AccueilActualitésActualités: Iran & MondeLa tension monte entre les Etats-Unis et l'Iran

La tension monte entre les Etats-Unis et l’Iran

Roger Gale – Député britannique

Global Politician, 17 janvier  – La guerre de mots et d’actions entre le régime iranien et l’administration américaine a été au premier rang de toutes les affaires du Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Cependant, un incident la semaine dernière a vivement attiré notre attention. On a vu le Corps des gardiens de la révolution iraniens (le CGR) dans le Détroit d’Hormuz menacer la flotte américaine avec ce qu’on peut qualifier d’actions extrêmement provocatrices. Cet événement récent survient moins d’une année après la capture de 15 marins britanniques dans des eaux internationales par l’armée iranienne, emmenés en Iran et exhibés à la TV.

Depuis que le président Ahmadinejad est arrivé au pouvoir en 2005, les analystes discutent pour savoir combien d’actions du CGR sont dirigées par le sommet du monde politique iranien. La preuve au cours du mandat d’Ahmadinejad est claire. Non seulement le CGR dirige désormais un énorme pourcentage de l’économie iranienne, mais il contrôle aussi des questions politiques au plus haut niveau. Le président Ahmedinejad est lui-même un ancien commandant bien connu du CGR et il s’est assuré que son gouvernement soit rempli de gardiens de la révolution de haut en bas. La nomination de Saïd Jalili au poste de négociateur nucléaire en chef de l’Iran est la dernière d’une longue liste de nominations, qui a donné au CGR les commandes des affaires intérieures et étrangères de l’Iran.

Le CGR est la création de l’ayatollah Khomeiny, créé pour une tâche et une seule, défendre le régime contre le moindre changement. Le successeur de Khomeiny, l’ayatollah Khamenei n’a pas perdu de vue le rôle crucial du CGR et il l’utilise sur tous les fronts. Sur le plan intérieur, le CGR a été l’instrument de la répression brutale des femmes et des étudiants et de l’augmentation considérable des exécutions publiques en Iran. A l’étranger, le CGR et son unité internationale, la Force Qods, ont été utilisés pour étendre l’intégrisme partout au Moyen-Orient. En Irak, Qods a utilisé son vaste soutien du gouvernement iranien pour financer et fournir aux insurgés des armes qui provoquent des carnages en Irak. Cependant, son rôle ne s’arrête pas seulement à l’Irak, on l’a vu en grand instigateur de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël et on a senti sa vaste influence dans la dissémination d’une idéologie intégriste partout au Moyen-Orient, qui a conduit récemment à l’assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan.

Le président Bush a fait de son voyage au Moyen-Orient l’occasion d’indiquer au monde que l’Iran était une menace et restait certainement toujours une menace et continuerait à être considéré comme telle par l’administration américaine. Quelques analystes l’ont qualifié de provocateur et belliciste. Cependant, d’après ce que nous en avons vu, je pense sans aucun doute que le régime iranien est non seulement une menace pour son peuple propre, mais aussi une menace pour la stabilité du Moyen-Orient et du monde entier.

Par conséquent, tout comme les politiciens, il est important que nous ne traitions pas simplement le régime iranien comme une menace, sans pour autant offrir de solution. Les politiciens et les analystes le considèrent de deux façons différentes. Il y a un groupe qui pense qu’il s’agit d’un régime à qui on peut parler et que l’on peut convaincre par le dialogue de changer de voie et devenir un pays qui jouera un rôle positif dans la communauté internationale. Ce groupe prône  maintenant que l’administration américaine offre un dialogue inconditionnel à l’Iran. Non seulement cette option contient la croyance bizarre que ce régime veut changer, mais semble aussi adopter une vue extrêmement sélective de ce qui est arrivée pendant les dix dernières années.

Le régime iranien s’est vu offrir des mesures incitatives immenses par les Etats-Unis et l’UE et simplement pour obtenir des Iraniens qu’ils se soumettent à la loi internationale, ce qu’ils auraient déjà dû faire. Cette idée semble simplement risible. On a offert au régime iranien sa première mesure incitative majeure en 1997 par le président Clinton. Son administration, dans ce qui a été nommé par ses conseillers  comme ‘ un geste de bonne volonté ’ au Président Khatami, a inscrit les Moudjahidine du peuple (OMPI) comme une organisation terroriste. Ça été suivi par la même mesure incitative de Jack Straw au Royaume Uni en 2001 et l’UE en 2002 sous la pression de Jack Straw. Derrière tout cela on trouve d’immenses affaires économiques offertes par l’UE 3 lors des négociations nucléaires avec le régime iranien. A la lumière de toutes ces mesures incitatives qui sont arrivées et ont été rejetées aussi rapidement par le régime iranien, doit-on s’attendre à considérer des négociations sans condition comme la solution ? Je pense que non.

La complaisance avec le régime iranien n’est pas la solution, elle est la cause. Cette politique de complaisance est ce qui a encouragé le régime au point qu’il estime qu’il peut tenir le monde à payer la rançon de son programme d’armes nucléaires, qu’il peut collaborer pour tuer des troupes britanniques et de la coalition en Irak, qu’il peut causer la destruction à travers le Moyen-Orient et en Iran et malgré tout la communauté internationale restera faible sur son chemin, demandant poliment si le régime pourrait s’il vous plaît changer ses manières.

La dernière preuve de cette politique se trouve dans la réaction du gouvernement britannique sur l’affaire de l’OMPI jugée devant la Commission d’Appels des Organisations Proscrites (la POAC). 35 députés et Pairs ont traduit le gouvernement britannique en justice pour l’inscription de l’OMPI comme une organisation terroriste et son refus d’enlever l’OMPI de sa liste noire. Ils ont remporté une victoire, avec le tribunal jugeant la décision du ministre de l’Intérieur ‘perverse’ et ‘erronée’, en ordonnant au Secrétaire d’Etat de présenter un proposition de décret au Parlement pour retirer l’OMPI de la liste.

La réponse du Gouvernement a été de faire appel et d’essayer de prolonger cette politique de restriction de l’opposition démocratique iranienne pour satisfaire le régime le plus dangereux du monde. Non seulement c’est injustifié, mais c’est aussi simplement une mauvaise politique. La solution de cette crise se trouve dans l’opposition iranienne et la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi. Ils bénéficient de soutiens en Iran et à l’étranger et ont la capacité nécessaire de provoquer ce changement démocratique. Espérons que le gouvernement britannique comprenne ses erreurs et ne rate pas l’occasion. L’opposition iranienne et le peuple iranien sont l’occasion pour résoudre cette crise. Restreignez-les et une nouvelle guerre dans la région peut apparaître à l’horizon.
 
Roger Gale est député britannique. et ancien vice- président du parti conservateur.