jeudi, janvier 26, 2023
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Iran – « Demander que les bourreaux répondent de leurs actes » (Gilbert Mitterrand) – vidéo

Iran - « Demander que les bourreaux répondent de leurs actes » (Gilbert Mitterrand)

Gilbert Mitterrand, président de France-Liberté-la Fondation Danielle Mitterrand, est intervenue lors d’une commémoration des victimes du régime iranien sur la Place de la Bastille, qui s’est tenue vendredi 29 septembre.« C’est aussi un rassemblement pour le présent et l’avenir, pour demander justice, demander que les bourreaux de l’époque soient aujourd’hui identifiés. Beaucoup d’entre eux le sont déjà, mais qu’ils aient à répondre de ces actes » a martelé Gilbert Mitterrand.

Il a rappelé le long parcourt de France Liberté aux côté de la Résistance iranienne. « Ce long chemin de 30 années ont permis non seulement de resserrer les liens mais de poser et de convaincre certainement une certaine opinion à considérer que la Résistance iranienne pour un Iran libre et démocratique, ce n’était pas un vain chemin, certainement un long chemin, peut-être, mais pas un vain chemin. »

Un amas de chaussures et de fleurs symbolisant les 30 000 prisonniers politiques exécutés en 1988 en Iran.

Le temps de cette exposition en plein air, on pouvait voir des photos, des noms, parfois des bouts d’explications, sur la vie de ces dizaines de milliers de braves décimés par une fatwa de Khomeiny, l’un des plus brutaux dictateurs que le 20 siècle ait connu. « Réprimez les mécréants avec la plus grande violence (…) Tous ceux emprisonnés qui persistent dans leur hypocrisie, sont condamnés à mort car ils sont en guerre contre le Dieu », avait-il écrit dans son décret religieux.

Les passants étaient saisis par le drame des « massacrés de 1988 en Iran », mis en spectacle par une troupe de militants sur la place de la Bastille.

Cette tuerie a été qualifiée par la FIDH et Amnesty international de « crime contre l’humanité » resté impuni. Dans son dernier rapport à l’Assemblée générale des Nations-Unis, la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran, Asma Jahangir a insisté que « les familles des victimes ont le droit de connaître la vérité sur le sort de leurs proches et d’intenter une action en justice ».

Gilbert Mitterrand, président de la Fondation France Liberté, à un rassemblement

Plusieurs personnalités sont intervenues lors de cette évènement dont Gilbert Mitterrand, dont voici un extrait de son intervention :

« Je suis parmi vous, pour apporter le soutien et le témoignage de la fondation France-Liberté, Danielle Mitterrand. Apporter ce témoignage auprès de ce rassemblement en mémoire et en l’hommage des trente mille victimes des massacres. Je n’ai pas oublié qu’il y a deux ans, nous étions déjà ensemble, au conseil des droits de l’homme à Genève pour faire connaître au monde ces massacres avec les témoignages les plus forts et les plus récents qui ont pu être mis devant la conscience internationale, pour que celle-ci engage les procédures nécessaires pour que justice soit rendue.

C’est donc un hommage en mémoire, certes, d’un passé douloureux. Mais c’est aussi un rassemblement pour le présent et l’avenir. Pour demander justice, demander que les bourreaux de l’époque soient aujourd’hui identifiés. Beaucoup d’entre eux le sont déjà, mais qu’ils aient à répondre de ces actes avec la difficulté qu’ils sont encore aujourd’hui dans d’autres responsabilité en Iran. Ce n’est pas une raison pour ne rien savoir, ne rien dire et ne rien faire.

Je n’ai pas oublié qu’il y a bientôt trente-six ans, peut-être trente-sept, c’est la France qui a accueilli la résistance iranienne en exil et qui lui a offert asile à Auvers-sur-Oise. C’était en été 1981 avec François Mitterrand. Je n’ai pas oublié que depuis plus de 30 ans, la Fondation France-Liberté de Danielle Mitterrand et Daniel Mitterrand en personne, ont noué des liens très forts avec Maryam Radjavi, votre Présidente élue. Deux femmes au caractère et au langage, sans borne et sans limite. Ce long chemin de 30 années ont permis non seulement de resserrer les liens mais de poser et de convaincre certainement une certaine opinion à considérer que la Résistance iranienne pour un Iran libre et démocratique, ce n’était pas un vain chemin, certainement un long chemin, peut-être, mais pas un vain chemin.

Et les combats se sont engagés tout simplement quant au respect des gens qui étaient accueillis chez nous. Lorsque, on va dire certains débordements policiers, ont mis en cause leur présence à Auvers-sur-Oise. Mais aussi pour défendre sur un plan de l’humanité vos frères et sœurs d’Achraf et de Liberty qui, bien que protégés par le droit international, continuaient à subir des exactions, des attentats, des roquettes, et des atteintes à leurs droits fondamentaux, en particulier d’accès à l’eau ou de de droit la santé. C’était un long combat, mais je dis à l’imparfait, parce que, celle-ci a déjà en grande partie aboutie.

Et je n’oublie pas qu’il y a quelques mois seulement, j’étais à Tirana, en Albanie, avec eux, où ils m’ont accueilli, là où ils sont aujourd’hui, évidemment pas chez eux dans un pays (Iran) libre et démocratique, mais accueillis, par un petit pays, l’Albanie, où ils étaient au moins à l’abri des attentats qu’ils subissaient régulièrement.

Donc tous ces moments qui ont abouti à cette solution, au moins humanitaire pour ce qui les concerne, engagent à continuer le combat sur un plan des valeurs qui sont les vôtres, celles au cœur du CNRI, celles au cœurs de tous les démocrates dans le monde, pour un Etat qui ne soit pas théocratique et dictatorial, pour un Etat libre et démocratique, avec aujourd’hui, une relève, que vous représentez, qui doit être crédible aux yeux du monde pour être ceux qui demain rendront à ce pays, la noblesse et le passé glorieux qu’il avait.

Voilà, je n’ai rien oublié de tout cela. J’étais encore il y a un mois avec vos propres amis – mais aux Pays-Bas, à la Haye – qui se rassemblaient dans le même cadre, c’est-à-dire en mémoire et en l’hommage aux victimes des massacres de 1988. Aujourd’hui je suis avec vous. (…)

Le chemin est long, il est pénible, il est difficile, mais nous ne sommes pas tout seul, et ces rassemblements doivent contribuer à faire comprendre à l’opinion internationale, celle des citoyens, et surtout dans leurs médias, à leurs dirigeants, à cette conscience internationale qui, aujourd’hui, pour des raisons diplomatiques, ont forcément des liens avec un Etat dans le monde qui s’appelle l’Iran. Mais nous leurs demandons au moins d’avoir au cœur de ne rien oublier, eux non plus, de demander justice et d’adapter leurs relations internationales avec l’Iran en connaissance de cause.

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