dimanche, février 5, 2023
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Iran – Khavaran : les mollahs déplacent des ossements des victimes du massacre de 1988

Iran : Familles commémorant le 17e anniversaire du massacre des prisonniers politiques de 1988 au cimetière de Khavaran, à Téhéran.CNRI – Le 25 avril au petit matin, le vacarme des engins mécaniques a envahi la partie sud-est du cimetière de Khavaran. Des pelleteuses se sont mises à labourer frénétiquement le sol, sortant ici et là des ossements humains qui ont été chargés à la hâte dans des bennes. Les moteurs des camions n’ont cessé de tourner. Elles ont vidé des charniers et répandu de nouvelles couches de terre. Puis dans un fracas de chenilles et de diesels, ils sont repartis, laissant de vastes traces sur le terrain, comment autant de marques de profanation.

Iran : Familles commémorant le 17e anniversaire du massacre des prisonniers politiques de 1988 au cimetière de Khavaran, à Téhéran.CNRI – Le 25 avril au petit matin, le vacarme des engins mécaniques a envahi la partie sud-est du cimetière de Khavaran. Des pelleteuses se sont mises à labourer frénétiquement le sol, sortant ici et là des ossements humains qui ont été chargés à la hâte dans des bennes. Les moteurs des camions n’ont cessé de tourner. Elles ont vidé des charniers et répandu de nouvelles couches de terre. Puis dans un fracas de chenilles et de diesels, ils sont repartis, laissant de vastes traces sur le terrain, comment autant de marques de profanation.

Voulant effacer une preuve majeure du massacre de plus de 30.000 prisonniers politiques en 1988, le régime s’est attelé à « un nettoyage politique » de Khavaran, dans le sud-est de Téhéran, déplaçant les restes des victimes pour aller les perdre vers une destination inconnue.

Ce sont les familles venues se recueillir qui ont été frappé par les sillons des chenilles et des pneus et par la couleur brune de la terre fraîche. Mais ce sont surtout les os éparpillés ici et là et d’autres faisant à moitié surface qui ont donné l’alerte. Alors en guise de preuves, elles ont ramassé des restes et tout ce qui pouvait servir de preuve.

La démolition de Khavaran a d'abord été ordonnée par le guide suprême des mollahs Ali Khamenei en personne, et mis à l'ordre du jour de Mahmoud Ahmadinejad, quand il était maire de la capitale. Le régime qui avait en tête de remplacer ces charniers par un cimetière public, a dû abandonner face aux vives protestations des familles des victimes. En 2006, devenu président des mollahs, Ahmadinejad a fait détruire les quelques pierres tombales de prisonniers d’opinion qui s’y trouvaient.

En 1988, le régime avait creusé dans l’urgence d'énormes fosses à Khavaran pour y enterrer les corps de milliers de détenus politiques exécutés en masse. Il avait ensuite avancé des scénarios divers pour dissimuler la tuerie. Cependant, la Résistance iranienne a publié de nombreux documents et preuves qui ont permis de révéler ce crime contre l’humanité.

Plus de 30.000 prisonniers politiques, dont beaucoup avaient purgé leur peine, avaient en quelques mois été envoyés à la potence pour délit de soutien ou d’adhésion à l’organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). Ils avaient été exécutés par groupes entiers conformément au décret religieux (fatwa) de Khomeiny.
 
Les forces de sécurité du régime iranien viennent également d’adopter des mesures pour empêcher les familles de se recueillir au cimetière comme c’était l’usage tous les vendredis, en fermant et en soudant l’entrée principale.

Qui plus est, elles ont à plusieurs reprises tabassé et harcelé les familles pour les décourager de venir aux charniers. Désormais pour y pleurer leurs morts, il leur faudra une autorisation écrite des autorités.