Agence France Presse – La Maison Blanche a exclu mercredi des discussions bilatérales avec l’Iran et la Syrie à l’occasion d’une prochaine conférence internationale sur l’Irak, et a déployé tous ses efforts pour assurer ne pas avoir changé de politique à leur égard.
Le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow s’exprimait au lendemain de l’annonce d’une conférence internationale sur l’Irak à laquelle les Etats-Unis, la Syrie et l’Iran (en principe) ont accepté de participer à l’invitation du gouvernement de Bagdad.
"Il n’y a pas de fissure" dans la diplomatie américaine, "un certain nombre de gens ont décrit la participation américaine à une réunion régionale comme un changement de politique, ce n’est rien de tel", a dit M. Snow.
Il a répondu par un "oui" catégorique à la presse qui lui demandait s’il excluait des entretiens bilatéraux avec les Iraniens ou les Syriens en marge de la conférence, à moins que l’Iran et la Syrie ne satisfassent d’ici là les exigences des Etats-Unis à leur égard.
Si des questions comme les engins explosifs qui ont causé des ravages dans les rangs de l’armée américaine sont soulevées, "nous aborderons le sujet", mais ce sera dans le cadre du forum et "il n’y aura pas d’entretiens bilatéraux entre les Etats-Unis et l’Iran, ou entre les Etats-Unis et la Syrie", a-t-il dit.
Les Etats-Unis accusent l’Iran de fournir aux extrémistes chiites irakiens des engins explosifs capables de perforer les blindés qui ont tué plus de 170 soldats depuis 2004.
Cette conférence "ne sera pas l’occasion de modifier le paysage diplomatique", a insisté M. Snow.
Il a fait valoir que ce que voulaient précisément les Iraniens, c’était "une reconnaissance diplomatique, mais ils doivent faire ce qu’il faut" pour cela.
Il a redit que l’Iran devait renoncer à ses activités nucléaires les plus sensibles pour que les Etats-Unis acceptent de discuter avec eux dans un cadre multilatéral.
La tenue de la conférence, prévue le 10 mars, fournirait aux Etats-Unis, à l’Iran et la Syrie une occasion de briser la glace.
La participation américaine a été largement interprétée aux Etats-Unis comme en rupture avec le refus du président George W. Bush de discuter avec ses deux bêtes noires dans la région, malgré les pressions exercées sur lui de multiples parts pour renouer le contact avec elles.
Le département d’Etat n’a pas exclu mardi la possibilité d’échanges directs avec les Iraniens et les Syriens lors de la conférence, tout en les restreignant aux questions relatives à l’Irak.
Le porte-parole de la Maison Blanche a cependant minimisé la signification du fait qu’Américains, Iraniens et Syriens puissent se retrouver à la même table.
Il a invoqué une multitude d’occasions multilatérales qui avaient réuni Américains et Iraniens, sur l’Afghanistan ou l’Irak et jusqu’au niveau ministériel, la dernière datant de septembre 2006 à l’ONU avec la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice.
"Nous ne sortons pas de la salle parce que les Iraniens y sont", a-t-il dit.
Il a réfuté que l’administration ait exclu tout contact au cours des derniers mois, assurant que "nous soutenons depuis le début (l’idée d’une) réunion régionale".

