Agence France Presse – La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a suggéré jeudi au Conseil de sécurité de l’Onu d’adopter une résolution sur l’Iran en vertu du "Chapitre Sept" de la charte des Nations unies, qui prévoit notamment l’usage de la force.
"Quand le Conseil de sécurité se réunira, il faudra bien qu’il y ait certaines conséquences pour cet acte, pour ce défi et nous allons examiner toutes les options dont dispose le Conseil de sécurité", a déclaré la chef de la diplomatie américaine après une rencontre au département d’Etat avec son homologue canadien Peter MacKay.
"Une chose que le Conseil de Sécurité possède et que l’AIEA (NDLR: Agence internationale de l’Energie atomique) n’a pas, c’est la possibilité de contraindre, par le biais des résolutions selon le Chapitre Sept, les Etats membres de l’Onu à obéir à la volonté du système international", a-t-elle ajouté.
Mme Rice répondait à une question sur le sens de propos tenus la veille, lorsqu’elle avait appelé le Conseil de sécurité à prendre des "mesures fortes" contre l’Iran, qui a annoncé mardi être parvenu à enrichir de l’uranium, alors que le Conseil lui a donné jusqu’au 28 avril pour renoncer à son programme nucléaire.
Les résolutions de l’Onu ayant trait au Chapitre Sept donnent au Conseil de sécurité de larges pouvoirs d’action, y compris militaires, pour traiter les "menaces pour la paix, les infractions à la paix, ou les actes d’agression".
La Charte de l’Onu précise que le Conseil "peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions", citant "l’interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques".
Si le Conseil de sécurité estime que ces mesures sont "inadéquates ou qu’elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales".
"Je suis certaine que nous allons examiner les mesures qui peuvent être prises pour s’assurer que l’Iran sait qu’il n’a pas d’autre choix que d’obéir", a poursuivi Mme Rice, dénonçant la "tactique des tranches de salami" utilisée par Téhéran.
"Il ne fait aucun doute que l’Iran continue de défier la communauté internationale et il ne fait aucun doute que l’Iran poursuit sa tactique des tranches de salami – un peu ici, et puis un peu plus, et puis un peu plus – malgré le fait que la communauté internationale lui a dit très clairement : ça suffit", a-t-elle souligné.
Pour sa part, M. MacKay a souligné que le Canada "estime nécessaire que la communauté internationale réponde d’une seule voix" à l’Iran.
Le ministre canadien des Affaires étrangères – paraissant écarter toute hypothèse militaire dans l’immédiat – est convaincu qu’il est important que le message à faire passer est qu’"il y aura une réponse progressive, des conséquences progressives" pour l’Iran.
"Je ne pense pas que nous voulions prendre des mesures drastiques qui déstabiliseraient la situation actuellement très volatile mais je pense qu’il est nécessaire de commencer à envisager toutes ces actions", a-t-il poursuivi.

