Haitham al-Maleh, président de la commission juridique de la coalition de l’opposition démocratique de la Syrie, a écrit une tribune libre sur la solution à la crise syrienne. Elle a été publiée mercredi par le journal politique américain The Hill. Ce qui suit est le texte intégral de l’article :
The Hill
Le 22 juin 2016
Le 11 juin, j’ai participé à un grand rassemblement entre les représentants du Conseil National de la Résistance iranienne, et d’autres représentants de la Résistance syrienne. Les deux groupes ont mutuellement affirmé leur cause commune dans la lutte contre le dictateur syrien Bachar el-Assad et ses parrains dévoués à Téhéran. Les deux dictatures sont dépendantes l’une de l’autre en ce qui concerne leur emprise continue sur le pouvoir dans leurs propres pays et dans la région. Mais à l’inverse, la victoire de la résistance dans l’un ou l’autre des pays contribuera à la libération des deux, et à la promotion d’une plus grande stabilité dans le Moyen-Orient.
Lors de la réunion, mon collègue, le Dr Nasr al-Hariri, ancien secrétaire général de la Coalition nationale de la Syrie, s’est très franchement exprimé à propos de l’interdépendance de ces deux conflits. Il a déclaré que le régime iranien a clairement peur des conséquences de sa défaite en Syrie. Il y a très peu de doute que les mollahs reconnaissent que la perte d’influence politique et militaire au-delà de leurs frontières fournira une ouverture au peuple iranien et au CNRI pour contester un régime affaibli et faciliter son renversement.
La perspective du renversement de la théocratie islamique fondamentaliste de l’Iran donne encore plus de sens à notre propre lutte en Syrie. La fin de ce régime serait une chose résolument positive non seulement pour le peuple iranien et non pas seulement pour le peuple syrien qui souffrent sous l’influence destructrice de l’Iran, mais également pour le monde entier.
L’Iran est après tout bien reconnu comme l’un des premiers pays qui appuie le terrorisme. Ce titre a été réaffirmé à maintes reprises au cours des cinq ans de carnage syrien d’Assad et de la guerre civile au Yémen. Dans mon pays, il a empêché le renversement d’un gouvernement qui a systématiquement réprimé ses propres populations, au point même de déployer des armes chimiques contre elles.
Il semble être généralement compris parmi les analystes militaires que si ce n’était pas l’implication iranienne et plus tard celle de la Russie en Syrie, le régime Assad aurait été chassé du pouvoir depuis longtemps. Un affrontement rapide et efficace de l’influence régionale de l’Iran aurait pu sauver bien plus d’un quart de million de mes compatriotes syriens et syriennes qui sont morts dans le conflit prolongé.
Peut-être que le plus important pour le monde à l’extérieur de nos frontières était le fait que maintenir les forces iraniennes et les militants soutenus par l’Iran sur leur propre territoire aurait contribué à empêcher l’avènement de l’Etat Islamique dans notre pays.
En effet, certains décideurs Occidentaux semblent aborder le conflit comme le choix de ce qu’ils perçoivent comme étant le moindre de deux maux dans la concurrence entre les extrémistes chiites soutenus par l’Iran et les extrémistes sunnites ISIS. Et avec l’Etat islamique faisant la urne mondiale des journaux, pour certains en Occident, l’Iran chiite était largement considéré comme l’allié le moins dangereux. Ce qui contribue à expliquer l’analyse de la situation de la présidente du CNRI, Maryam Rajavi, quand elle affirmait que les puissances mondiales restaient soit du côté du meurtrier Assad ou demeuraient passives face à la mort et à la destruction persistante.
Mais je crois que nos alliés du CNRI ont eu la même réaction à cette situation que nous au sein de l’opposition syrienne. Nous avons gardé espoir que les Etats-Unis, l’Union Européenne, et d’autres grandes puissances mondiales ne resteraient pas longtemps sans réaliser que le choix du moindre mal n’est pas du tout un choix.
Maintenant il semble que le jour approche où la politique Occidentale va changer pour le mieux et va réellement commencer à réfléchir plus sérieusement à la nécessité d’affronter les deux côtés chiite et sunnite de la prise de contrôle islamique de notre pays. Moins d‘une semaine après notre réunion avec le CNRI, 51 diplomates américains ont utilisé les câbles internes du Département d’Etat pour exprimer une forte opposition à la politique de la Maison Blanche sur la Syrie et appelé à des frappes aériennes et autres actions directes contre le régime Assad.
Si notre réunion du 11 juin a eu un quelconque impact sur les observateurs étrangers, il ne sera probablement rien en comparaison à ce qui va se produire après que le CNRI aura accueilli à nouveau les responsables de l’opposition syrienne, cette fois à un grand rassemblement international d’ « Iran Libre » à Paris, le 9 juillet. A ce rassemblement, les figures de proue de toutes les deux oppositions s’adresseront à des dizaines de milliers de partisans et à la presse mondiale à propos de l’interconnexion des luttes syrienne et iranienne pour la libération, et leur capacité à influencer l’avenir du Moyen-Orient dans son ensemble.
Mais plus encore, des dizaines d’experts et de décideurs politiques des États-Unis et d’Europe assisteront à l’événement, et on peut espérer qu’ils ne viennent pas juste exprimer leur solidarité à l’égard de notre mouvement de résistance, mais également qu’ils fassent plus pression sur leurs propres gouvernements afin de mettre fin à leur passivité et faire quelque chose pour soutenir notre cause. Le changement en Syrie et en Iran est à portée de main, mais l’Occident doit prêter attention aux appels à la liberté des iraniens et des syriens dans tous les deux pays et dire au revoir aux tyrans qui sont au pouvoir à Téhéran et à Damas. Est-ce trop demandé à la communauté internationale ?
Haitham al-Maleh est le président de la commission légale de La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne
Source: The Hill
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