qui la regarde profondément, qui sont l’indépendance et la liberté de notre ami, l’Iran.

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