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La Syrie nie les pourparlers diplomatiques avec Téhéran et prépare un procès de 300 milliards de dollars

Dans une vive réprimande aux récentes déclarations des responsables iraniens, la nouvelle direction politique syrienne a catégoriquement nié toute discussion diplomatique en cours avec l’Iran concernant la réouverture des ambassades à Damas et à Téhéran. Ce démenti fait suite aux déclarations de la porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, qui a affirmé mardi que des pourparlers étaient en cours pour rétablir les relations diplomatiques et rouvrir les ambassades entre les deux pays.

Une source syrienne cité par Al-Arabiya le 24 décembre a rejeté ces affirmations, affirmant qu’« il n’y a eu aucune communication entre l’administration politique syrienne et l’Iran, y compris des discussions diplomatiques sur la réouverture des ambassades ou des consulats ». La source a en outre confirmé que les nouveaux dirigeants syriens n’avaient pas l’intention d’établir des liens avec le régime iranien dans un avenir proche, ni concernant une ambassade à Damas, ni un consulat iranien à Alep.

En plus de se distancer diplomatiquement, le gouvernement syrien se préparerait à intenter une action en justice internationale contre le régime iranien. La source a révélé que l’affaire vise à obtenir 300 milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l’implication militaire du régime iranien et son soutien au régime Assad. « Cette compensation est basée sur la destruction d’infrastructures, les crimes contre le peuple syrien et la participation active à la répression violente de manifestations pacifiques », a déclaré la source à Al-Mudun.

Selon la source, cette plainte vise à tenir le régime clérical responsable de son rôle dans les « politiques criminelles et répressives » qui ont dévasté les infrastructures syriennes et contribué à d’immenses souffrances humaines. Ces actions, a ajouté la source, comprennent le déploiement par Téhéran de personnel militaire et de milices mandatées pour soutenir le régime Assad pendant la longue guerre civile syrienne.

Les déclarations de Mohajerani semblent contredire les remarques antérieures du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqaei, qui avait indiqué que l’Iran avait des contacts limités avec les nouveaux dirigeants syriens. Bien que Baqaei ait affirmé que Téhéran s’engageait avec diverses factions de l’opposition, il a noté qu’il n’y avait aucune communication directe avec l’administration actuelle au pouvoir à Damas.

Mohajerani a cependant affirmé lors de sa conférence de presse hebdomadaire : « Nous sommes engagés dans la diplomatie et sommes prêts à discuter. Des pourparlers sont en cours concernant la réouverture des ambassades. » Cette apparente incohérence reflète un état de désarroi plus général dans le message de Téhéran sur ses relations avec la Syrie, soulignant encore davantage l’influence déclinante du régime dans la région.

Le rejet catégorique par le gouvernement syrien de tout lien avec l’Iran et son projet de poursuite judiciaire signalent une rupture décisive avec les politiques du régime précédent sous Bachar el-Assad. La décision de demander des réparations et de se distancer de l’Iran marque un réalignement significatif de la politique étrangère de la Syrie, mettant l’accent sur la responsabilité et les efforts de reconstruction.

Cette évolution souligne l’influence décroissante du régime iranien au Moyen-Orient, alors que les pays voisins cherchent à tenir Téhéran responsable de ses interventions et de leurs conséquences dévastatrices. Il reste à voir si la communauté internationale soutiendra les efforts de la Syrie, mais le message clair de Damas est que le rôle de Téhéran dans les troubles du pays ne sera ni oublié ni pardonné.