jeudi, décembre 8, 2022
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Iran-Italie : Les opposants battent Téhéran. Deux à Zéro

Maryam Radjavi devant la Chambre des Députés à RomeLa présidente du Conseil national de la Résistance iranienne rencontre des politiques et des industriels, humiliant le Président

Par Aldo Di Forbice

Liberal (Italie), 26 juillet – Moins de bruit, mais plus de résultats. C’est le bilan de la visite à Rome de Maryam Radjavi, nettement supérieure à celle de Mahmoud Ahmadinejad. Peut-être que tous ne connaissent pas la Signora Maryam.

 

C'est la présidente élue (par les opposants) du Conseil national de la Resistance iranienne. C’est une femme d’un âge indéfinissable, autour de la cinquantaine, toujours élégante et toujours avec le "roussari" (un foulard de couleurs par respect de sa religion, l'islam). Elle dit ouvertement être musulmane, modérée. Plus d'une fois, elle a cité la sourate 62 du Coran qui dit : « En vérité, ceux qui, juifs, chrétiens et Sabéens (pre-musulmans ndlr), croient en Dieu et au Jour du Jugement dernier et qui réalisent de bonnes œuvres, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n'ont rien à craindre de lui et de ne vivront pas dans la tristesse. » Ce que ne pense certainement pas le chef du régime théocratique de l’Iran qui presque tous les jours menace de tirer des missiles à tête nucléaire contre Israël. La Signora Maryam est profondément laïque et partisane d’une « nette séparation » entre la religion et l’Etat, en faveur du pluralisme politique et religieux, la liberté de la presse et l'égalité absolue entre les hommes et les femmes.

A Rome, elle a été bien accueillie au Parlement avec un grand enthousiasme des parlementaires italiens. Une collecte de signatures de députés a permis de découvrir, par exemple, que la grande majorité de la Chambre des députés est solidaire de la Résistance iranienne et soutient le retrait de la liste noire des organisations terroristes des Moudjahidine du peuple, qui font partie du Conseil de la résistance, et qui sont désarmés depuis de nombreuses années dans leur base en Irak, à Achraf. Il y a quelques jours, le Parlement de Grande-Bretagne, après deux arrêts de la Cour d’appel, a finalement décidé de radier le groupe de "combattants de la liberté" iraniens de la liste infâme. Même la France, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, se prépare à faire de même.

Et l’Italie ? Le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini, qui a montré de la sympathie pour la résistance iranienne, ne s’est pas officiellement prononcé. Mais il a précisé que la partie devait se jouer à Bruxelles et que l'Italie pouvait faire beaucoup pour influencer le sommet européen. C’est également la position du président de la Chambre, Gianfranco Fini, qui a rencontré Maryam Radjavi (non sans quelques protestations). La dirigeante de la résistance a été reçue, en privé, même par le maire de Rome, Gianni Alemanno. Mais les réunions, officielles et officieuses, de la Signora Maryam, ont été nombreuses (des administrateurs publics, des entrepreneurs, des intellectuels, des parlementaires européens, des journalistes…), tandis que, comme nous le rappelons, le président Ahmadinejad, qui était arrivé à Rome avec des proclamations d’un programme de rencontres triomphales organisées dans son ambassade, s’est heurté à un mur de «nons» : du gouvernement, du parlement, de l'Église catholique, de la municipalité de Rome, des chefs d'entreprise… Une rencontre avec les représentants du monde de la production et des finances s’est révélée un flop. Y ont participé seulement des agents de troisième rang. Le président iranien est resté très contrarié et s’est vengé sur un bouc émissaire, son ambassadeur à Rome, qui a été rappelé au pays et fera peut-être l'objet de poursuites, même si on ne sait pas encore pour quelles infractions. Non seulement pour cela, mais peut-être aussi pour atténuer les effets négatifs de l’échec de ce voyage, l'ambassadeur a "spontanément" déclaré qu’Ahmadinejad avait risqué d'être tué dans des attentats, mais cela s’est révélé être fantomatique : notre police n'a pas trouvé de trace de ce prétendu plan terroriste.

Retournons à la visite de Maryam Radjavi, il y a également une petite anecdote à raconter. Au cours de son séjour romain, la Signora, sous escorte policière, discrète mais efficace, s’est rendue au Vatican. Ou plutôt, des musulmans sont allés à Saint-Pierre pour prier. Il est facile d’imaginer que le secrétaire d'Etat du Vatican, si ce n’est Benoît XVI, a voulu les rencontrer secrètement. Si la nouvelle est confirmée (mais pour l'instant, je doute) le bilan de la visite en Italie de la dirigeante de la résistance nous semble très utile, même pour les développements futurs de la lutte pour la démocratie dans la république d'Iran. En effet, le risque de bombardements de sites nucléaires iraniens (par les Israéliens et les États-Unis) est de nos jours encore plus concret. Condoleezza Rice a répété à plusieurs reprises ces derniers jours à la suite de l'échec de trois séries de sanctions économiques des Nations unies. A ce point, la "troisième voie" proposée par la Signora Maryam nous semble plus que convenable, mais la conquête de la liberté et de la démocratie en Iran par les opposants, en particulier des jeunes dans les universités, dans le pays et la génération d'Iraniens forcés de vivre à l'étranger au cours des 30 dernières années pour survivre aux persécutions de Khomeiny, Khamenei, des Pasdaran et des agents des services secrets d’Ahmadinejad. L'Occident – et l'Europe en particulier – doit faire sa part des choses, sortir de l'ambiguïté et soutenir avec plus de courage et de décision la lutte de la résistance iranienne.

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