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Iran : Des élections législatives ni libres ni justes

Par Mark Williams, député britannique

Global Politician – C’est avec optimisme que j’accueille d’habitude les élections. Victoire ou défaite, c’est une occasion d’entendre la voix du peuple, mais les "élections" iraniennes de mars feront exception. Les élections en Iran ne sont ni libres, ni justes. L’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence en 2005 est un exemple saisissant. Même dans les pré-sondages effectués par le régime, Ahmadinejad n’approchait pas de la première place. Ainsi comment un commandant des gardiens de la révolution sans succès politique avéré, ni aucune place dans un pré sondage fait plus de 50 % des votes dans une élection largement boycottée par l’énorme majorité de la population iranienne ? Simple. Il ne les fait pas.

Ahmadinejad n’a pas été élu par le peuple iranien. Il a été nommé par le Guide suprême du régime Ali Khamenei.

Tous les candidats aux élections législatives en Iran doivent passer plusieurs niveaux de stricte vérification notamment le Conseil des Gardiens ultra-conservateur. Le CG, dont les membres religieux sont tous nommés par le Guide suprême en personne, doit être convaincu que l’individu est loyal tant de coeur que d’esprit à la notion du Velayat-e-Faghih (le régime de jurisprudent suprême, c’est-à-dire Khamenei) pour donner son approbation. Par exemple en 2004, le Conseil des Gardiens a disqualifié plus de 2.500 candidats aux élections parlementaires. En 2005, le conseil a disqualifié à nouveau 2.000 candidats à la présidence. Finalement, Ahmadinejad a été assermenté.

C’est une erreur des prétendus observateurs de l’Iran qui ont le chic de baser leur analyse de fortune sur des articles de la presse étrangère pour conclure ouvertement que Khamenei retire son soutien à Ahmadinejad. Une telle théorie montre un manque d’aptitude à saisir le climat politique en Iran et une vision stagnante de l’état d’effritement de cette dictature théocratique de 28 ans.

Dans un pays où la liberté de parole et d’opinion est inexistante, allons-nous vraiment croire qu’un autre qu’un loyaliste se verrait confier le pouvoir de prendre des décisions essentielles quant au statut géopolitique du pays et le potentiel pour produire un arsenal nucléaire. Le fait est que Khamenei a mis le loyal dévot Ahmadinejad au gouvernail pour poursuivre sa politique fondamentale sans la moindre opposition.

Ainsi, comment devrions-nous répondre à ce qui sera très certainement une continuation du régime passé ?

Le gouvernement iranien s’est jusqu’ici moqué de plus de 20 dates limites de la communauté internationale, de l’UE, du Conseil de sécurité et du gendarme nucléaire de l’AIEA pour suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium.

En Irak et au Moyen-Orient, le régime iranien soutient des milices violentes responsables de la mort des troupes de la Coalition et cherche à semer la discorde et les luttes confessionnelles pour déstabiliser la région qui contient plus de 50 % de réserves pétrolières du monde. Dans un acte impudent d’hostilité qui a envoyé les ondes de choc dans l’industrie mondiale et les marchés financiers, les gardiens de la révolution ont harcelé trois vaisseaux de guerre de la Coalition dans le Détroit d’ Hormuz, un passage stratégique où transite quotidiennement plus d’un quart du pétrole du monde.

La meilleure solution est un changement démocratique réel en Iran. C’est après tout le peuple d’Iran qui a payé le plus grand prix pendant des années alors que les autorités de l’UE ont mené des initiatives diplomatiques avec les dirigeants impitoyables de l’Iran.

La Grande-Bretagne et l’UE doivent arrêter d’entraver la Résistance démocratique iranienne qui lutte pour le changement. En 2001, sur l’ordre du régime, le ministre de l’Intérieur d’alors Jack Straw a interdit le principal groupe d’opposition iranien démocratique, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI). En 2002 et en tant que ministre des Affaires étrangères, M. Straw a réussi à pousser l’UE à geler les actifs de l’OMPI.

L’OMPI, dont 120.000 membres et partisans ont été exécutés par le régime, a été la première à tirer la sonnette d’alarme sur les sinistres projets nucléaires des mollahs, révélant des sites nucléaires clés comme Natanz, Arak et Lavizan-Shian. Le groupe, qui a plusieurs milliers de membres près de la frontière iranienne en Irak, a engrangé un soutien significatif dans la population chi’ite, sunnite, kurde et même chrétienne. Il a l’appui d’un grand nombre de parlementaires en Europe.

En décembre 2006, la Cour européenne de justice de Luxembourg a passé un jugement qui a fait jurisprudence, annulant la décision de l’UE d’imposer un interdit à l’OMPI. À sa honte, cependant, le gouvernement britannique a depuis persuadé l’UE de défier la décision de justice.

Ici en Grande-Bretagne, 35 parlementaires, moi y compris, avons convoqué le gouvernement devant la justice pour faire lever l’interdiction de l’OMPI. Le 30 novembre 2007, la Commission d’Appel des Organisations Proscrites a déclaré que le maintien par le gouvernement de l’interdiction sur l’OMPI était "viciée" et "perverse", ajoutant qu’elle “devait être écartée”. Il a ordonné au ministre de l’Intérieur de présenter au parlement l’ordre de retirer l’OMPI de la liste proscrite.

Le 14 décembre, le gouvernement a de nouveau décidé de faire appel du jugement, cette fois devant la Cour d’appel.

Le gouvernement doit maintenant accepter que c’était une erreur de mettre l’OMPI sur la liste noire et doit retirer le groupe de la liste des organisations proscrites. Il devrait aussi appeler le Conseil de Sécurité de l’ONU à mposer un embargo économique, en armes, en technologie et en pétrole au régime iranien. 

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Mark Williams est député britannique du parti Démocrate Libéral.