dimanche, novembre 27, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceIran : « Les élections sont une mascarade d'un régime de plus...

Iran : « Les élections sont une mascarade d’un régime de plus en plus faible » – Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition

Depuis son exil à Paris, la dirigeante de l’opposition dénonce que le vainqueur, Rohani, sera un président «sans pouvoir aux mains de Khamenei ».

El Pais, 16 juin – De son exil à Paris, Maryam Radjavi, la dirigeante charismatique du Conseil national de la Résistance (CNR) et de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), estime que les élections présidentielles organisées par le régime des ayatollahs sont «une mascarade », dénonçant que la dictature a commis « une nouvelle et énorme fraude électorale » et affirme que le gagnant, Rohani, sera un président« sans pouvoir aux mains de Khamenei ». Mme Radjavi ajoute que le gagnant est « tout sauf un modéré», et invite la communauté internationale « à ne pas perdre davantage de temps à négocier avec Téhéran pour le bien du peuple iranien et de la sécurité de la région ».

Question. Comment évaluez-vous les résultats ?

Réponse : Les élections ont été une mascarade. Ce n’était pas une élection mais une sélection du président par Khamenei, le leader de la Révolution islamique. Les candidats réformateurs ont été éliminés de la course avant l’élection, et ils n’ont gardé que les plus favorables au guide. En même temps, les élections ont été un nouvel exemple de l’extrême faiblesse du régime. La preuve de la crainte qu’ils ressentent, c’est qu’ils ont déployé un million de policiers et de forces de sécurité pour contrôler les gens et empêcher une nouvelle rébellion.

Q. Mais le régime parle d’une participation de 72%.

R : C’est de la pure propagande. Nous savons qu’ils ont l’habitude de multiplier par 4 ou 5 le nombre d’électeurs. Les partisans de notre mouvement étaient dans les bureaux de vote à travers le pays et ont constaté que la majorité des bureaux étaient vides, et que le régime en avait fermé beaucoup pour ne pas montrer le boycott du scrutin. La population [d’électeurs] est de 55 millions de personnes, mais le régime en compte 50 pour augmenter la participation. De plus, il a utilisé des millions de cartes d’identité de personnes décédées pour augmenter le nombre.

Q. Rohani est un partisan modéré de quelques rénovations, ou est-ce un autre canular ?

R. C’est une autre farce ! Le nouveau président a été pendant 16 ans secrétaire du Conseil national de sécurité, où il représente Khamenei. Il a été un fondateur de l’association du clergé combattant, proche du guide ; il a participé à la répression de la révolte étudiante des années 1990 et en 2001, il a ordonné le tir d’un millier de missiles sur un camp de la résistance. En outre, Khamenei l’a chargé de diriger les négociations nucléaires avec la troïka européenne. Il a sa confiance absolue.

Q : Mais la communauté internationale s’est empressée de dire qu’elle est impatiente de travailler avec lui.

R. Bien que rien n’ait changé, je pense que la communauté internationale voudra voir ce que le régime va faire de certaines questions cruciales. La règle de base est la liberté d’expression, la libération des prisonniers politiques, la création de partis politiques, le bellicisme en Syrie et en Irak et la poursuite du programme nucléaire. Cela nous montrera s’il y a des changements, mais nous, nous croyons qu’il n’y en aura pas. Le pouvoir en Iran est entre les mains d’un seul homme. De toute façon Rohani a déjà dit clairement qu’il soutient le programme nucléaire, et a admis qu’en 2000, alors qu’il était négociateur en chef, il a trompé la troïka et a permis ainsi au régime de faire avancer le programme nucléaire.

Q : Pensez-vous que l’Occident se trompe sciemment ?

R : J’espère qu’ils vont réussir à changer quelque chose, mais il est triste de constater que les gouvernements occidentaux sont prêts à négocier avec quelqu’un qui ne veut pas faire de changements, car il n’a aucun pouvoir. L’élimination préalable des candidats réformateurs indique que le régime n’a pas l’intention de faire la moindre réforme. En même temps, la dictature est si faible qu’elle ne peut même pas tolérer quelqu’un comme Rafsandjani. Cela indique qu’il n’y a pas d’autre solution : la résistance doit augmenter la pression jusqu’à ce que le peuple fasse tomber le régime.

Q : Pensez-vous que la communauté internationale partage cette idée ?

R. Le régime n’abandonnera jamais son entêtement, et continuera à négocier et cela coutera davantage au peuple iranien et à la paix mondiale. Il faut tirer les leçons des négociations précédentes, ce qui s’est passé avec la question du nucléaire et de l’Irak. Il y a eu plus de 40 cycles de négociations sur le programme nucléaire et aucune conclusion. Les gardiens de la révolution soutiennent El Assad et entraînent des miliciens pour les envoyer en Syrie. Tout ce que nous pouvons faire est de partager nos informations, et dire que poursuivre les négociations mènera à un désastre ; si nous continuons dans cette voie jusqu’à la fin, ce sera la troisième guerre mondiale. La seule solution c’est que le régime tombe, pas une intervention militaire ni une négociation. Nous espérons que la communauté internationale va aider réellement le peuple iranien et apportera davantage de soutien à l’opposition. Vous autres, les Espagnols vous savez bien ce qu’est une dictature, vous avez connu 40 années de Franco, et vous savez aussi que la dictature ne s’est pas démocratisée toute seule.

Q : Pourquoi pensez-vous que Khamenei est plus faible que jamais ?

R : L’élimination de Rafsandjani l’a considérablement affaibli. Et encore une fois, samedi il a tiré à nouveau des roquettes sur le camp Liberty, le camp de nos partisans en Irak. Il y a eu deux morts et 70 blessés. Ces actes criminels sont monnaie courante contre l’OMPI et le CNRI. Ils montrent que le régime sait que nous sommes la seule alternative, et la plus grande menace à sa survie. C’est pour cela qu’il s’en prend à nous. L’attaque a été condamnée par le secrétaire d’État américain John Kerry. Mais dans ces circonstances, il est urgent que l’Occident agisse pour des raisons humanitaires et fasse tout son possible pour donner plus de sécurité aux réfugiés et mettre fin au régime. Ils doivent comprendre que l’OMPI et l’opposition interne sont la seule alternative à la propagation de l’intégrisme islamique dans toute la région.

Q : Voulez-vous envoyer un message aux exilés et à l’opposition ?

R : Mon message au peuple iranien, à la jeunesse et aux femmes qui tentent de renverser le régime est d’augmenter leur résistance et leurs protestations contre les ayatollahs, non seulement pour des questions nationales, mais aussi pour la sécurité de la région. C’est seulement si les gens sont unis contre le régime, que nous pourrons établir une république laïque et l’abolition de la religion d’État. C’est la seule façon de faire un changement ; le régime doit tomber pour un retour à la démocratie. Mon message est le suivant : garder l’espoir, garder l’espoir et augmenter la pression. Et nous espérons que la communauté internationale comprendra que sans changement d’attitude ce sera une catastrophe pour tout le monde.

http://internacional.elpais.com/internacional/2013/06/16/actualidad/1371410417_816434.html

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe